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rAIRE DU c JOUYENGEL l. 881
prios et mors d'une part et d'autre. Et y eut des diarges si grandes que plusieurs foys furent toutes les deux batailles en dangier de perdition. Et, si n'eust esté ung chevalier, nommé messire Baudoyn de CSiampaigne, seigneur de Tucé, ou pays du Mayne, et ttDg autre chevalier d'Auvergne nommé Sainct-Peritz^ qui arresterent deux cens hommes d'armes ensemble, la diouse eust esté en dangier. J'omets Lahyre qui se vint joindre avec eulx, et beaucoup d'autres gens de bien, qui rebouterent les Ângloys tellement qu'iiz cuyderent torner en desconfiture. Et y eut d'une part et d'autre, si grant broulis et estour que, si n'eust esté les bons remèdes de bataille qui se donnoient d'une part et d'autre, iiz eussent estez desconfiz les ungs et les autres plus de quatre foys le jour. Touteffoys la chouse fut si bien maintenue d'une part et d'autre que la nuyt les départit, et d'autre remède n'y avoit.
XV. — Le bon roy Charles et Jehanne la Pucelle parachevèrent d'aller en avant et prindrent Senlis, Gompiègne et autres places; et de là vindrent à Sainct-Denis ; et donnèrent l'assault à Paris et ne le peurent prendre. Et estoit dedens le duc de Bethfort avec une grosse puissance d'Anglois. Entre Paris et Sainct-Denis eut de grandes escarmoches et de beaux faiz d'armes, qui dura plus de troys moys sans cesser, et tous les jours y avoit butin. Mais le bon roy Charles ne peust plus tenir son armée ensemble par faulte de vivres, et s'en revint le Roy en Touraine*, et
\ . Var. : • Sainct-Perier. » E. — Pour Tucé, voyez t. I, p. xv, note 5. Aucun chroniqueur ne parle de cet exploit et nous n^avons pu identifier le sire de c Sainct-Peritz. »