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cmmstmcm. Mais-, ahm aei ^&^mi véM.&h% ytpflicsàiom a^a r<i)|)por-. tunitA dé<504ilait.d'uiii plan aj?FQté d'a^auee. Oia ae, sauçait admettre; qu'il ait inauguré eu Gaule uue eutreprise partifiulièreiueut difficile s'il n'avait, ^u le dessein de; smoiv à quoi s'en tenir su p les ressouEces dej tout Vem^imy, dessein que: l'ins;eription d'Ancyre met si Men en lumièrey et, qui esi d!ailleua?s attesté par deux textes* qui se corroborent; et au laesoin; s'e-xpliqiienferoutuelllemftBl En l'an 111/10 av. J.-C.,, «f Auguste fî<t le, recensement, recensant- tout ce dont il avait la disposition, comcne ©Et fait; un particulier quelconque,, et il fit le; triage: du Sénat (1). ».."
Aaiguste agit comime un particulier, c'est-à-dire qu'il traite; l'empire comme un; particulier ad'miiQdstreratt sa fortune,, et c'est bien comme prine® investi dfu droit de censure, qu'il lait le triage; du séaat^ Or lacite a j).a:rlé,. au débutidu règne de Tibère;, d'un mémoire d'Auguste lu au sénat :, « quj: cpntenait l'inventaire; deS) ressjourGes de l'empirey le noimbre desi *citoyenS' et des alliés: en armes, celui des flottes, des ro^yauimes, deSi iprovinxîes, l'état de» tributs ou des redevances!, des dépenses, obligar^ toires et les libéralités. Tous ces détails, Auguste les avait écrits de; sa Inam; (2) )).,
Pour arriver à ce- magnifique' résultat, Auguste a dû. donner bien, des ordres^ m'ais enfin il y eut un jour où ee projet germa dans; sa pensée; et ©à il manifesta son intention de l'aGcomnlir. Sv bue: avait donc le droit de parler d!un décret^ encore que peut-être il n'y eut pas sur e:e sujet un édit ou un sénatus-consulte embrassant tout le monde romain; à la fois;: du moins on n'en a aucun indice sauf ce texte même de Lue. qui ne vise assurément pa;s: à la précision juridique). Le décret, ou selon le sens prifm!iti& du. mot éogumoi, le; dessein arrêté exista donc, sùremient, dans la. pensée de rempeceur et sortit ses eiîets.. Le cas de^uiriaius en fut une application. L'empereur ne pouvait songer à opérer lui-même ee recensement die toutes les pro;vi:nces. 11. en chargeait les gouverneurs. Geux-ci, à leur tour, envoyaient, dans les villes soit des officiers, soit quelques-uns de leurs propres compagnons (comzVes).' Quirinius: était naturellement eliargé du recensement en Syrie. La Judée, sans être destinée à diemeurer directement sous ses ordres, entra dans l'empire; par l'entremise de ce haut fonetionnaire, qui se chargea par conséquent du recensement, sauf à déléguer Goponius pour le détail. Ge n'est pasi seulement Josèphe qui parle du; recensement de Quirinius, c'est aussi saint Luc (ii, 2), quel que soit le sens de sa phrase, et l'épigraphie a fourni une preuve du même fait pour la Syrie.
(1) Dion, liv, 35 ,s.
(2) ÏAC, Al, I., I, XI, Irad. Goelzer.
LE KÊdÊffSÉMÊNt fiË LA. H^DÉË. %i4
De (îette ittscriptiôô:^ la pfemièpéi partie avait été ptfbliée en 1674, mais était demeurée très suspecte, en particulier à Mommséft. Les dôuies se soiît tus quasd on a publié éû 1880 la seconde partie, la plus considérable. Touit en se rétractant, le grand historien de Rome n'a pas dissimulé sa mauvaise humeur contre un texte q^iii a le tort de ne paâ ressembler anx autres, ce qui Itii permet de nous appreiadre su* qjuelles personnes portait le recensement. En. effet Û. AemitiiïS Secùndus lïous^^ dit comment, officier déi P. Sulpicius Quirinitiâ, il a été chargé par Itii de faire le cens d'Apamée (en Sycïe) où il trouva 117.000 individus eitoyens. Ainsi qiue t'a noté Mommsen, il s'agit de toutes l'es persoïiues, hommes, femmes, enfants, regardés comme citoyens d'Apamée sur sou terïîtoire. Les esclaves étaient rangés dans la eatégoïie des biens. Ge qu'il appelle un cêïis n'a donc plus rien du cens des eitoyens romainSj c'est celui qui aurait pu être appliqué à Joseph, à Marie, à Jésus enfant. Dan^ queEe année a eu lieu l'opération à laquelle Secuaidus a pris part, c'est ce qu'il ne nous a pas dit (1).
Comme Josèphe le note expressément,' Quirinius fît le receiTsemerit en Judée; il n'est pas question des domaines d'Antipas ou de Philippe^ C'étaili le signe sensible de la main-mise par Rome stij^les; personnes et ^ur les biens. Déjà Pompée avait soumis les Juifs au Iribut.. César les en avait dispensés. Cette fois on ne pouvait se faire d'illusion. La main qui avait frappé, puis s'était faite plus douce, s'appesantissait définitivement sur ïe pays. L'empereur Auguste avait exigé un serment de fidélité des Juifs, m<ais ne s'était pas inquiéM de lieues Meus. Le recensement par lui-mëmé a été exercé longtemps? en Fran^'esans la moindre difficulté. La suscepti-^ biii^éî s'inquiète lorsqu'il fauit faire une déclaration! de sa fortune en vue 4e rimp6t sur le; reveïiu.
Chez les Juifs cette! cause de mécontentement n'était pas^ accompagnée de l'appréhension du service militaire --- qui sanis; doute fut surtout Odieux aux Gaulois, — puisqu'on les en dispensait, mais elle s'aggravait singulièrement d'un scrupule religieux. On était donc â la diserétion d'un pouvoir païen, qui serait peut-être tenté de renouveler la tentative d'Antîochus Épiphane-, du moins de pMever les dîmes pour éoffi compte... Que ne
(1) L'inscription en fac-similé dans le CIL, III, Suppl., I, n° 6687, avec le commentaire de Homtïisen. Voici le texte d'après Dessau [Insc. lat. sel.) n" 2683 :
Q'. Aemilius- Q; f. Pal. Secundus' (irij castris divr Aug. s['m5] P. Sxilt)i[6]id^ Quirinio lég[œfo] G[ct]e8aris Syriaehoiioribiiis décoratus, pî[a]efect. cohort; Aug. I, prfflij'éfécit. coEort: Il classicae; idem iussu QUirini censum egi Apameiiae' civitatis millium Môraîn. ciVïilM CXV^IÏ; idem mi'ssû' Ouirini adVersus Ituraeos' irt Èibano monte castellum eorum cépi; et ahte miiit'iara praefect. fabrum delatus a duobus cos. ad* aerarium, et iii colonia guaest'or, aédil. ïï, duumvir II ponti-^ fexs. Ibi positi sunt Q. Aemilius Q. f, Pal. Secundus f. et Aemilia Cbia lib. H. m. âmplius h. n. s. .- La dernière clause est obscure : ce monument ne suit pas l'héritage, c'est courant • >mais pourquoi amplius ? '
pouvait-on soupçonner des intentions de pouvoir quand il aurait mis la main sur tout (1)?
Le joug financier d'Hérode avait paru intolérable. Encore connaissait-il les habitudes du pays. Habitués à fixer eux-mêmes leurs dimes, dont le sacerdoce n'était guère en état d'exiger l'acquittement, faisant paître leurs troupeaux dans un désert sans limites, ici l'hiver, là l'été, jamais oublieux de jleurs libres allures d'anciens nomades, les Juifs allaient être obligés de compter leurs oliviers et jusqu'à leurs plants de vigne, pour alimenter un trésor dont le premier emploi était le culte des dieux, puis des jeux somptueux et idolâtriques, en tout cas sanguinaires. Ce serait pire qu'au temps d'Hérode.
Prévoyant un mécontentement général, Quirinius eut l'habileté de s'appuyer sur le sacerdoce. Josèphe avait attribué à Archélatis la déposition du grand prêtre Joazar, fils de Boéthos, accusé de pactiser avec les révoltés, c'est-à-dire avec les ennemis de la maison d'Hérode (2). On est étonné de le trouver en charge à l'arrivée de Quirinius. A moins de conclure que Josèphe a tout brouillé à quelques pages de distance, on doit supposer que ce Joazar figurait parmi ceux qui auraient préféré la domination romaine à celle d'Archélaûs. Il était assez naturel que Quirinius lui rendit le pontificat, et de fait il s'employa assez activement à faire cesser la résistance : « Persuadés par ses paroles, les Juifs déclarèrent leurs biens sans plus d'hésitation (3) ».
ils n'en surent pas moins mauvais gré à celui qui s'était fait l'agent docile de l'étranger, si bien que, l'opération terminée, Quirinius, beaucoup plus remarquable par ses talents militaires que par sa tenue morale, le sacrifia au soulèvement des Juifs (4) et le remplaça par Anan, fils de Seth, qui inspirait plus de confiance aux nationalistes et dont la politique pru- - dente fit la fortune ainsi que celle de ses enfants : une nouvelle dynastie sacerdotale remplaça celle de Boéthos.
(1) Ùlpien [Dig. L, 15, 4) de censibûs indique le règlement du m» siècle, mais dont les bases furent posées dès le début : forma censuali cavetur, ut agri sic in censum referantur: nomen fundi cuiusque, et in qua civitate et in quo pago sit, et quos duos vicinos proximos habeat ; 'et arvmi, quod in decem annos proximos satum erit, quot iugerum sit; vinea, quot vîtes habeat; olivae, quot iugerum; pascua, quot iugerum esse videantur; item silvae caducae; omnia ipse qui defert, aestimet.
(2) Anl.,XWtt, xiii, 1. ,
(3) Ant., XVUI, I, 1.
(4) C'est l'explication qui nous paraît décidément la plus probable, contre ce qui a été dit {RB., 1911, p. 74). On ne peut supposer deux loazar, car celui que déposa Quirinius était fils de Boéthos comme celui que déposa Archélaiis. Dans un autre passage son père qui n'est pas nommé ne peut être que Simon, beau-père d'Hérode, mais lui-même fils de Boéthos. Fils de Boéthos désigne donc à propos de loazar une lignée plutôt qu'une filiation directe.
l'apparition DES ZÉLOtES. 213
§ Jp. — Première insurrection. Les Zélotes.
La déposition du grand prêtre, ou la dynastie de Boéthos plus docile aux influences étrangères remplacée parla maison de Anan, avait été une concession de Quirinius à l'opinion nationaliste modérée.
Une opinion extrémiste s'était violemment fait jour, allant jusqu'à la révolte. Son chef fut Judas le Galiléen. Ce surnom à lui seul prouva qu'il était étranger là où il prêcha l'insurrection, c'est-à-dire dans la Judée, car la Galilée n'était pas assujettie au recensement. Ce Judas n'est cependant pas le même que Judas, fils d'Ézéchias, qui s'empara de Sépphoris en Galilée après la mort d'Hérode (1). Car le second Judas n'était Galiléen que dans le sens large dont se contentent ceux qui sont loin, étant né à Gamala dans la Gaulanitide (2), mais juste en face de Tibériade.
Il entraîna les Juifs à un soulèvement, Josèphe le dit expressément, et, s'il n'en fait pas connaître les conséquences pour sa personne, saint Luc, en parfaite harmonie au début avec l'historien juif, dit que Judas le Galiléen, aux jours djj. recensement, entraîna le peuple derrière lui et périt dans la bagarre, tous ses partisans s'étant ensuite dispersés (3).
Certes le pays était habitué à ces insurrections, vaines tentatives, plus ou moins promptement réprimées. Cette fois cependant ce n'était point une impulsion passagère, un caprice, l'élan donné par un chef courageux ou un fier-à-bras. Judas était plus que cela : il posait un principe, en termes plus absolus que par le passé, et dont l'action devait être toujours plus énergique, et plus répandue dans les masses. On avait essayé de tous les maîtres, on avait subi tous les jougs. Il n'en fallait plus d'aucune sorte, de maîtres humains s'entend, car on voulait obéir à Dieu, et pour le mieux servir n'avoir pas d'autre souverain. Quand tout était désespéré, on avait un dernier refuge dans le secours de Dieu, qu'il fallait obtenir en secouant d'abord le joug. Judas, dit Josèphe : « excita à la défection les indigènes, leur faisant honte de consentir à payer tribut aux Romains et de supporter, outre Dieu, des maîtres mortels (4) ».
Ce n'était pas une raison pour qualifier Judas le Galiléen de sophiste très habile, de chef d'une quatrième école de philosophie. Quand il s'agit de définir cette secte, Josèphe affirme tantôt qu'elle n'a rien de commun
(1) Contre Schuker I, 486, sicherlich identisch, ce que nous avons jugé probable dans RB., «91 i, p. 75 s.
(2)~ Ant., XVIIJ, 1,1.
(3) Act., \, 37.
(4) Bell, II, vm, 1.
avec les autres (1), tantôt qu'elle s'accorde en général avec la doctrine des Pharisiens (2).
C'est avouer qu'elle n'avait rien en propre, comme il le dit encore, qu'un extrême esprit d'indépendance. Par U les partisans de Judas ressemblaient aux Gyniqiies, mais ils n'avaient pas leur indifférence ponr les intérêts de la cité. Bien au contraire, nationalistes farouches, ils confondaient les intérêts de Dieu avec ceux de la nation.
Attachés, comme les Pharisiens, à la religion et à la Loi, ils profes-^ sajent en outre que c'était les trahir que de servir des maîtres étrangers. Jpsèphe, si embarrassé pour en faire une école de philosophie^ a parfaitement compris leurs tendances et leur rôle. U en jugeait d'après le résultat qu'il avait eu sous les yeux, et peut-être n'a-t-il jamais été plus clairvoyant que lorsqu'il a vu dans l'entrainement croissant du peuple vers ces opinions extrênies la cause de la catastrophe finale. D'autant que ces anarchistes, quand ils ont tenu le pouvoir, se sont montrés les plus sanguinaires des tyrans, indomptés dans leurs caprices de souverains comme dans leurs aspirations à la liberté nationale.
Judas s'était adjoint un Pharisien, nommé Saddoq. Us faisaient espérer l'intervention de Dieu : « De là naquirent des séditions et des assassinats politiques, tantôt de concitoyens, immolés à la fureur qui les animait les uns contre les autres et à leur passion de ne pas céder à leurs adversaires, tantôt d'ennemis »... Judas et Saddoq « remplirent le pays de troubles immédiats et plantèrent les raçtaes des moeurs qui y sévirent plus tard... c'est la faveur de la jeunesse pour leur secte qui fut cause de la ruine du pays» (3). ^ " ^'
C'est à cette dernière période du mal que l'on nomma Zélotes (4) ces partisans animés de «èle pour le Règne de Dieu, un règne qu'ils prétendaient hâter par la violence, la satisfaction de leurs appétits, une domination tyrannique, et aussi par un courage intrépide, le mépris des supplices et de la mort, Èes descendants de Judas le Galiléen se moutrèrent fidèles à son esprit et héritiers de son génie de l'insurrection.
A Masada, dernier abri de l'indépendance, le chef était « Éléaz?ar, descendant de Judas qui avait persuadé à tant de Juifs de ne pas subir le recensement lorsque Quirinius fut envoyé comme censeur en Judée » {5)1
(1) Bell., II, Tin, I. ,
(2) Ant., XVIII, I, 6.
(3) Ant., XVIII, I, 1.
(4) Bell.. IV, ni, 9 s.; V, 1; VI, 3; VII, vm, 1. A l'époque antérieure le mot î;yiXwt^ç fut. sûrement susceptible d'une acception plus noble, au sens de zélé pour la religion {Le, vi, 15 ; Act., I, 3), comme aussi dans Sanh., ix, 6. L'hébreu N*J^ est en araméen ^^Jf^^ï?
d'où KavavKïo; {Mt., x, 4; 3Ic. m, 18).
(5) Bell., VII, MU, 1.
LE 'RieWÉ îBËS PRÔCmA^TEU'R'S. '21^
Tant «e souvetik était demeura euisant, et le poiniît de départ de la hame BatioBale. Alors les Zélotes se n#mTnaieiiît aussi iQBMceiwes, ou oomïné ' on dirait les chevaliers du poigBard, tofujours p^rêts à se débarrasser d© l^iirs a d ve rsaîres par un meu rtre rapide et impiré vna .
•ALinsî les germes de réTO'llîe déposés -lors du recensem=ent jug cessèrent èe se développer jusqu'à t'-explosion fatale. Cette incubation dura nnne Boixan1ain« d'iannèes. Le régime de la Ju-dée était de na^ture à coimfeaifrlre de SI peraîcîeux effets dans «ne situation normale, mais il se trouva impuissant à assoupir une lutte de plus en plus acerbe entre le nationalisme juif et Tantorité romaine. Gomme il était inévitable, l'intolérance des Motes provoqua la rigueur des procurateurs, et la répression surexcita la passion révolutionnaire.
§ 5. — Le régime des Procumteurs.
ârchélaus destitué, Auguste avait pensé que la meilleure so^lu^ion, ■celle <juî donnait satisfaction aux vœux des Juifs exprimés dix ans auparavant, «t qiii exigeait en somme de l'Empire le moins de sollici-tude, était de confier l'administration directe à un gouverneur romain. Depuis longtemps ■Rome avait commencé d'acquérir des royaumes entiers qui devenaîent provinces romaines. Le sénat les avait d'abord confiées à des préteurs (1|. Mais le nombre des préteurs ne pouvant croître indéfiniment, il les fît administrer par des préteurs sortis de cbarge [pro praetore) ou même par €'^âneietts consuis {pro consule). Après le temps des guerres civiles où les proTÎnces furent, on peut dire, mises au pillagepar les maîtres de l'beui^e, Auguste revint à l'ancien ordre de choses avec cette importante innova-. iion qu'il divisa les grandes provinces en provinces dont la surintendance appartenait au sénat et dont le gouverneur, proconsul, n'avait pas à sa 'disposition des légions, et en provinces impériales, dont le gouvernenr, légat d'Auguste propréteur {lecjaUis Augtisti pro praetore) commandait une ou plusieurs légions. La Syrie ëtail; une province impériale.
Mais il ne parut pas opportun de lui annexer la Judée et la Samarie. Entre les deux pays se trouvait la Galilée, dont Hérode était le tétrarque, et l'on connaissait fort bien à Rome la situation très délicate que créait pour tout administrateur la religion des Juifs, unique dans l'empire par sa répugnance atout compromis, et d'ailleurs reconnue par de nombreux actes émanés de Gésar ou de ses partisans et d'Auguste lui-même. Il restait de faire de la Palestine une circonscription particulière, sans lui donner le rang de grande province que son peu d'étendue ne comportait
(1) Art. Provîncia, par V. Chapot dans le Dk tiomiaire des Antiqmtês.
pas. D'ailleurs ce n'était point créer pour elle une catégorie spéciale. Il existait une troisième classe de provinces (1) que l'empereur administrait non point comme proconsul mais comme prince. Il y nommait un préfet (sTCapxoç) ou un procurateur (sTcirpoTco?). Le premier titre devint officiel et se perpétua pour l'Egypte, qui avait un tempérament spécial avec une grande étendue. Celui de procurateur (2) prévalut dans les autres cas. C'était le nom qu'on donnait aux agents financiers de l'empereur, appartenant à l'ordre des chevaliers romains, qu'il envoyait même dans les grandes provinces mais comme subordonnés.
Dans les petites provinces, le procurateur, en principe, détenait le pouvoir souverain et ne dépendait que de l'empereur. Mais comme il n'avait pas de légion â son service, il était nécessairement* obligé de recourir dans les cas difficiles à un de ses puissants voisins. Ce voisin, pour la Judée, était la Syrie, dont elle est la continuation, sans limites naturelles (3). On peut donc dire que la Judée était en quelque manière rattachée à la Syrie. Lorsque le légat de Syrie, un très grand personnage, un ancien consul, jugeait à propos d'intervenir, il prenait la direction, mais il n'avait pas le droit de déposer le procurateur à moins d'une délégation spéciale du prince (4).
On ne s'étonnerait pas qu'il y ait eu quelque flottement dans une organisation naissante. Cependant il était des points absolument fixés par le droit. Tout magistrat revêtu de Vimperium avait le pouvoir législatif et judiciaire, jusqu'à infliger la peine de mort (5) et il avait le commandement de la force armée. Son autorité était, il est vrai, dans la plupart des cas, limitée par le respect des libertés concédées aux provinciaux; mais cette foi de la province n'était pas le plus souvent clairement formulée. En fait, le pouvoir du gouverneur était absolu dans les cas particuliers, sous sa responsabilité, et sous réserve de l'appel à l'empereur.
L'armée romaine se composait des légions, recrutées parmi les citoyens romains, et des troupes auxiliaires. Le procurateur, avons-nous dit, n'avait à sa disposition que des troupes auxiliaires, cohortes d'infanterie,
(1) Strabon, XVII, 3, 25 (p. 840) e'.ç à; pièv iréiJ.TCti toùç £nt[AEXviTO[Ji.£Vouç OreaTt/.oùç àvSpaç, eîç aç 8è (7TpaTï)Ytxoùç, sîi; élç 5è xal iTCTttxoûç.
(2) Le titre d'i^yeif o&v (en latia praeses) employé par le N. T. est une désignation vague comme celle de gouverneur.
(3) Avant la grande guerre, la Syrie formait un très grand vilayet dont la Palestine était distincte, ayant à sa tête un mutessm'if dépendant directement de la Sublime Porte.
(4) Josèphe a conclu de celte situation, 'tantôt que la Judée formait une province [Bell., II, ,vin, I) : TTÎ? 8è îVpxeXàou x^^P*? ^^? èîiapx'av •nspiYpaçe'iïi? èiriTpoTio; Tvjç (itmx^i; napà 'Pt<)(xatotç tàÇetùç KwTcwvtoç 7r<£{xïceTai, tantôt qu'elle avait été rattachée à la Syrie (in<., XVllI, i, 1) parce que Quirinius y intervenait : napriv ôè y.ai Kyptvio; eîç triv 'louSaïav irpooôïixYiv t^; Supia; ysvofxévïjv.
(5) Noté par Josèphe {Bell., II, viii, 1) [iiéxpi loù xteîvetv.