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pas incompatibles avec l'immutabilité de l'Eglise et qu’elle les verra passer, s’en servant, comme elle s’est servi de toutes les autres sociétés humaines, pour l’accomplissement de sa mission divine,
C’est pourquoi la politique de l'Eglise diffère de celle des gouvernements humains. Le monde change et elle subsiste. Inflexible sur la vérité, l'Eglise s’accommode avec une merveilleuse facilité aux temps et aux hommes. Quelques années d'épreuve ne sont rien pour elle. Elle en a vu bien d’autres, et sa politique peut attendre, parce qu'elle fait entrer l'éternité dans ses calculs.
Ces considérations qui ont frappé tous les esprits éclairés qui observent impartialement la marche de la vérité à travers les siècles, se retrouvent, exprimées avec une clarté et une éloquence admirables, dans cette incomparable encyclique “Dei Immortale,” cette page sublime de haute politique qui suffirait à elle seule à la gloire impérissable du grand Pontife, comme homme d'Etat.
Quelques esprits chagrins sont allés jusqu’à accuser Léon XIII de libéralisme, parce qu'il à appris au monde non seulement à
respecter et à obéir, mais encore à aimer la doctrine immuable de s l'Eglise. Cependant il n’y avait là que l'application admirable
d’une des plus grandes lois de la nature. Dans la création LL de l'univers, le grand Architecte n'a-t-il pas mis, comme res- g sort suprème, cette loi mystérieuse de l'attraction, loi d'amour et t d'harmonie qui soutient les mondes dans leur course à travers C l’immensité. Le Père des fidèles a voulu que les hommes ne voient pas dans l'Eglise qu'un vengeur inexorable de toutes les | s erreurs, un maître rigoureux et sévère dans son enseignement ; | l il a voulu attirer vers l'Eglise les faibles et les petits, réconcilier ( ceux que l'erreur avait rendus irritables et défiants ; il a voulu \ ( donner à la vérité les attraits qui invitent, et sans renoncer aux : ( principes immuables de son enseignement, il a voulu l’accommoder aux circonstances et aux évènements. |