‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 105 sur 198 · XII, VI · texte numérisé non relu

XII, VI

que Qairinius n'avait pas mal disposé G. Césap coatre lui comme avait fait Lollius (1), mais toute cette afîaire lui avait déplu; il pouvait excuser Quirinius, les; héritiers de celui-ci crurent plus sage de se taire d'un fait qui avaii laissé de l'amertume au cœur du Maître. Autre objection : Quirinius était de Lanuvium. Pourquoi l'inscription qui est un elogium ■sepulcri a-t-elle été trouvée à ïibur?

Enfin Mommsen concède qu'il n'y, aurait pas d'autre exemple de la même province donnée deux fois au même personnage; on ne doit donc «idmettre ce cas lui-même que s'il est évident. Or Josèphe, quand il parle de l'arrivée de Quirinius après la déposition d'Archélaiis, ne suppose pas du tout qu'il ait déjà rempli cette charge (2). L'inscription ne dit rien de semblable clairement, car. les mots : legatus pr. pv. divi Augusti iterum Syriam et Phoenicen optinuit signifient seulement que le titulaire avait été déjà auparavant légat d'Auguste, mais ne parle pas de la même province ; dans ce cas il y aurait : Syriam et Phoenicen iterum optinuit.

On ne détruit bien que ce qu'on remplace. M. Groag a proposé pour l'inscription de Tibur M. Piautius Silvanus, dont la famille était de Tibur, '«t qui y avait un mausolée. Ce personnage, consul en l'an 2 av. J.-G. fut bien proconsul d'Asie. Velléius (H, 112, 4) dit qu'il amena des troupes d'au delà de la mer contre les Pannoniens révoltés. En l'an 7, il était ■déjà dans l'Ulyricum où il fit une brillante campagne, à la suite de laquelle il reçut les ornamenta triumphalia, et il triompha à la suite de Tibère, en l'an 13 ap. J.-C. Au lieu de placer le proconsulat d'Asie de 4 à 5 comme la Prosopographiaj M. Groag le recule jusqu'à l'an 6 à 7. Les troupes qu'il amena en Occident furent sans doute des troupes syriennes : il est probable qu'il les avait déjà commandées. Si l'inscription de Tibur se rapporte à lui, il aurait donc été légat de Syrie, soit avant, soit après Volusius 4/5. Bien plus ce M. Piautius Silvanus serait celui dont parlait Agrippa (3) dans une lettre aux Ephésiens citée par Josèphe [Ant., XVI, VI, 11)', il était alors préteur.

Cette thèse est séduisante. M. Groag ne la donne que comme une hypothèse. Nous lui avons proposé de l'amender sur un point.

Si Plauljius Silvanus a été légat en lilyricum après avoir été légat en Syrie, on ne comprend plus le mot iterum pour la Syrie, puisque cette légation serait postérieure à l'autre. A moins de supposer une troisième légation pour laquelle le temps manquerait. D'autre part les armées Conduites par Piautius Silvanus en lilyricum, venues de l'Orient, indî-

(1) Tac, m, xLviii : laudavU (Tibère) [in. se offleiis ei mciisalo M. Lollîo, quem auctorem Gaio Caesari pravitaiis et discordiarum arguebat. ,■

(2) Ant., XVIII, I, 1.

(3) Le texte n'est pas sûr SiXavw ou ItXouavô.

LES GOUVERNEURS DE SYRIli:. 231

'queraient qu'il les avait déjà commandées comme légat. M. Groag insiste sur ce point (1). Ce scrupule ne nous parait pas décisif. Les légions étaient disponibles, c'est tout ce que l'on peut dire, et on a pu les confier au proconsul d'Asie, même s'il ne les connaissait pas. La guerre de l'iUyricum terminée vers l'an 9, il a pu être chargé de les ramener en Syrie comme légat; il y serait demeuré jusqu'à l'arrivée de Metellus Creticus Silanus en l'an 11/12, On maintiendrait bien entendu son proconsulat d'Asie de 4/5, ce qui laisserait du temps pour l'expédition en Pannonie.

Nous n'avions pas à faire intervenir l'inscription découverte en 1912 par M. Ramsay à Antioche de Pisidie (2). Elle nomme Quirinius, élu ■duumvir d'honneur par la cité, sans qu'on sache si c'est à cause de sa campagne contre les Homonadiens ou à cause de sa mission auprès de G. César. M. Ramsay, il est vrai, a supposé que cette nomination se plaçait entre l'an 11 et Fan 8, de sorte que Quirinius aurait gouverné la Syrie comme commandant des troupes chargé du recensement en même temps que Sentius Saturninus. Ce serait presque lui donner le pas sur un consulaire plus ancien, et cette dualité d 'attributions dans une province est une pure conjecture. D'ailleurs rien ne prouve que Quirinius ait été nommé duumvir à une date si haute. Si ce fut comme rector de G. César, ce fut au plus tôt en l'an 2 ap. J.-C. (3).

Nous concluons donc que rien n'oblige à regarder Quirinius comme légat de Syrie de 3 à 2 av. J.-C, ni les textes de Tacite et de Strabon, ni l'inscription de Tibur qui est plus vraisemblablement celle d'un patricien •de Tibur, probablement M. Plautius Silvanus, que nous placerions <îomme légat de Syrie après Quirinius.

G. Caesar, 1 av. J.-C. — 4 après.

Petit-fds d'Auguste, par sa fille Julia et fils d' Agrippa, le jeune Gains César, âgé de dix-huit ans, fut envoyé en Orient avec les pouvoirs les j)lus étendus, mais avec des rectores, d'abord M. Lollius, puis Quirinius à partir de l'an 3 ap. J.-C. Durant ce temps, il n'y eut donc pas de légat

(1) Communication personnelle pour laquelle nous lui sommes très obligé.

(2) G. Carista[nio]

Page 1