‹ Le JouvencelChapitre 54 sur 184 · Var. : c émeutes. >» G · texte numérisé non relu

Var. : c émeutes. >» G

LE JOUYRNGEL.

seurté, vous ne veistes oncques les choses que nous saurions par elle. Elle tient une dame en ce pays, qu'on appelle la dame de Blanc-Ghastel , et beaucoup d'aultres gens de bien, et tout le Blanc-Ghastel entre ses mains, que elle a pris sur celle dame, et lui a mys en sus qu'elle me voulloit bailler le Blanc-Ghastel, qui est Tune des plus belles et des plus fortes places du royaume d'Amydoine ; et a encore davantaigc le chastel de Grantfort, qui est à elle de son heritaige, qui est Tune des plus fortes places du monde, là où elle tient encores plus de dix chevalliers et plus de vingt jouvenceaulx en son servaige. Si vous pri, mon filz, que vous parlez à elle le moings que faire se pourra et que vous la renvoyez le plus tost que vous pourrez; car j'ay grant paour qu'elle vous enchante ou face quelque nonl. » Le Régent respondist au Roy : c Monseigneur, laissez-la chanter et enchanter ; car je ne la crains riens et n'ay point paour que telles enchanteries me faoent ou sceussent faire mal ne desplaisir ; car j'ay bonne créance en Dieu. > — c Aussi, dit le Roy, tout ce qu'elle a fait, c'est par la force de son chastel et de son beau langaige et de la subtilité et mauvaistié dont elle est pleine. Je n'entens point que par son enchanterie elle sceust rien faire; mais elle seduiroH tout le monde par son engin. Et, pour ce, renvoyezla ; car je vous certifie qu'elle a des amyz entour de moy. Et envoyez messire Morsellet au Don et qu'il soit bailiié au prevost de la ville et aux gens de mon conseil, qui le questionneront et par lui sauront beaucoup de la convine de noz ennemyz; car il scet tout. Et puis ferons de lui ce que justice en

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ordonnera. » Le Régent respondist : c Monseigneur, il sera fait tout ainsi qu'il vous a pieu de le commander. Quant au sire de Hisles et au dispost de Calaphye, ce sont gens de bien et de qui on peut avoir grant argent. Et, pour ce, je vous pry, laisseznous en faire nostre proffit. > — c C'est bien raison, dist le Roy. Et vous pry, mon filz, que vous sachiez aux compaignons combien je payeray pour la rançon de messire Morcellet; car je les feray payer comptant. > L'appoinctement de messire Morcellet fut fait et payé, ainsi que le Roy avoit dit. Le sire de Hisles et le dispost de Galaphye furent miz en une très grant finance. Messire Morcellet fut mené à la ville du Don pour en devoir faire justice. Et, quant il fut au Don, il se eschappa et se mist en franchise en la grant église du Don, que on appelloit Saint-Memer. Et il se fit derc; et, à la vérité, il le estoit et avoit couronne. Et fallut que Tevesque le soustensist et tous ceux de Feglise pour garder leurs previllièges. Mais aucuns dient que ung homme qui a commiz le crime de lesemagesté ne doit point avoir de franchise. Et, pour ce, fust mise la chose en conseil. Toutesvoyes le Roy mist grans guet et grans gardes environ Teglise, affin qu'il ne eschappast, et dist : c Je savoye bien que ce c traistre feroit encores ung tour de son mestier; c mais je le garderay, si je puis, qu'il ne s'en aille. > Cependant que le Roy sejournoit pour besongner en ses affaires, et ses gens d'armes sejournoient à Sort et à l'environ, courrut messire Helpy, bastard de Galyma, et ses gens, et frappèrent sur ung logeiz des gens du roy Amydas et du Régent et les des-

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