Var. : « de plus grant prix. • B. F
220 LE JOUYENGEL.
moult grandes subtillitez, comme il savoit biea faire, pour se garder de la contretraisoo et de passer et repasser le pas. Et finablement entrepris! de prendre le Sap par le moyen qu'il y avoit, c'est assavoir : aucuns, qui estoient de la place, et des souldoyers de leans lui ouvrirent une posterne et le misdrent dedans le plus fort. Je ne vous deviseray la conduitte de Tentreprise. Si fut-elle bien subtillement faicte et hardiment entreprise par le Mareschal. Mais, pour ce qu*dle fut prise par trabyson et que trahyson n'est digne de mémoire ne de estre escripte, je ne Tescripray point, et me pardonnez, s'il vous plaist. Le Mareschal fist bien vaillaument et lealment; car il servoit bien son party et ceulx à qui il estoit. La trahyson fut bonne pour le roy Amydas et le Régent et pour le Mareschal, qui Texecuta; mais les traistres qui la firent ne valoient riens*.
Les nouvelles vindrent au Régent de la prise du Sap et comment le bastard de Galyma estoit priz et très fort bleissé, par le moyen de ses gens qui l'avoient trompé. Le Régent eust grant joye de cesle nouvelle. Touleffoys eust-il penscment comment il le diroit au Roy. Si advantura de lui dire^ : c Monsei-
< gneur, le Mareschal de Grathor a pris le Sap et le c bastard de Galyma, qui est très fort bleissé ; et ce c: a il fait sans vostre commandement et sans le mien.
< Il vous en crie mercy et vous prie que vous lui par-
< donnez de ce qu'il Ta fait sans congié. Mais il se c excuse et dit que vous ne vous fussiez point acordé