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des peuples et des rois, la clef de voûte de l'édifice nouveau. Jamais plus imposant spectacle n’a été donné dans l’histoire que celui de ce Pape, dépourvu de toute force matérielle, dont la grandeur avait arrêté Attila et dont l’autorité va seule subsister, pendant le Moyen-âge, sur le monde chrétien.
Cependant cette nouvelle phase finit à son tour. L'Europe s’assied ; les peuples se reconnaissent ; de grandes nationalités se forment, et ces nationalités tendent à s'exprimer dans de grandes monarchies centralisées. Le règne de Louis XIV est la plus magnifique période de cet état nouveau qu’on a appelé “l'équilibre européen,” et l'Eglise, qui aurait pu en concevoir quelque ombrage, trouve, sous la monarchie chrétienne, un régime nouveau qui n'arrête point le cours de ses destinées. La puissance politique des papes n'est plus celle du Moyen-âge ; leur autorité dogmatique est de plus en plus incontestée dans le monde catholique, et ce régime politique s’est si bien identifié avec les intérêts chrétiens, qu’en dépit de la corruption du xvirte siècle, plus d’un esprit bien pensant croit encore que ce régime était le droit divin appliqué à la politique chrétienne.
Mais la Papauté ne s’est inféodée à aucun régime, pas même au régime, pourtant si conservateur, de la monarchie.
Une autre époque est née à travers beaucoup de bouleversements et de ruines. Notre siècle fiévreux et troublé a vu naître une force nouvelle qui n’a pas dit son dernier mot : la Démocratie. Il a vu se développer un monde nouveau, égal bientôt en importance à l’ancien monde: le Monde américain. L'Eglise se recueille et elle regarde ; et je m'imagine que plus d’une fois la pensée du Souverain Pontife s’est tournée vers cette Amérique où l'Eglise voit s’accroître chaque jour le nombre de ses enfants, et qui pèsera peut-être au XXe siècle d’un grand poids dans les destinées de la Catholicité. Le concile de Baltimore, encouragé et béni par la sollicitude éclairée de Léon XIII n'est-il pas la preuve de ce que j'avance ? et n'est-ce pas à la même sollicitude que l'Eglise des Etats-Unis et l'Eglise du Canada doivent le suprême honneur d’être représentées l’une et l’autre dans le Sacré-Collège ? Bien hardi qui dirait ce que sera dans un demisiècle l’avenir de la société européenne ; mais on peut affirmer sans crainte que l’avenir du monde et ses transformations ne sont
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