‹ Le JouvencelChapitre 58 sur 184 · Var. : € Et lo dire fut : » A. B. D. E. F · texte numérisé non relu

Var. : € Et lo dire fut : » A. B. D. E. F

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c à 80D entreprinse ; et scet bien que nul ne doit rien c faire ne entreprendre sans le congié de son chief. c Et, pour ce, Monseigneur, vous lui pardonnerez, c s*il vous plaist. C'est ung des hommes du monde à c qui je suis le plus tenu et que j'ayme plus. > — c Mon filz, je Tayme bien pour l'amour de vous; c mais l'offense est à vous et non pas à moy; car € le congié vient de vous. Vostre personne reprec sente la mienne et la vostre, qui estes chief et capc pitaine de ceste armée. Il est vostre serviteur et est c venu quant et vous ; et, pour ce, je remetz le parc don à vous ; et en faittes à vostre plaisir. Je ne vueil c pas mettre la guerre entre vous et le Mareschal : c car je scay bien que l'amour y est grant. Je me c doubte, mon filz, que vous lui en avez laissé faire à c sa guise. » Et, ad ce mot, le Régent ne dit riens ^; et assez accorde qui mot ne sonne. Mais le Roy dist : c S'il y fut allé sans savoir de vostre entencion, il y c chéoit pugnicion. > Nonobstant tout ce, chascun fut moult joyeux de ces nouvelles; car la prise de ceste place estoit la porte par où il failloit entrer pour recouvrer le royaulme d'Amydoine*.

i. Var. : « Et, ad ce, le Régent mot ne sonna. » F.

2. Nous n'avons pu identifier cette prise du Bap avec aucun fiut connu. — Après ce qui précède, le ms. G n'a plus qu'un paragraphe qui diffère entièrement de la version des mss. A et B. Les mss. D, Ë et F le contiennent aussi; mais ils reprennent aussitôt après la version A et B. — Voici ce paragraphe :

« Aprez la prinse du Bap, plusieurs jeunes gens parlèrent en la présence du Roy et du Régent en disant qu'ilz véoient bien que le Roy recouvroit son royaume, et, puisque Dieu lui faisoit ceste grâce, qu'il lui failloit entreprendre et faire guerre pour ses voisins et on y trouveroit beaucoup d'amitié (beaucoup de causes. D). A quoy le Régent respondit : c Nous ne sommes

82S LE JOUYE!ICRL.

Aprez oesle entreprise faicte, plusieurs ambaxades furent envoyées de par le duc d'Âth, le prince de la CormTe« le sire de Hisles, le dispost de Galaphye, le marquiz de Cal3rma et plusieurs autres pour trouver traictiez et appointtemens avec le roy Âmydas, et aultres grans princes voysins, médiateurs de ces traictiez et appointemens. Et, durant le temps que ces traictiez se demenoient, le roy Amydas faisoit forger artillerie et assembloit argent où il povoit finer; car il voulloit poursuir sa bonne fortune; et dient les maistres qu'il fait bon batre le fer quant il est chault. Et est à penser que le duc d'Ath et ses aliez le voulloient amuser tant qu*ilz eussent reprins leurs alaines et leurs forces, tant d'alliances que d'argent, pour venir à leurs fins. Le roy Amydas faisoit foi^ artillerie, comme dit est, et les ouit parler; mais,

« pas fait pour entreprendre guerre, soit en demandant, soit en <c defTcndant. C!ellui qui la veult entreprendre doit ayoir entre « autres choses trois principailcs consideracions : la première, « s'il y a juste cause de mouvoir la guerre; la seconde, si la « cause est prouflîtable ; la tierce, si Tentreprinse est aisée à c conduire. Et, à ce propoz, respond Octovien, en ung sien dict : c Qui veult entreprendre et faire guerre sans avoir ces conside- « racions devant les œilz, bonnement il ne lui sauroit bien ate* c nir de son entreprise. Et semble cellui qui ainsi entreprent à « faire guerre, à cellui ou à ceulx qui peschent à la ligne aux « ains d'or ou clavelz, en quoy ilz pevent beaucoup perdre et ne c pevent pas ou riens gaingner. A ce propoz, recite Vegece que c ce n'est point sens d'entreprendre guerre ou bataille qui ne « se sent tellement ordonné qu'il ait l'avantaige sur ses ennemis « ou iï par nécessité il n est contrai net à soy defféndre et rend c la raison: car les entrées des grans entreprises comme de « bataille sont larges et les yssues sont cstroictes. Si fault bien « y adviser comme on y entre sans y estre attrappé comme le t poisson dans la nasse. »

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oomme bien conseillé, ne devoit pas laisser à pour- 8uir sa bonne fortune. Et, cependant que ces parlemens duraient, il escoutoit jusques ad ce qu'il fut prest. Et, durant ce temps, le roy de France lui envoya et au Régent son fiiz ung advertissement touchant les gaiges des batailles, pensant qu'il n'eust autre chose à faire que à ouir des gaiges de bataille, pour ce que, aprez telles entreprises faictes, ilz adviennent communément. Car chascun dist, pour faire sa paix, le pire qu'il peult de son compaignon et encusent l'ung Tautre, l'ung à droit, l'autre à tort. Et, pour ce que par fortune de guerre toute justice et ordre de droit est corrumpue, le roy Amydas voulut redrecer la raison à ung chascun à son povoir et ouyr le débat de ses gaiges de batailles et mettre ordre à son fait. Mais il n'eust pas loysir de les ouyr ne aussi de faire forger son artillerie qu'il ne ouyst de bien grans nouvelles de ses ennemis, comme, aprez la lecture de ces gaiges de bataille qui luy ont esté envoyées, pourrez ouyr*.

I. Ici 8*arréte le ms. G. (British Muséum). — Voici comment se termine ce paragraphe dans le ms. B. : « Et, durant ce temps, le roy de France lui envoya et au Régent son filz ung advertissement touchant les gaiges de batailles, qui sont escriptz bien et au long ou stille du Parlement. Mais il n'eut pas loysir de les ouyr ne aussi de faire forger son artillerie, qu'il ne ouyst de bien grans nouvelles de ses ennemis, comme cy-aprez pourréê ouyr en cest article qui s'ensieut. • Puis le récit continue, en sautant lordonnance sur les gages de bataille que ce manuscrit ne contient pas.

224 LE lOUVENCEXi.

Cy aprez s* ensuivent les cerimonies et ordonnances qui se appartiennent à gaige de bataille fait par que^ relie, selon les constitucions faictes par le bon rtnj Phelippe de France^.

D'aucunes nouvelles qui vindrent au roy Amydas de

ses adversaires.

Tantost le roy Amydas, après ces lettres ouyes de

1. Quatre de nos manuscrits, A, D, E et F, donnent ici le texte d'une ordonnance de Philippe le Bel sur les duels judiciaires, de Tannée 1306. Ce passage nous semble être une interpolation ; nous le supprimons comme complètement inutile. Cette ordonnance a été plusieurs fois imprimée, ainsi que notre collaborateur Ta indiqué dans son Introduction littéraire, tome I, page ccxc\^, note 1. On peut ajouter à la liste de ces impressions : Andn* Favyn, Théâtre d'honneur et de chevalerie, éd. de 1620, p. ITli et suivantes; Ducange, Glossarium, etc., au mot Duellum; Ancien style du Parlement, part. I, chap. xvi. — Le texte des mss. D, E et F est presque entièrement le même que celui donné par les imprimés ci-dessus; celui du ms. A est moins complet. — L ordonnance elle-même est assez courte; mais, à la suite, vient un formulaire des combats à outrance qui a été aussi publié dans le tome I des Ordonnances, pages 435 et suivantes, notes; dans André Fa>'yn, dans le Glossaire de Ducange, etc. — Le ms. £ s'arrête après cette ordonnance et ne contient pas la fm du récit. Les mss. D et F donnent à la suite un assez long passage, que nous regardons aussi comme une interpolation et que nous supprimons également. C'est la dédicace, adressée à Richard II, roi d'Angleterre, par Thomas, duc de Glocester, en qualité de connétable du royaume, d*un « potit livre des ordonnances et manières de combatre armé « dedans lices. » Le ms. I, qui ne contient que des fragments du Jouvcnccl (voyez notre tome I, p. cccxvn), donne le dernier paragraplie de cette dédicace et la suite du récit presque jusqu'à la Un du chapitre.

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gaîge, eut nouvelle de ses ennemiz, comme vous avez ouy par cy-devant. Il vouliut tirer aux champs et les aller combatre chaudement à son très grant desavantaige ; car ilz estoient en lieu très avantaigeux pour eulx et ne povoit aller jusques à eulx qu*il n'eust myz son fait en très grant exart. Et, s'il estoit chault en ceste entreprinse, aussi le estoit son filz le Régent, pour ce que il leur estoit tousjours bien priz de leurs entreprises et qu'ilz estoient ardans et desirans de recouvrer la seigneurie qui estoit pour eulx, et que le cas leur touchoit. Et, pour ce, dit-on que jamaiz homme n'est saige en sa cause ; et, pour ceste cause, est-il en justice ordonné qu'on ne plaidoye point pour 8oy-meismes et fault faire dire son fait par office d'avocat. Et, sur ce, saillist en avant le viel Mareschal de Grathor, qui congncust bien qu'il n'y avoit point de remedde de desmouvoir le Roy et monseigneur le Régent son filz pour Tafection qu'ilz avoient à leur cas meisme, et que, pour chose qu'il leur peust remonstpcr, il vit bien qu'il n'y faisoit rien^ Et, pour ce, voulut aleguer des faiz de Octovien César, comme vous orrez ; et puis aprez vous seront declairez les fais et eotreprise du roy Amydas et de son filz le Régent et gouverneur du royaume.

c Moult fit Octovien Gesar de loix et d'autres c ordonnances de grant renom, qui moult seroient c longues à racompter ; mais, vers la fin, au Lxxvn^ an c de son aage et au LVi® an six moys et ix jours de c son empire, il mourust en la cité de Nolle en Ghamc paigne et fut ensepvelly à Romme en Champ-Marc,

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