‹ Le JouvencelChapitre 125 sur 184 · V. plus haot la note en tête de la pièce XXXIV · texte numérisé non relu

V. plus haot la note en tête de la pièce XXXIV

386 PIÈGES JUSTIFIGÀTIYES.

Teu monseigneur de Villequier* et de mesaire Jaques de Gha* bannes, grant maisire d'oslel de France en son vivant, et monseigneur l'admirai lui faisoyent, à cause de certaine somme d'argent qu'iiz lui demandoyent, disant leur avoir esté par lui promise à Lyon, et à ce ledit monseigneur de Savoye estre obligé; laquelle promesse mondit seigneur de Savoye disoit avoir esté faicle par contraintes et menaces de paroles, par lesdits feu messeigneurs le grant maistre et admirai à lui dictes, en disant que, sïl ne leur faisoit ce qu'ilz demandoyent, qu'il s'en povoit bien retourner en son pais, dont il eust esté très desplaisant, considéré qu'il esloit venu jusques audit lieu de Lyon pour aler devers le Koy. El, pour ce que mondit seigneur le cardinal estoit lors à Lyon avccques mondit seigneur de Savoye, lui requeroyent, de par le Roy, qu'il leur en dit ce qu'il en savoit A ({uoy mondit seigneur le cardinal a respondu qu'il y avoit j& plus de deux ans que les promesses avoyent esté Ëdctes sur ee par mondit seigneur de Savoye, et n'a pas parflaûcte mémoire de la promesse et pourroit bien faillir à en parler, et aussi que la malicre touche mondit seigneur de Savoye, qui est grant seigneur, et autres. Pourquoy il y vouldroit bien penser; et il y pensera et, à son retour, en dira ce qu'il en scet et, se est le plaisir du Roy, le dira à sa personne et non à autres '.

XLin.

VaujourSy 25 Juillet U55. — Lettres patentes de Pierre, dme de Bretagne, par lesquelles il fait don à Jean V de Bueil de la terre et seigneurie de Courcelles et Chouzé, en compensa*

1. Villequier vivait encore en mars. — V. plus haut, 1, p. ccxiij, note 4.

2. Ce, document parait marquer la fin de Tenquéte sur les affaires et Savoie et la conduite de Bueil. A la date où le cardinal déposait, Chabannes et Villequier étaient morts, et Bueil, qui demeurait seul TiTant des triumvirs de Cleppié, était en pleine faveur auprès de Chariea VII. Enlin, du cùlé de la Savoie (voy. 1 1, p. cxc), l'affaire des bannis paraissait réglée. L'enquête avait donc beaucoup perdu de son intérêt poUtiqne, biea que, comme le montre notre pièce, le cùté pécuniaire de ia question ne fût pas encore réglé. Cela explique, en partie du moins, les réponses évasives du cardinal.

tion du préjudice à lui causé jadis par la perte de la seigneurie de Château-Fromont^. (Bibl. nat., Collection de Touraine, vol. IX, n« 3956. Copie de Dom Housseau sur papier, tirée des archives du duché de la Vallière.)

Pierre, par la grâce de Dieu, duc de Bretaigne, etc. Comme de longtemps noslre 1res chier et bien amé cousin Jehan, sire de Bueil, comte de Sancerre, admirai de France, ait fait par plusieurs instances, demandes et questions à feus princes de clere mémoire messeigneurs les ducs Jehan et François, nos père et frère, que Dieu pardoint, et à nous mesmes et à chacun successivement, d'avoir recompance ou restitution de la terre, ebastellenie et seigneurie de Chasteau-Fromont, située en nostre pais de Bretaigne et laquelle fut audit sire de Bueil et à ses antecesseurs, dont il disoit et maintcnoit avoir été subtilement et indeuement spolié et départi par feue nostre cousine la royne de Sicile^ derraine trespassée, que Dieu absoille, au traitié du mariaige de feue Yollant sa fllle^ qui, en son vivant, eut espousé feu nostredit sire le duc François; et de laquelle terre et seigneurie de Chasteau-Fromont, valant cinq cent livres de rente ou environ, nosdits prédécesseurs et nous avions accueilli possession et Ta baillé en partaige à nostre très cher cousin le eomte d'Ëstempes, sire de Chezon, qui encores la tient à présent, sans ce que ledit sire de Bueil en eust jamais eu condigne recompense; par quoy avoit continuellement pour lui, vers nosdits antecesseurs et nous, ladite question, jusques à ores ; nous, ces choses considérées, voulant et desirans, pour la descharge des âmes de nosdits antecesseurs, satisfaire audit sire de Bueil, saizir et restraindre sadite demande et à ce que nous, nostredit cousin d'Kstempes et tous autres nos héritiers et cause aians, puissions antièrement estre et demourer justement propriétaires et droicturiers seigneurs de ladite terre et seigneurie de Chasteau-Fromont, et que ledit sire de Bueil et les siens ne nous en puissent jamais aucune chose demander, lequel sire de

1. V. plus haut, Toi. I, p. ccxTj et m. — La copie de Dom Housseau porte des marginaux ajoutés par le copiste et que nous supprimons. — M. d'Achon possède, dans sa collection du lfan.% une copie ancienne de ce même document.

388 PIÈGES JUSTIFIGÀTiyBS.

Bueil à ce présent, par tant de toute celle question et de tous les intérêts qu'il y peut avoir en a quitté nous et nostredit cousin et tous autres nos héritiers et cause aians, avons aujourd^huy, par délibération de nostre Conseil, donné, cédé et transporté^ donnons, cédons et transportons^ irrévocablement et perpétuellement par ces présentes, pour nous et nos héritiers, audit sire de Bueil, pour lui et les siens à jamais, par heritaige, la terre et seigneurie de Courcelles et de Chouzé, près Giiasteaux en Anjou, qui fut et appartenoit à nostre très cher et bien amé neveu et féal, Jehan, seigneur de Dervai et de Ghasteau-Giron; duquel sire de Dervai, à Tauctorité et consentement de nostre très cher cousin el féal Geoffroy de Malestroit, son père, avons eu et retrait, par titre heritel, ladite terre et seigneurie de Uourcelle et Ghouzé, o tous ses droits heridaulz, causes et actions... ^

En tesmoing de vérité nous avons baillé ces présentes lettres patentes, audit sire de Bueil, marchées^ de nostre main et seellées de nostre propre scel. Donnée à Yaujoyeux, en Aiyou, le 25<' jour de juillet, Tan de grâce ^1455. [Signé :] Pibrie.

Depuis, à Viesron, le tiers jour d^aoust ensuivant, fût cette lettre reçue et délibérée, le comte de Richemont et autres preseos.

Par le duc, de son commandement et en son conseil, auquel estoient les comtes d'Ëstempes et de Laval, le grant maistre d'ostel, mestre Michel de Partenay, chevalier, le Galoys de Rougé, le président des comptes Georges Lespervier, le aeneschal de Rennes, le contrôleur gênerai, le trésorier de TespargM el autres. [Signé :] Righi&t.

Château d* Angers j \Q janvier ^1456. — DélibératUm du eo»seil du roi de Sicile^ duc d'Anjou, au sujet des droits de ventes réclamés à Jean V de Bueily sur les terres par lui

1. Ici, un blanc dans le manaftcrit. Nous supprimons le paasage qû suit, qui contient les clauses d'usage.

'2. À'<c, pour marquées.

acquises en Anjou, à Chenesche (Sénecé) et la Voulte, droits dont ledit Bueil se prétendait exempt^ selon la teneur des conventions concernant Mirebeau*, (Arcb. nat., P 4334', ^ 459.)

Le x« jour de janvier, l'an mil IIII<' cinquante-cinq, au conseil du roy de Sicile, duc d^ Anjou, lenu au chastel d'Angiers, Duquel estoit révérend père en Dieu Tevesque d'Angiers, chancellier, le sire de Loué, le juge d^ Anjou, le président, le trésorier, Jehan Thlbergeau, maistre d'ostel, le procureur d'Anjou, roaistres Guillaume Prévost, Jehan Breslay, Thomas de Serfon, Jehan Buiel, Pierre de la Poissonnière, Jehan Pelet, procureur de Saumur, et autres,

A esté mis en deliberacion pour la partie de monseigneur de Bueil que des piéça le roy de Sicile luy vendit et engaigea la terre de Hirebeau, laquelle ledit seigneur roy de Sicile a retirée et desgaigée, et que, durant le temps de la vendicion, ilacquistles lieux de Senesche et de la Voulte; et que icelles terres les ofH* ciers de Saumur avoient fait prandre et saisir en la main dudit seigneur, pour le droit des ventes desdites choses et autres emolumens de fié dont lesdiz officiers de Saumur falsoient demande audit seigneur de Bueil. Et requeroit le procureur dudit seigneur de Bueil que lesdites choses saisies luy Aissent mises ou délivre, par ce qu'il disoit que ledit seigneur de Bueil n'estoit tenu èsdites ventes, par certains appoinctemens contenus et desclairez es lettres de Tengaigement autresfoiz fkit, par ledit seigneur roy de Sicile audit seigneur de Bueil, de ladite terre, cbaslellenie et seigneurie de Mirebeau.

A esté appoincté, que le président des comptes, le procureur d'Anjou, maistre Jehan Breslav et le procureur de Saumur visiteront les contractz de la vendicion, qui autresfoiz fut faite par le roy de Sicile audit sire de Bueil, et sauront quelz contractz ont esté passez des terres de Chenesche et de la Voulte et en feront leur rapport ou conseil dudit seigneur à lundi prouchain.

1. V. plus haut, tome I, p. ccxix, ainsi que la pièce suiTante.

390 PIÈGES JUSTinCATIYES.

Chinouj iS mars U56. — Jean de Bueil promet de céder à Amaury d'Esiissac la chdiellenie, terre et seigfîeurie de Chenesche [Sénecé], s'il ne peut, dans le délai d'un aUj M payer la somme de 8,500 éeus d^or due, partie par /«î, partie par le seigneur de Montejean audit d'Estissac et à Pierre Barillet de Saineoins, le tout sous ratification de Jeanne de Montejean^ femme de Jean de Bueil, — Au dos : Quittance datée de Thouars, 28 novembre \AVt, par laquelle Amamry d'Estissac, seigneur dudit lieu et de Coulonges-les-RoyaMlx, confesse awir reçu les 8,500 écus et annule ta promesse de ventée (Arch. nat., P ^334^, ^ 9.)

Sachent lous presens el avenir, que^ en la court du Roy nostre sire, à Ghinon, en droit par devant nous personnellement estably, noble et puissant seigneur messire Jehan, seigneur de Bueil, chevalier, conte de Sancerre^ admirai de France, souhzmctlant soy, ses hoirs, avecques touz et chascuns ses biens meubles et immeubles, où qu*ilz soient, presens et à venir, au povoir et juridiction de ladicte court, quant au fkit qui s'ensiût, lequel a cogneu et confessé avoir vendu et octroyé et, par ces présentas, tant pour luy que pour ses hoirs et aians cause de lui, vend et octroyé, dès maintenant à tousjours mais, à héritage, à noble et puissant seigneur, messire Amaury, seigneur d'Estissac, à ses hoirs et aux aians sa cause, la chastellenie, terre et seigneurie do Gheneche, tout ainsi comme elle se poursuit el comporte, tant seigneurie, [etc.]...

Laquelle [vendicionj est faicte pour le pris et somme de huyt mil cinq cens escuz d'or, du coing du roy nostre sire, à présent aians cours, payez par ledit seigneur d'Estissac audit seigneur de Bueil en la manière qui s'ensuit : c'est assavoir, la somme rie quatre mil escus, d une part, que ledit seigneur de Bueil a prins en |)ayemenl audit seigneur d'Estissac, sur le seigneur de Montcjehan, qui les devoit audit seigneur d'Estissac tant pour

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