‹ Le JouvencelChapitre 106 sur 184 · Ce mot semble avoir été ajouté après coup · texte numérisé non relu

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PliCBS iUSTTnCATIVBS. 333

en ; avoyt aucuns qui perdroint la vie en bref. — Requis se ledit Daillon desclera qui estoint ceuli qui perdroint la ne, dit que non. — Requis de queulx gens il entendoit qui debvoint perdre la vie, dit que il entendoit que ledit Daillon le dist pour Monseigneur le senechal. — Requis qui le mouvoit à entendre que ce fust pour Monseigneur le senechal , dit que ce estoit pour ce que le conunun langage de chose estoit que Monseigneur le senechal seroit mis hors de gouvernement. ~ Requis qui estoient ceulx qui le debvoint mètre dehors, dit que c^estoyt Monseigneur le Dauphin. — Requis qui estoint ceulx qui le disoint, dit qu'il n'en scet rien, et que c'estoit le dire des passans par chose.

Requis quel séjour flst ledit Daillon audit Plessis, dit que par l'espace de deux heures il y sejoma pour repaistre ses chevaux, et pria il qui parle très affectueusement qu'il luy baillast guide pour le mener à uug lieu appelé les Roches ^

Requis si ledit Daillon parla onques de Monseigneur de Bueil ni de son frère, dit que non, réservé qu^il disoit que Monseigneur de Bueil et son frère et Monseigneur de GhastiUon estoint dehors de Tostel de Monseigneur le Dauphin. — Requis se le dit Daillon disoit celluy qui les avoyt mis dehors et la eause, dit que non.

Requis se il avoyt ouy parler à Monseigneur de Bueil de Jean Daillon ne de ses gens qui debvoint estre tués, dit que non.

Requis qui estoyt avec ledit Daillon quant il vint au dit Plessis, dit que ung varlet nommé Perrinet, serviteur de Guillaume de Gorsiilon. — Requis se le varlet qui accompagnoyt ledit Daillon luy dist riens des choses dessusdites, dit que non et plus n'en scet il qui parle.

Jehanne Poussine, damoiselle, eagée de xviii ans ou environ, demourant au Piessis-Rideau, tesmoing jurée, ouye et examinée par moy commissaire dessusdit, Tan et jour dessusdiz, dit et dépose par son serment que Jehan Daillon fût au Plessis- Rideau a un jour de sepmedi environ vespres, du temps n'est recors, l'espace de deux heures et flst repestre ses chevaux. —

t. Plus loio ce lieu est nommé La Motte ou ChAteau-Regnault,

33& PIÈGES JUSTinCATim.

Requise quelx paroUes en gênerai et en partieulier disojrt ledit Daillon, ce temps, pendant qu*il fut audit Plesris, dit que ledit Daillon dist pluseurs hordes et jangleries, dont ne lay souvient, et, entre aultres choses, disoit quMl s^enAiioit et demanda guide pour le conduire à ung lieu appelle la Motte.

Requise se ledit Daillon disoyt la cause de sa flûte, dit que ouy et que on luy mettoit à sus à lui et à Louis de Bueil qu'ilz vouloint tuer Monseigneur le senechal et que il n*en estoit riens. Et plus n'en scet elle qui parle, des choses dessusdictes requise et dilligemment examinée.

Jaquete Poussine, damoyselle, eagée de xxtn ans ou en^iroDy demourant au Plessis-Rideau, tesmoing jurée, ouye et examinée par moy commissaire dessusdit, Tan et jour dessusdiz, dit et dépose, par son serment, que Jehan Daillon Ait au Plessis-Rideau à ung jour de sepmedi, du temps n*est reoors, l'espace de deux heures et flst repestre ses chevaux. — Requise quelx paroUes en gênerai et en particulier disoyt ledit DaiUon cej>endant qu'il fut audit Plessis, dit que ledit Daillon disoit qu'il s'enfuioyt et demandoyt guide pour le conduire à Ghasteaa- Rognait. — Requise se il disoyt la cause de sa fuite, dit que non. — Requise se ledit Daillon disoyt aultres paroUes dont il luy souvenist, dit qu'il disoyt que Monseigneur de Chasiillonet Louis de Beuil cuidoint quMl fust mort, et qu'il vouldroyt qulh sccussent sa santé et où il estoy t. — Requise se il disoyt la cause pour quoy Monseigneur de Ghastillon et Louis de Beuil cuidoint qu'il fust mort et s'il nommoyt qui le debvoyt dire (5ic), dit que non. Dilligemment examiné[e] des choses dessusdictes, (riliis n'en scet elle qui parle.

Jehan le Texier, escuyer * , eagé de xxx ans ou environ, demourant au Plessis-Rideau, tesmoing juré, ouy et examiné par moy commissaire dessusdit l'an et jour dessusdiz, dit et dépose par son serment que Jehan Daillon a esté au Plessis* Rideau, ainxy qu'il a ouy dire à sa femme et à son frère ; car il n'y estoy t pas. — Requis s'il savoyt, par le raport de sa

1 . Serviteur de Louis de Bueil. Voy. plus haut, I, p. cliij, note 3.

PIÈGI8 JUSTIFIGATnrES. 335

femme et de son ménage, quelx parolles avoyt dictes Jeban DaiUon, luy estant audit Piessis, contre aucuns grans seigneurs qui estoint près du Roy, dit que non.

Requis se il ouyt oncques parier à Monseigneur de Beuil, ne à son frère Louis, de Jehan Daillon ne de la cause pour quoy il s'en estoyt allé, dit que non; dit bien qu'il ouyt dire, en la mayson de Monseigneur le Dauphin, à aucuns dont il ne scet les noms, que on mettoit à sus à Monseigneur de Bueil et à Louis son frère, à Monseigneur de Cbastillon, Jehan Daillon et à plusieurs autres qu'ils vouloint mètre hors Monseigneur le senechal de gouvernement. — Requis se il a ouy dire aultre cboee touchant ces te matière, dit que non.

Tours j 27 octobre 4446. — Déposition de Guillaume Benoist et Galchaux parlant de Messeigneurs de Bueil^ senechal et autres*. (Bibl. nat., ms. fr., nouv. acquis., 4004, foL 34 ro. Orig. papier*.)

L — Et le jeudi xxvij» jour d'octobre M CCCC XLVI, Guillaume Benoist^ etc., témoin juré, etc., dit et deppose par son serment que, environ le moiz de juillet dernier, lui estant en Daulphiné, en comission sur le faict de la refformation générale qui par Monseigneur le Daulphin y avoit esté ordonnée, sceut que Monseigneur de Bueil, duquel il avoit esté serviteur dès Tan M GGCG XXX ou environ, estoit fort ravalé de son aucthorité qu'il avoil eue en court tant devers le Roy que Monseigneur le Daulphin et défait de tous poins de Postel de mondit seigneur le Daulphin, ouquei icelui depposanl le avoit laissié, quant il en parti à aller oudit Daulphiné, en la grengneur auctorité; dont il fu bien desplaisant pour plusieurs causes;

1. Ce titre nous fait connaître ane partie de ces grands seigneurs ém conseil mentionnés au commencement de la pièce précédente.

2. M. de Beaucourt a bien voulu nous indiquer l'original de cette pièce, dont nous ayioips trouvé la copie dans Legrand (Bibl. nat., ms. fr. 6966, p. 38). Voy. plus haut, col. I, p. cixix et cxxxj et ss., ainsi que la note en télé de la pièce précédente.

336 PIÈGES JUSTinCATIVKS.

Tune que le fût de lui qui deppose n*en vauldroit ja mieux; car, par le moien de luy, icelui depposant esloit ou service de mondil seigneur le Daulphin; Taultre, qu'il doubtoit pour ce que le temps s'approuchoit dedens lequel ung nommé frère Jehan Canyvet, religieux de Saint-Françoiz au couvent de Saint» Coulombe, devant Vienne, docteur notable en astrologie, avoît dit à mondit seigneur de Bueil, en Tan M GGGG XXXIIII on XXXV, le Roy estant à Vienne (entre les responses que ledit religieux lui fîsl sur plusieurs questions d'astrologie quloeluy seigneur de Bueil luy avoit faictes adoncques), que son mieux seroit de fréquenter les guerres ou se reposer en son hoslel que la cour des princes royaulx ne de y quérir auctorité; car sa bonne fortune selon sa nature n'y estoit point, et quelque autorité qu'il y eust lors; et qu'il trou voit, par le jugement de sa science, que en fin il lui en mesavendroit du corps; touttesfoîz Dieus par dessuz. A quoy mondit seigneur de Bueil voulut sçavoir pourquoy , ne quant el se c'estoit bref. Lequel religieux respondi, pour ce qu'il voudroit trop entreprendre, et que déjà avoit tant entrepris qu'il en avoit moult de revenue et qu'il ne soufflreroit homme avoir auctorité par dessus lui qu'il peust y trouver expédient, et qu'en y voulant parvenir il en cherroit en inconvénient d'avoir le col couppé. Et dist que ce seroit dedois XV ans, comme il semble audit depposant. Toutesfoiz il debati fort (c*est assavoir ledit seigneur de Bueil avecques ledit religieux) pour scavoîr le propre temps, et lui demanda enfin sll avoit garde de ce jusques à x ans. Dist et respondit que non, à son aviz, selon ce qu'il trouvoit. Et adonc en s*en allant dist audit depposant yceluy de Bueil que, puisqu'il avoit x ans de terme, qu'il ne lui en chaloit et que s'il ne fàisoit ses besongnes en X ans (dont il estoit au chemin, car il estoit tout avecques Monseigneur Charles dWnjou, à présent comte du Blayne), jamaiz ne les attendoil faire et qu'il n'en vouloit plus de temps ({ue lesdits x ans, et au seurplus il se garderoit bien que court ^ ne luy seroit riens; mais, pour ce qu'il estoit tout pensif de ce que dit est, depuis envoya iceluy depposant par devers ledit religieux savoir au certain qu'il devroit faire pour sa

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