‹ Le JouvencelChapitre 107 sur 184 · Ces! -À- «lire /a cour · texte numérisé non relu

Ces! -À- «lire /a cour

meilleure salvation, après lesdits x ans jusques aux xv accompllz. Lequel religieux repondi que son plus sceur seroit voiager hors du Royaume^ car, autremenl, en justice luy seroit remonstré chose qu'il avoit faicte contre justice, dequoy il en cherroit en inconvénient dessusdit, et, lui voiageantainsy, n'en souvendroit.

n. — Et, pour ces causes, ledit déposant, qui desiroit et vouioH le bien dudit monseigneur de Bueil et Youldroit encores par sa foy, et vould roi t qu'il feust en quelque bonne conqueste hors de ce royaume, dlcy a un ans acompliz, pour estre hors de ces doubles^ se tira audit moiz de juillet dernier passé par devers ung nommé Messire Phelippe, religieux au couvent dessusdit, lequel avoit esté clerc et compagnon dudit feu Canyvet et savoit et scet la science dudit feu Ganyvel, et luy flst question du fait d*ioelui Monseigneur de Bueil que, pour ce qu'il estoit esloingné de courte à savoir s'il y aroit dès lors en avant plus de bien ne d'auctorité. Et le desiroit savoir pour ce que le cas le touchoit; car, se son fait ne se portoit bien, celui dudit depposant n'en pouvoit mieux valoir. Lequel Messire Phelippe, qui ayme bien ledit Monseigneur de Bueil et de piéça, dist que, selon sa figure qu'il en fist et après icelle faite, il ne trouvoit point qu'il eust en cette année plus d'auctorilé qu'il y avoit ; mais il faut savoir que, en ce pays là, ilz prennent la On ou commencement de l'année à Noël ou environ, et en astrologie environ le xj"" de mars; et ne scet pas ledit depposant auquel des termes il entendit son jugement. Dit ledit depposant qu'il luy demanda se après il retourneroit point à son auctorité : lequel reppondit qu'il n'y avoit pas regardé^ maiz qu'il vouldroit qu'il se depportast et feust piéca depporté de la court -, car il faisoit grand doubte en son fait et que en gouvernement de court n'eust trop plainte. De laquelle réponse et jugement d'icelui Messire Phelippe, joint ce que ledit feu Canyvet luy avoit dit, comme dessus est dit, et ce que ledit depposant savoit de la conduitte et manière de faire d'icelui Monseigneur de Bueil et la On là où il a tendu de long temps, et voyant que ce pouvoit tourner à la totale destruction de luy et des siens, icelui depposant escripvit de Lion audit seigneur de Bueil unes lettres close faisant menction du jugement dudit Monseigneur Phelippe, en effort

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pour le desmouvoir principalement de ce qu'il doubtoit quil ne chassast pour parvenir à gouvernement. Et lui envola lesdites lettres par un nommé Guillaume, chevaucheur de Fescuieriedu Roy, demeurant audit Lion, lequel les bailla à mondit seigneur de Bueil à Razillé, présent Monseigneur le senechal, auquel icelui seigneur de Bueil a dit depuiz audit depposant qu^il les montra. Par lesquelles lettres, que ledit depposant lui avoit escriptes de bonne foy (audit de Bueil) et pour son bien et le desmouvoir de ce qu'il savoit assez, pour ce qu'il cognoissoit qu'il chassoit, il lui requeroit qu'il voulust envoyer par devers ledit Messire Phelippe aucun des siens bien secret, comme Tranchelion * , et que ce touchoit sa vie et honneur, afin d'estre plus certené de son fait. Dit ledit depposant que, ce nonobstant, ledit seigneur de Bueil n'en flst riens.

m. — Dit plus ledit depposant que, tout de gré^ principalement pour en parler à son retour du Dauphiné audit Bueil, il s CM vint à Ussé par devers luy, vj sepmaines a ou environ, lequel lui flst bonne chercet bon recueil par Tespace de v jours ou environ. Et devisèrent ensamble du feit dudit Messire Phelippe, en demandant par ledit seigneur de Bueil audit depposuit : o Oue dit-il de moy en efîect? » Lequel luy respondî que, ou cas qu1l ne se abstendroit de querre autres charges en oort, doubtoit fort son cas. Lequel de Bueil luy demanda : « Mais dit-il point que j'ayc garde? » Et ledit depposant lui respondî : « 11 dist bien que do ceste année n'aurez plus d'auctorilé en oort que vous avez, selon ce qu'il trouvet. » El oultre après dist ledit depposant que ledit Messire Phelippe n'y avoil pas regarde; liH]uel de Bueil enlendi, à ce que a pu concevoir le depiHiscuit, qu'il n avoit garde de ceste année.

IV. — IUhiuIs audit depposant s'il vit aucunes manières ou sembLuuvs audit lieu de Ussé, tant comme il y fii, par quoy il peust conguoislre que ledit seigneur de Beuil eust desplaisuice do ee qu'il n'estoit plus avecques mondit seigneur le Dauphin oomme il souloit estre, ne qu'il eust aucune enlre-

1. riuillaiitne do TranchelioD, sdgDcur de PaUuauet des Rochef-Tranchclioii ; il lendit cette terre de sa femme, Gaillemette OoToie. (Voyei litLNSorollos.}

PIÈCES JUSTIFIGATIVE8. 389

prise en main pour entrer en guerre ou autre, ne s'il y oy point parier de Jehan de DaiUon ne autrement, touchant certaine brouillerie que l'en disoit ledit de Daillon et autres vouloir fUre en la court du Roy, dit et respond par sa foy que, dès ce qu'il vit ledit seigneur de Beuil qu'il congnoist et ses manières d'assez longue main, le premier soir que ledit depposant arriva audit lieu de Ussé, il vit ledit seigneur de Beuil venir et arriver en sa chambre, assez tard, comme estoit-il ja nuyt, tout hoozé, et venoit de Raxillé, comme il disoit, et Merry de Goé avec luy . Et non plus il congneust à sa chère qu'il avoit quelque chose en son cuer qu'il avoit empris, et souvint audit depposant de ce que dessus est dict et du grant vouloir qu'il scet qu'il a de piéça de y parvenir, qui a esté, par sa foy, la cause pourquoy iceluy exposant s'est plus esloingné de la cour et en commissions loingtaines, afin qu'il ne luy donnast aucune chose ne eonduite à ce fkire pour parvenir à son intencion, pour ce principalement qu'il scet icelle intencion fondée pour faire ses farâongnes seulement et non point tant pour le bien du Roy ne du royaume, et qu'il n'est pas habille à charmer, cette année; car tout se feroit en vérité à voulenté sans gaires de raison pour parler vray. Et incontinent ala à lable icelui de Beuil qu'il fu ainsi arrivé; mais, aussi tost qu'il fu assis, fist appeller ung petit valeton nommé Jaquet qui scet escripre et lui fist ilec apporter encre, papier, escriptoire et, incontinent qu'il eust soupe, qui fu bien tost, s'en alla en sa chambre luy et ledit Mery et ledit Jaquet, et iiecques Ost escripre lettres par ledit Jaquet jusques après mynuit, et icelles envoler dès le lendemain au point du jour, les unes par ledit Jaquet, et les autres par ung nommé Guyon, à qui ne où, il ne scet, fors que Tung d'eux maudissoit Razillé, et Pautre Chinon. Et dura ce par tant de temps que ledit depposant fut Ilec, qui fu par vij jours entiers sans faillir. Et lesquels estoient tousjours retournez audit Ussé de leur ambaxade avant qu'il fust ix heures, et disoient leurs responses à part audit seigneur de Beuil, mais quelles il ne scet. Dit aussy qu'il vit ung nommé La Barre retourner de devers Jehan de Daillon et incontinent^ comme il suppose, aller oultre Ghinon, mais où il ne scet, et demoura par quelques iij jors. Dit plus qu'il a veu lesdiz Guyon et Jaquet par chacun

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matin à Chinon, tandiz qull y a esté, et îllecques attenddenl Pun l'autre, comme il lui est aviz^ pour retourner à Ussé.

V. — Dit outre que, pour ce qu'il veoit audit Ussé ainaj ledit seigneur de Beuil escripre et envoyer lettres, comme dîct est, et plus par ledit Jaquet, qui est un jeune enfont quaû innocent, que par autres clercs plus scachans, dont il avoit assez à rhostel, iceluy depposant souspeçonna plus que devant qu^il ne brassast quelque chose et ne s'en peust tenir ledit depposant d'en parler à aucuns des gens dudit ostel et dire qu'il lui estoît aviz qui! perdoit temps et se gastoit de tant escripre, et que autrefTois en avoit esté moult reculé son fait et mis en graot dangier ; car il escripst souvent à Tun d^ung et à Tautre du contraire, et lettres se trouveront; et vauldroit mieux qu'il s'en deportast; car il luy estoit aviz qu'il perdoit son langage et sa peine, et que, par ses chaleurs et estranges fhçons, il avoit mis son fait et celui de ses amis en grant dangier, dont lui qui deppose s'en savoit bien à quoy tenir. Dit en oultre que, quant il eust esté ilec par v jours et qu'il vit que ledit de Beuil estoit toujours plus eschauffé en sa poursuitte et se tenoit en sa fierté toute autre qu'il ne Tavoit seu autreffoiz qu'il avoit esté de cour reculé, parquoy il congnoissoit et cuide congnoistre qu^ii avoit apuy plus grant que de lui, et doublant ledit depposant que aucune esclandre ne avenist par son flsiit et celui de Loys de Beuil et ledit Mery de Goé, qui tousjours oonseilloient ensamble, tant qu'il scroit là, et que celles choses de voyages, de lettres, de conseils et d'autres manières qu'ilz monstroient et ce que l'en dist qui avoit cuidé estre fait sur Monseigneur le senechal demonstroient grant feu alumé, icelui depposant prisl conglé dudit seigneur de Bueil, lui requérant qu'il le voulust conseiller qu'il avoit à faire par devers mondit seigneur le Daulphin et à qui il se pourroit adrai^r pour son fait, puisqu'il n*y estoit, et qui y ostoient ses amis. Lequel répondit ainsy : « Pourquoy le dites-vous? tous le sont. » Et ledit depposant dist : « Pour ce qu'il me samble que vostre puissance y est petite, par faulte de bonne conduite. » Et lors ledit de Beuil se despita et lui dist moult de paroles injurieuses, et qu'il ne se povoit tenir de parler de lui et avoit dit qu'il n estoit pas à lui ; mais il le chastieroit bien. Et, sans mot dire, après ce que devant il avoit

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eu de luy aucunes bagues par doulces paroUes^ envoya quérir 866 chevaux et prendre de fait en l'ostellerie, en la ville de Ussé, où estoit logé ledit depposant. Sur quoy ledit depposant retourna par devers lui, et lui demanda pourquoy il avoit anvoié prendre ainsy ses chevaux. Et il lui respondit, car autre couleur n^y pouvoit mettre, qu'il n*est pas vraie, mais le contraire (5ûr), qu'il lui retenoit son argent de l'assignation qu'il avoit eue sur lui, et qu'il les aroit et tant moins, et ne les lui voulu rendre par iij jours qu'il attendit illec depuis, ne encore aidier d'un petit cheval, pour prière ne requeste qu'il lui sceut faire, ja soit ce que ledit seigneur de Beuil lui soit tenu en plus de ii" escus de piéca et de nouvel.

VI. — Requis se ledit seigneur de Beuil lui parla oncques, lorsqu'il eust aucune entreprise, ne du fait desdits de Daillon, Louis de Beuil et autres, dit que non, car il scet bien qu'il eust perdu sa peine ; car dès piéra et quant il vint au service de mondit seigneur le Daulphin, ledit depposant lui avoit dit qu'il estoit bien et qu'il s'en tenist sans rien brouUer \ mais lui a bien dit il qui deppose, entre autres paroles qu'il luy dist, que l'en parloii fort de cette entreprise dudit de Daillon et autres dessusdits, et que l'en lui en donnoit charge aucune, à cause du soustenement et autrement. Et il respondit qu'il ne craignoist ne seneschal ne seneschalle, ne tous leurs seneschallies pas une fève, et qu'il esloit bien du Roy, voulsist ou non, et mieux de Monseifnieur que jamais. Et en eflect n'est souvenance que plus lui en dist, fors que de ce que ledit depposant parla à luy premièrement. Lui demanda que l'en disoit de ses amours, et qu'il lui en sambloit, et icelui depposant lui respondi qu'il n'en creust oncques riens ne ne croira jamais, veu la conduite, et que c'estoient toutes factions et lettres. Ledit seigneur de Beuil dit que c' estoit a bon escient perdre; maiz ledit depposant lui dist enfin qu'il le congnoissoit trop, tout en riant, et qu'il ne lui en parlait plus. Et, quant ledit depposant vit que ledit seigneur de Beuil ne lui vouloit autre chose faire desdits chevaulx et lui lenoit telle aigreur, il prist congié de lui, disant qu'il l'avoit bien et lo}aument servi jusques à l'eure; maiz, veu sa manière de faire, besoing luy estoit de se pourvoir d'autres meilleurs amis. — Requis que, quant il fu arrivé à Chinon, s'il vit point ne

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[larla à Mery de Goé ne Louis de Lespine, dit que oyl el qu'ih lui dirent que Monseigneur le chancelier et Monseigneur de Precigny leur avoienl demandé des plus grandes folies de jamaiz el qu'ils ne savoient par quel bout en prendre.

Vil. — Requis s'il a point repaire à Ghinon avecques nuls autres des gens dudit seigneur de Beuil, dit que oyl, bien son- \onl, avecques ung nommé Galchault, et depuis cotidiennemeiit en cesle ville de Tours ^ à disner et souper mesmement, du commandement fait audit depposant de par le Roy parla Niuohc de Monseigneur le seneschal, pour ce qu'il avoît entendu que iodil Galchaull disoit souvent que broutiez seroient brief on Ciuirt. El dist ledit depposant que, à maintesfbis, quant il n\\ avoil qu'eulx deux el leurs gens, ledit Galchault lui a dit : 4 Rccouforlez-vous de vos chevaulx, par Dieu! Monseigneur do lUniiK uioy parlé à lui, vous fera toute raison, et ne pre- :v\' ja autro chemin que le sien, que brief le verrez mieux s îol; qu'il ne fu oncques et ne puet ce gouvernement durer. iV:;s<v-\ ous quo Monseigneur endure plus, ne tous les seigneurs, ,:; \:v.r ;o;los choses? Tous sont avecques Monseigneur et de :::iout, ol Roy de Secille et Monseigneur Gharles et tous, iao do Hrelaigue et Foyx. Et croiez que brief y verrez t* f u^ernoment et grosse brigue; car ce seneschal gaste . ;:.. io^'.rul:. pront argent de toutes parts. Il a eu, à cause des ,-;^^, mi- i!iil escus; il a eu du duc de Savoye, pour rhom* ". -u; .;u*:l a fait luy quitter, la conté de Maulevier, d'autre AV:"* . Lir-:omoul. 11 tient le Roy en ce gouvernement de cesle \^'V> <*•*.' ^^ivs la Roy ne. 11 envoia Monseigneur en Almaigae ,i\.- :.-. :^l.^rvr lo iKivs; il le laisse sans provision et n'a riens, sr> ^Mis a chascun bout de champ. Ce sont des '. lui >era bien remonstré^ »Etàquoyleditdeppo- ,-.. :tf:*.\.u:da : •* Et quel conduist cette œuvre? » Il a i Y;^:s doa: v Luy a fait ledit depposant : « Chan* - : A,::-v q;i-: \c seneschal? » — « Oyl, » dist il. —

N ■. ^ \v«.^> X'; ! Ludîcjition du lien où le témoin est interrogé. s r. «:cv i T\: \w ce» griefs seront conchés, par écrit et par V ;i.,^ :t-f T^rvootrdnre que l'on cherchera à imposer lu roi. I.M -.xM. 30U» àMHki Tn les princes du sang proposer an roi i • . ;- x.-.î- A liiO t\ tU2. — Voy. plus haut, I, p. lixxvj.

PIÈCES JUSTIFIGATTVBS. 343

« Est-ce, quanque vous en scavez, le chancelier? » Et jura grand serment qu'il avoit ja cousté à Rabateau, qui devoit estre chancelier, plus de i"' escus es ambaixades et choses qui s*estoîent préparées, et que tout estoit si bien que Ten ne pourroit mieux.

VIII. — Dit le depposant que souvent a dit audit Galchaut que ce ne se pourroit bonnement conduire sans le Roy, et que ledit Galchault lui a respondu que le Roy n'ayme point ledit seneschal; et la cause principale est qu'il le reprent trop devant les gens ; maiz oultre que Monseigneur de Bueil et Villequier est tout ung, et entre autres alliez, et que son fait est bon. Dit oultre ledit depposant que, ung jour de la sepmaine passée, pour ce que ledit Galchault faisoit tousjours le fait de mondit seigneur de Bueil si haut qu'il lui dist qu'il doubtoit fort qu'il ne feust pas tel qu'il disoit ; car Monseigneur le seneschal avoit oouchié avec Monseigneur^ à Bleré et iuy avoit fait moult bonne chère et de grandes offres, et oultre qu'il avoit oy Floquet parler de prendre quelque ung et doubtoit que ce ne feust Monseigneur de Beuil. A quoy ledit Galchault respondi : « De Monseigneur ne doubtez; il scet bien ce qu'il se fait; c'est tout à sa fin ; car croiez que jamais ne l'amera et ne vouldroie pas estre en son cas. De prendre, c'est autre chose; il en fault avertir Monseigneur de Bueil; beau sire, escripvez le lui. » Adonc respondi ledit depposant qu'il n'en feroit riens, ne de son fàitnese attendoit plus à mesler, combien qu'il ne Iuy vouldroit nul mal; aussy ne savoit<il pas de vray se ledit Floquet avoit dit dudit seigneur de Bueil. Et adoncques incontinent ledit Galchault envoia quérir ung nommé Colin Princeps, concierge de l'ostel de l'Ange, appartenant à Louis de Bueil en ceste ville de Tours, et parlèrent ensamble; et croit que ledit Galchault escripvy à mondit seigneur de Bueil au moins dimenche dernier passé. Ledit Galchault, estant sur son lit, où ung appoticaire lui donnoit un clistoire, montra audit depposant une petite lettre contenant iij lignes ou environ que mondit seigneur de Bueil lui avoit envoiée, contenant en eflect ce qui s'en suit : « Galchault, c j'ay sceu ce que m'avez mandé et vous en mercie; car je vous

1. Il s'agit probablement du Dauphin, comme peut le faire rapposer la phrase suivante : De Monseigneur {le Dauphin) ne doublet, etc.

3&& PIÈGES justifigahyes.

« en scay aussy bon gré que se le cas feust avenu, et vous tiens « aussy bon à moy comme moy mesmes; mais j'erray et vin» « dray à qui qu*en déplaise ne en ait despit. Adieu! » Souz (fie) et signé : « J. de Beuil. » Laquelle, aussy tost que ledit depposant Teust leue, il flst derompre par son varlet, et dist audit depposant : « El donc or, dist-il, je parleray à vous; mais que je sois hors de cy. » El luy hors^ luy renouvella plusieurs des choses dessusdictcs, disant que, [quant] Monseigneur de Bueil esloit vcnU; seroil veu autre chose, et qu'il n'estoit point venu sans cause et quMl tcnoit ce seneschal pour deffkit et toute sa bande, bailli de Senz, Precigny et tout. « Et laissez Ikire ; maiz il ne fault mot dire. » Dit ledit depposant qu*à peine le pourroit taire; car le Roy tenoit la main à luy tout aultre. Et lors dist : « Je congnoiz mieux le Roy que homme qui vive. Quant il se vuet deffaire d'un qui le gouverne, il fait ses aliances petit à petit, à Pung et à Tautre, un an ou demi paravant qu'il le mette hors ; maiz ce ne fait riens, beau sirc; ne vous chaille. »

IX. — Depuis et hier dernier, dist ledit depposant audit Galchault qu'il ne savoit que faire ne comment b^ongneravec Monseigneur le Daulphin de son fait; car mondit seigneur de Rcuii n*y avoit point d'autorité; mais plus, qu^il ne lui cballmt d'estre plus en cour et qu'il l'avoit dit à Monseigneur le seneschal et <]u1l seroit content de n'y venir plus, maiz requeroit sa pension lui estre continuée ; et que ce n'estoit pas signe de vou* loir parvenir où il disoit. » llola! Hoia! dist ledit Galchault; il n\v a honune du monde, et je le sray encore d'huy, qui ait si grande puissance entour mondit seigneur le Daulphin que lui;

et V a plus de puissance tout seul de rompre * que tout

le riMuonaiit n'y a don rompre la moitié d'un. Helas! mon am> , il SiVl bien que il se dit et que il se fait. Parce, il met tout Iv^rs do douîo . il joue ol Monseigneur aussy au plus scavoir. Wnis îu* s:\\e,* jx\s tout. Ho ! je ne vous dis rien ! Vous verrez iV-îo iV son. "

\ .— K: di>î il plus, c'est assavoir ledit Galchault : « Us le o,•.^.Vv.: cu*:r.or dwanuw daller à Amboise; maiz il sont bien .*^' ■■ .V i:\:r ivmpie: et, par Dieu! j'iray, mecousta[-t-il]unautre

:. U" TT. .SK *»/«i hk^u iUîùbl^s.

PIÈGES JUSTlFICATiyBS. 3&5

escu ou deux aux fourriers pour avoir un logis. » Et ledit depposant lui demanda : « Maiz qu'irez vous estre mauvaisement logé ainsy malade que vous estes? II me semble que ce n'est pas le plus sain pour vous. » — « Ho dea I fist-il, taisez-vous, beau sire; vous ne savez pas tout. » Dit plus qu'aucuneffois lui a demandé si ceux d'entour Monseigneur savoient riens de ce. Dit quMl n'en scet nuls qui ne soyent du voulloir de Monseigneur, et n'y a eu traistre que ce faux comte de Dampmartin qui a accusé la besongne; mais il n'en est pas quitte.

XI. — Requis s'il a point sceu dudit Galchault quelle chose doit estre faite pour venir à l'intention de Monseigneur, dit quil ne luy a point déclaré et qull ne la scet dire de tout, pour ce qu'il ne s'apperceust de luy; mais qu'il présuppose vraies (?) les choses dessusdictes mesme dudit Galchault et ses manières de parler ; et en cspecial qu'il a parlé (c'est l'un des articles d'aucuns des points devantdits) que Tintention est fondée sous couleur de justice, et ne conçoit point pour ce qu'il y ait voye de fait ; mais toutesfois il n'en asseure point ne n'en scet autre chose.

XII. — Dit plus ledit depposant qu'aujourd'huy, environ X heures du matin et tantost après que maistre Jacques Aude eut emmené avec luy le varlet dudit depposant pour l'examiner, le varlet dudit Galchault s'adressa à lui qui deppose, en my la rue, et luy dist qu'il Tavoit toujours quiz et cherché, et que son maistre lui prioit, pour Dieu et si cher qu'il aimoit sa vie, qu'il allas! tantost parler à lui ; car Monseigneur le chancelier, comme il disoit, avoit esté devers sondit maistre; et fort le pressoitd'y aller. Toutesfois, tantost après, y est allé, voire parle congié de Messeigneurs du conseil, à qui il l'a envoyé demander par Guillaume de Valée. Lequel Galchault lui a dit, en effect, contre eulx deux : « Le cas est; ce faux traistre garçon yvrongne Martin Héron nous a mis en grand dangier et a dit et raporté tout ce que j'ay dit que roaugré de lui et de sa compaignie. Par Dieu! sauvez-moi et cette besongne ^ Je seay bien que vous serés examiné; car le chanceliier de la Marche est venu céans et m'a examiné sur aucunes des choses que vous scavez et de vous,

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