‹ Le Jubilé pontifical à l'université Laval [microforme]Chapitre 25 sur 34 · PR PP PTS PP · texte numérisé non relu

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donnée à la pensée humaine lui à fait rencontrer toujours et partout, sur chaque côté du chemin, deux grandes hôtelleries lui offrant la nourriture dont elle a besoin pour réparer ses forces, la boussole dont elle doit se servir pour diriger sa course. D'un côté l'erreur, de l’autre la vérité. L'une majestueuse, solide, correcte dans sa construction, inépuisable dans son approvisionnement, irréprochable dans le service, mais sévère dans sa tenue et sobre dans son alimentation. L'autre, mal assise sur ses fondations, mais coquettement plantée dans sa construction inégale, attrayante quand même dans le désordre de son installation ; du reste, tapageuse, riante, facile, invitant les passants par une réclam: aussi vive que mensongère.

Et l'humanité qui voyage, se partage entre ces deux hôtelleries, dirigeant ensuite sa course, régulière ou vagabonde, calme ou désordonnée, avec ou sans chûte, selon qu’elle s’est arrêtée à l’une ou l’autre des deux enseignes.

Quelle plus belle étude pour les législateurs, pour les souverains, que celle qui leur apprendrait les éléments à choisir, le plan à tracer, la méthode à suivre, pour utiliser les forces de la liberté sans froisser ses susceptibilités, sans provoquer ses révoltes !

La liberté, donnée à la pensée humaine, est un fragment de la puissance divine mis entre les mains de l’homme, sous la garde de sa raison. C’est un bien inestimable ; mais aussi quelle terrible responsabilité ce don divin n'a-t-il pas imposé à la conscience de l’homme !

La pensée humaine, dans sa liberté, est comme ces fleuves puissants auxquels le Créateur a dit de couler et de se répandre, sans leur dire où s'arrêter. A ces fleuves rapides, quand leurs eaux débordent, vous aurez beau opposer les plus hautes, les plus fortes digues, vous n’empêcherez jamais le désastre imminent de leurs débordements,à moins de tarir leur source ou de diriger autrement leur cours. On a pu endiguer la mer, parce qu’elle à reçu, en

tombant dans son immense réservoir, un ordre suprème lui disant de s'étendre jusqu’à certaines limites et de ne pas aller plus loin. Mais la pensée humaine n’a pas eu de bornes mises à son essor, et comme ces fleuves puissants dont je viens de parler, elle ne s'arrêtera qu’en se versant tout entière dans l’immensité de la pensée divine et de l’éternelle vérité.

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