Arc de douze à quinze pieds, lançant un énorme javelot
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engins gettans pierres et plombées, avecques bonnes grosses arbalestres bien garnies de ce qui est neoœssaire, et gens convenables pour jouer desdis engins. Moult d'autres engins y a, desquieubc on se peult aider pour la deffence d'une place, qui sont contenues ou livre du maistre de Tartillerie. Item, et se les ennemiz se veullent aider à faire et donner leur assault de Tengin devant dit, nonuné le mouton, ceulx de dedans, ainsi que dit Yegece, y pevent remédier en la manière qui s'ensuit, c'est assavoir qu'ilzayent coultes, matratz ou sacs pleins de fumier, larges comme coultes, et soient avaliez contre le mur au droit où le tref doibt venir ferir ; et, par la molleté de la chose, les coups seront rompuz. Item leur fault avoir un autre engin, qu'on appelle loup, auquel a ung fer courbé, qui très fortes dens a et agùes, qui soit assiz de telle manière sur le mur qu'il vienne engouller le tref du mouton et le tiendra si fort qu'il ne pourra tirer n'avant n'arriére; et aucuneifoys le tire l'en en hault à force de cordes, si que plus ne leur peult nuyre. Item, et s'il advient à touteiiins que, par force, soit le mur percié ou priz, ceulx de la forteresse, bien garniz de toutes estoffes, tantost et appertement faceut et bastissent ung aultre mur de celle part et encloent, s'ilz pevent, leurs ennemis entre deulx murs où, se ilz s'y viennent embatre, si les occicnt.
c Aultre remède y a pour résister à ceulx qui viennent combatre par mine qui se fait soubz terre. Premièrement on doibt tellement aparfondir les fosscz que nulle mine ne puisse passer par dessoubz, et, avecques ce, faire si bon guet et mettre si bonnes
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escoutes entour la place et les murs dicelle que nul De puisse approucher pour miner ne autrement qu'ilz n'en ayent la congnoissance. Et, se ainsi estoit qu'ilz sentissent que les ennemis commençassent en aucun lieu à miner, doivent tantost et incontinent contreminer et tant faire qu'ilz viennent jusques à la mine de leurs ennemyz et celle part, à force de lances et autrement en bien combattant, leur challengier le passaige, si que passer ne puissent plus avant. Et ayent à l'entrée de leur mine grandes cuves pleines d'eaue chaude, s'il se peult faire, et, en eulx retraiant, faignant d'eubc enfuir, gettent ladicte eaue contreval la mine ; car, par celle voye, pourront estre les mineurs agravantez et mors. Et, si l'aventure estoit telle que, par force, subtilité ou autrement, les ennemis feussent entrez en la forteresse, on ne doit pour ce délaisser à résister à rencontre d'eulx; mais vigoureusement et par bon ordre 6oy tenir ensemble par compaignies, ainsi que l'on pourra et, avecques l'aide des habitants et bourgeoys estans en leurs maisons avecques les aucuns gens de guerre, jetter traict, pierres, tuilles, mortiers et toutes telles choses en manière que on les garde de plus avant entrer en la ville; et, pour ce faire, on doit estre bien asseuré et avoir grant fiance en Dieu. Et souventeffoys est advenu que par telles resistences et bonnes conduictes ont esté les places recouvertes.
c Ung enseignement apprent Yegece touchant ceste matière ; c'est que, se les habitans et gens de la place sont ad ce venuz, que bien se gardent de tenir toutes les portes de la ville closes; car il dit qu'on doit
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donner lieu à son ennemy en ce cas pour s'en aller, se bon lui semble ; car le tenir endotz lui pourroit doubler force pour ce que espoir n'auroit de povoir fuir, se besoing lui estoit. Encore plus dit V^eoe que les assiégez et encioz en aucune forteresse doivent estre songneux de secrètement enserchier et savoir, par subtilz moyens et bonnes espies, la convine de leurs ennemyz, ne n'est chose à eulx plus proffitable ne mieulx aidant ; car, par ce, pevent-ilz mieubc appointer de leurs affaires; par quoy, s'ilz ont bon courraige, ilz pevent savoir l'eure que leurs adversaires ne soient sur leurs gardes, ou soient assiz à leur menger, ou se voisent esbatant çà et là, ne souspeçon n'ont qu'ilz doivent saillir. Adoncq tout à coup doivent aller sur eulx, et meismes, s'ilz pevent saillir hors par quelque faulse poterne par derrière, est leur meilleur. Et bien se gardent que leur convine ne soit accusée, par quoy cmbusche peust estre mise ad ce qu'on les occist au feur que hors ystroient. Mais, si par la voye dessus dicte les pevent surprendre et que hardi couraigc les conduise, s'en pourront par celle voye despescher*. >
CHAPPITRE XVII.
Comment le sire de Chamblay remonstra au Jouvencel le fait et les grans perih de la mer et la manière de se y trouver et de y combattre; et comment j en la fin de ce présent chappitre, a une clause en laquelle
1. Var. : c Mais, se hardy courage les menoit à ce qu'ilz trouvassent ceulx du siège en desarroy, ilz en seroient par bonne adventure plus gentement despeschez. 0 Éd. Lenoir et Vérard.
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sont recitées en brief plusieurs batailles sur terre perdues et gaignées sur lesquelles an puet prendre de beaulx et bans exemples.
c En^ aprez, je vous vueil parler du fait de la mer et premièrement du fait de faire nefz et gallées. C'est assavoir, que en mars ne en avril que les arbres ont habondance d'umeur, ne doivent estre les arbres couppez pour nefz faire ; ains le doivent estre en juillet et en aoust, lorsque Tumeur des arbres commence à seicher ; et que mesmement les aiz ciées et faictes doivent estre laissées sécher, tant que hors en soit toute la verdeur et que plus ne puissent retraire. Avec ce, dit^ que à clouer les aiz des nefz vallent mieulx doux d'arain que de fer, combien que fer soit plus fort. Mais Tarain, pour ce qu il a en soy plus de moitteur que le fer, mieulx se tient en Teaue et plus longuement sans pourrir, c Item, dit que ceulx qui par mer veullent aller, soit en armée, ou en quelque aultre voyaige ou affaire quelle que elle soit, doivent singullièrement eulx pourveoir de bons mariniers expers et maistres en cellui office et que bien saichent congnoistre Testre et la naissance de tous les vents et quelles choses leur peut nuyre et quelles non. Des perilz de mer saichent les destours et voyes et aussi les adresses de tous les portz et passaiges, et bien soient congnoissans en la carte et es signes et estoilles du
i. Jal, Archéologie navale, tome II, pages 288 et suivantes, a publié presque tout ce chapitre et indiqué les chapitres de Végèce auxquels se réfèrent les passages du Jouvencel.