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de l’athéisme la religion catholique avec les autres. Et il ajoute : “ Néanmoins, l'Eglise ne condamne pas les chefs de l’Etat qui, en “ vue d’un bien à atteindre ou d’un mal à empêcher, tolèrent “ dans la pratique que les divers cultes aient leur place dans “ l'Etat” Je ne veux pas aller plus loin dans l'analyse de cet admirable document qu'on voudrait citer en entier.
Léon XIIT s’est élevé au premier rang des hommes d'Etat et des diplomates. Il égale les mieux doués par son esprit fin et délié, et il les surpasse tous en autorité. Il est de la race de ces diplomates de l'Eglise qui ont tenu tête aux empereurs d'Allemagne ; il est de la lignée de ce Consalvi qui arrachait à Napoléon, vainqueur de l'Europe, les libertés concordataires qui assurent le libre exercice du catholicisme en France. Il est hors de pair comme homme d'Etat. Les chancelleries du vieux monde n'ont que des intérêts secondaires à surveiller, comparativement à ceux qui préoccupent le grand Pape. Ici, ce sont les catholiques d'Allemagne, persécutés depuis des années par les lois du Xulturkampf, qui, sous sa direction, vont à la conquête de leur liberté que le plus puissant ministre de l’Europe leur avait enlevée. Là, c’est la France— je devrais dire le Gouvernement de la République française —qui a fait de la persécution religieuse et de la pratique de l’athéisme un engin de popularité, qu’il faut ménager pour qu'il ne déchire point le Concordat et n’aggrave pas la position déjà si malheurense du clergé. Sa sollicitude s'étend partout où il y a un groupe des trois cents millions de catholiques qui l’aiment et le révèrent. Aux Etats-Unis, nous l’avons vu intervenir entre les Chevaliers du Travail et leurs patrons, se faisant accepter comme arbitre dans une des questions les plus épineuses qui pût s'offrir à l'attention d’un homme d'Etat. Nous l'avons vu ouvrir des négociations avec les souverains de la Chine et du Japon, pour étendre le protectorat de l'Eglise sur les fidèles de ces lointaines contrées.
Et sa chancellerie n’a pas à ses ordres des centaines de mille bayonnettes pour l’appuyer ou le défandre. Son prestise est tout moral et n’en est que plus grand, parce qu'il s'inspire de considérations qui dominent de toute leur hauteur les intérêts des royaumes de la terre. Il est l'autorité morale la plus haute, la plus majestueuse, la plus écoutée de l’univers. Aucun souve-
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rain, nul homme d'Etat, nul chef de religion n'aurait pu tenir le langage de l’encyclique sur la constitution chrétienne des Etats. Cependant tout ce qui est ami de l’ordre et de la raison, de l'Orient au Couchant, du Nord au Midi, s’est incliné devant sa parole et n’a trouvé rien à reprendre aux doctrines qu’elle expose.
Inclinons-nous à notre tour devant cette autorité qui tire sa force de Dieu même, de l'existence vingt fois séculaire de l'Eglise, et du caractère, des talents supérieurs, du génie dont le ciel a doué ce Pape immortel et ce grand homme d'Etat. Inclinons-nous devant sa parole et suivons les conseils de celui dont la sollicitude s’est étendue jusqu'aux fidèles du Canada, jusqu’à cette grande institution sous les auspices de laquelle nous sommes réunis ici ce soir, institution fondée et maintenue au prix de tant de sacrifices et qui ne se propose qu'une chose : l'avancement et la prospérité de la patrie canadienne par l’enseignement chrétien des lettres et des sciences.
Suivons aussi les conseils qu’il donne aux catholiques de l'univers entier: “ Unissez-vous pour résister à vos nombreux ennemis.” Les catholiques d'Allemagne l'ont écouté, et ils ont triomphé. Les catholiques de France, qui seraient si puissants s'ils étaient unis, sont restés divisés et sont débordés par leurs ennemis. On est porté à verser des larmes, quand on songe que, sans ces malheureuses divisions, la liberté de l'Eglise aurait été restaurée avec gloire, et qu’au lieu de ce bonheur nos frères subissent les brutalités d’un récime qui ne veut de la liberté de conscience que pour ceux qui n'ont aucune croyance.
Profitons de cette triste expérience. Ecoutons un homme qui s’y connaît aussi bien dans les affaires de ce monde que dans celles du ciel. Que les catholiques du Canada soient unis, les fidèles autour de leurs prêtres, et ceux-ci autour des évêques. Notre union parfaite serait l’offrande la plus précieuse que nous pourrions donner au Saint Père. N'oublions pas que cette union
signifie “ l'union de l'Eglise et de la civilisation,” cet objectif élevé
de la politique du Grand Pontife, la note dominante de son œuvre, le programme de sa vie, et le testament qu'il laissera à ses successeurs,
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