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troussèrent. Et, ainsi qu'ilz s'en alloyent et eminenoyent leur proye, messire Guillaume Boucqueton et le vieil Mareschal de Grathor les vindrent rencontrer auprez de leur retraict et destrousserent la pluspart et rescouirent tous les prisonniers. Le bastard de Galyma se saulva; mais la pluspart de ses gens demourerent priz et mors. Et, quant messire Guillaume Boucqueton et le Mareschal furent retournez à Bort, le roy Amydas et le Régent, son filz et leur maistre, leur firent grant chière et furent bien joyeulx de ceste adventure.
GHAPPITRE m.
Comment plusieurs questions se meurent à cause d'at^ cuns prisonnyers prins et rescoux et d'aucunes autres questions touchant le fait de la guerre; comment le Mareschal print le Sap^ et comment le roy Amydas faisoit forger nouvelle artillerie pour poursieuvyr sa bonne fortune; et d'aucuns traictiés fais entre le roy Amydas et le duc d'Ath; et d'une rencontre que fist le Jouvencel sur ses ennemis qu'il mist en deseanfi' tare. Et y dedens cestuy tiers chappitre de la derrenière partie de ceste œuvre^ nommé pollitique^ sont enclavées et deduittes les ordonnances et cerimonies qui se appartiennent à gaige de bataille fait par querelle^ selon les constitutions faictes par le bon roy Phelippe de France.
Aprez ceste destrousse faicte, saillirent plusieurs dcbatz et questions, comme tousjours advient, quant ung butin a esté fait. Et, entre les aultres, il y eut une
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question de aucuns qui avoient pris leurs maistres qui les avoient priz, et d'autres qui n'estoient point leurs maistres, qui s'estoient renduz aux prisonniers de paour de mort. Neantmoings les gens de messire Guillaume Boucqueton et du Mareschal de Grathor les prindrent et assermenterent de nouvel et disoient que ceulx qui les avoient assermentez n'avoient point de puissance; car, puisque ung homme a donné sa foy, il ne peult plus prendre la foy d*ung aultre. Encore dist-on plus que, selon les drois anciens des armes, il ne se doit ne se peut combatre ne armer jusqu'à ce qu'il soit quicte de sa foy. Geste question vint devant le roy Amydas et devant le Régent son filz, et fut la chose debatue, d'une part et d'aultre, le mieulx que foire se peust. Mais il fut trouvé par tous les cappitaines et gens de guerre que, se la chose estoit de ancienneté, encore estoit-elle telle, ne jamaiz n'avoient veu faire le contraire. Quant aucun prent ung prisonnier, il lui fait ceste grâce de le recepvoir à la foy; il lui donne sa vie; il ne lui peult pas plus beau don faire ne plus obligier à lui. Et, pour ce, ne peult le prisonnier assermenter homme ne porter armes, tant que son maistre l'ait quicté de sa foy. Depuis qu'il a donné sa foy à son maistre, il est son esclave et son serf, pour faire de lui à son plaisir. Et, pour ce, le prisonnier achatte sa iby et sa franchise par argent ou aultrement et fait tant que son maistre le quitte de sa foy. Et, quant sa foy lui est quictée, il peult faire toutes choses comme devant et non aultrement. Et, par ce, fut jugé que ceulx qui estoient prisonniers n'y auroient riens, et que ceulx qui les avoient rescoux les auroient.
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Une autre question fut des chevaux, du hamoys, de tous les aultres biens qui se peurent trouver en essence et par vraye congnoissance. Et fut dit qu*ilz seroient renduz à ceulx qui les avoient perduz, puisqu'ilz avoient esté rescoux avant que entrer en chastel, ne en ville, ne en lieu fort du party contraire; et, tant qu'ilz estoicnt sur les champs, qu'ilz n*estoieat point acquiz aux ennemiz qui ne les avoient point en possession en leurs barrières ne forteresses. Et bien y parust; car ilz furent rescoux aux champs, comme vous avez oy. Mais, s'ilz eussent entré seulle* ment en une barrière et feussent ressailliz aux champs, ilz leur eussent esté acquiz.
Oultre plus, saillist une question d'aucuns qui mirent leurs prisonniers à finance sans le congié de leur cappitaine. Et fut dit par sentence que le cappitaine les povoit prendre pour la Onance à quoy ilz estoient myz. Mais, s'iiz eussent congié du cappitaine de les mettre à finance, le cappitaine n'y avoit plus que veoir. Les raisons pour quoy ung souldoier ne peutt mettre à finance son prisonnier sans le congié de son cappitaine sont que ung soubdoyer doit rendre obéissance à son cappitaine; aprez il lui peult celer et embler ses drois. D'autre part, le prisonnier peult estre tel que le cappitaine, ne le prince, pour qui la guerre est menée, ne la chose publique, pour qui on se combat, ne se acorderoient jamaiz qu'il fut délivré ; car ce peult estre quelque mauvais traître qui a aullreifoys fait quelque traison et encore pourroit faire, ou pourroit estre une guide ou ung homme par qui entreprise peult estre descouverte, par quoy on peult savoir beaucoup de nouvelles, qui peult avoir
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porté messaiges ou trafiqué^ entre mains, ou ung homme artificieulx qui peult savoir subtillitez, qui seroient moult préjudiciables au prince, à la chose publique et à tout le party. Et, pour ce que tousjours et en toutes choses la chose publique est à préférer à ung bien particulier, il est dit que ung souldoyer ne peult ne ne doit mettre à finance son prisonnier sans le congié de son cappitaine ; car le cappitaine par raison a la congnoissance de beaucoup de choses que le souldoyer ne peult ne ne doit avoir.
En ce jour, y eust de bons prisonniers pris; et ceulx qui les avoient pris vouloient dire qu'ilz ne seroient point à butin, sinon par les butins particuUiers que chascun avoit fait à par soy. Et la pluspart des compaignons vouloient dire qu'ilz estoient tous à butin; et pareillement faisoient les cappitaines. Geste question vint devant le Régent, qui donna audience aux parties. Et, les choses debatues et plaidoyées d'une part et d'aultre, fut dit que les cappitaines les avoient tous miz à butin. Aucuns debatoient qu'ilz n'en savoient riens et les auilres disoient qu'ilz le savoient bien et qu'ilz l'avoient bien ouy et estoient presens quant les cappitaines firent le butin. Ilz estoient peu de gens à l'ouir, mais cela fut bien prouvé. Et, pour ce, fut dit qu'il soufïist que le chief ou cappitaine die seullement : à butin, à bonne usance, au priz d'une esguillette^, lequel qu'il lui plaira; car il peult faire tel butin que bon lui semblera et souffist seullement que le mot soit ouy d'aucuns. Car la chose peult estre