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geance. Ce sont les philosophes du dernier siècle, les réformateurs du siècle actuel qui ont produit cette anarchie dans les idées. À quoi bon la religion, ont-ils dit, pour diriger le monde ? La philosophie, la raison pure, est le seul flambeau digne d'éclairer les générations nouvelles. Que l'Evangile aille rejoindre les peuples morts et ensevelis dans l'ignorance. Tous les politiques, tous les gouvernements qui se sont inspirés de cette philosophie perverse, tous les faux docteurs qui ont assis leurs systèmes sur cette bâse, les ont vus durer un peu moins longtemps qu'eux-mêmes, ne laissant pour tout souvenir qu’un peu plus de confusion et d’incertitude dans les idées.
C’est après cette impuissance de la philosophie que la religion a pu produire quelque chose de stable. C’est après les échecs des politiques que le monde voit paraître, sous l'égide de la papauté, un véritable homme d'Etat qui, avec une sûreté de coup d'œil incomparable, une clarté qui porte sur tous les détails, trace, en s'inspirant des lumières de l'Evangile, un plan admirable de régénération sociale. Quelle page sublime de science politique que la célèbre encyclique “ De Civitatum Constitutione Christiand” Quelle leçon. pour les peuples, quel avertissement pour les rois ! On dirait qu’un souffle inspiré se dégage de ces précieux enseignements. Jamais la parole humaine n’a eu des accents plus sonores, pour indiquer leur voie aux peuples et aux gouvernants !
Jetons un coup d'œil rapide sur ce traité de la politique qui devrait être le code constitutionnel de la société moderne, Le grand Pape, le grand homme d'Etat nous fait d'abord un tableau de ce que devraient être les états chrétiens. Il pose ce grand principe que tout gouvernement, quelqu’en soit la forme, est compatible avec l'existence de l'Eglise. Il impose par là silence à deux classes d'adversaires qui sont aux antipodes. Que de fois n’avions-nous pas entendu la tribune et la presse anti-catholique, se déchaîner contre l'Eglise, parce qu’elle est l'ennemie des libertés modernes. “Ce que l'Eglise désire, disaient-elles, c'est de retourner à la féodalité du moyen-âge, c'est la théocratie, c'est le règne des prêtres.” Malheureusement, il s’est trouvé dans le monde, surtout en France, une école qui a fortifié, sans le vouloir, nos ennemis dans cette croyance. Des catholiques pleins de zèle,
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