‹ Le Jubilé pontifical à l'université Laval [microforme]Chapitre 33 sur 34 · PAPAS · texte numérisé non relu

PAPAS

animés des meilleures intentions, prétendaient que la divine constitution de l'Eglise n’était pas conciliable avec le système de gouvernement de la multitude. Léon XIII déclare dans son encyclique Dei TImmortale “ que tous les chefs d'Etat doivent “avoir les yeux fixés sur Dieu, souverain modérateur du monde, et, dans l’accomplissement de leur mandat, doivent prendre exemple et recevoir leur loi de Lui.”

“ Le droit du commandement n’est d’ailleurs en lui- :ème nécessairement lié à aucune forme politique. Il peut légitimement revêtir celle-ci ou celle-là, pourvu qu’elle soit réellement capable de servir l'intérêt public et de procurer le bien général. Mais, quelque soit la forme du Gouvernement, tous les chefs d'Etat doivent avoir le regard fixé sur Dieu, souverain modérateur du monde, et dans l’accomplissement de leur mandat, prendre exemple sur Lui et recevoir de Lui leur loi.” Puis rappelant les idées exprimées sur cette question par ses prédecesseurs, et comme pour faire disparaître toute ambiguité et toute interprétation officieuse, il ajoute, avec cette clarté de langage qui lui est particulière : “ Aucune de ces sentences, au- “ cune de ces décisions, si on veut les interpréter sainement, ne “ proscrit en soi telle ou telle des différentes formes de Gouver-

ce

nement, en tant qu'elles ne renferment aucune contradiction avec la doctrine catholique et que toutes, si elles sont appliquées avec sagesse et avec justice, peuvent garantir la pros- “ périté des Etats.”

Il n’est pas moins lucide, lorsqu'il définit les limites de l'Eglise et celles de la société civile. Il ne veut ni asservir l'Eglise à l'Etat, ni l’inféoder à aucun parti, à aucune organisation politique. Ces deux sociétés sont souveraines, chacune dans la sphère d'action qui lui est propre. Ces deux pouvoirs ne doivent pas se combattre, mais s'entendre dans la réciprocité de leurs devoirs et de leurs droits respectifs. Il y a entre eux des accommodements et des lois d'harmonie que la parole autorisée du Pontife homme d'Etat précise admirablement,.

Léon XIII à des vues admirables sur la question tant débattue de la tolérance en matière religieuse. Après avoir hautement revendiqué la prééminence de l'Eglise Catholique, il s'élève avec force contre l'Etat qui confondrait dans une indifférence voisine

ce

Page 1