‹ Le JouvencelChapitre 24 sur 184 · En marge dans le ms. A : « Nota, t · texte numérisé non relu

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100 LE iOUVENCEIi.

tilzhommes estoient requiz de ce faire de leurs eonemyz, pour rien ne s'i fust accordé; car on pourroit donner aucune folle oppinion^ à ung honune, quant il est requiz, s'il ne respondoit. Touteffoys le Jouveuoel dit que jamaiz n'en donneroit congié à homme et que ce sont choses dépendues et qui ne se doivent point faire. Premièrement, ceulx qui le font vueillent oster le bien d'autruy, c'est assavoir leur honneur, pour se attribuer une vaine gloire qui est de petite valleur; et, en ce faisant, il ne fait service à nul, il despent son argent, il expose son corps pour tollir la vie ou l'onneur à cellui à qui il a à besongnier, qui lui vient à petit de profit; tant qu'il est occupé ad ce faire, il laisse à exploicter la guerre, le service de son Roy et de b chose publique; et nul ne doit exposer son corps, sinon en euvres méritoires.

Âprez ces demonstrances, les deulx gentilzhommes le requirent de conseil et d'aide ; à quoy il respondist : < Je vous conseilleray et ayderay au mieulx que

< je pourray pour l'honneur du party et pour l'amour c de vous, puisque ainsi est qu'il fault que le faciez.

< Il me seft)ble à vous qui avez à besongner à che- € val, vous devez estre armé d'ung harnoyx boo et c seur ; car une lance est moult subtille et ne treuve

< si petite entrée que elle ne passe ; par où elle arrive, c elle est sans merci. Les plus périlleuses armes du c monde sont à cheval et de la lance; car il n'y a point € de holla. Vous povez bien avoir le bras dextre legiè-

< rement armé et le plus au délivré que vous pourrez,

< excepté au droit de la souriz, là où il vous fault

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