pour ouvrir les yeux des aveugles
. et pour faire sortir les prisonniers de la geôle, . "
du cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.
Telle est la présentation solennelle du Serviteur par lahvé lui-même (3) . Il l'a choisi pour être l'alliance du peuple, c'est-à-dire pour renouveler l'alliance avec son peuple, mais aussi pour prêcher aux iles, c'est-à-dire aux nations les plus lointaines, le Jugement, ou la décision de Dieu, le statut qu'il entend établir. Gontraireoient à ce que fut le rôle de beaucoup de prophètes envoyés par Dieu pour parler hardiment aux puissants et aux rois, comme Élie, Elisée, Amos, Isaïe ou Jérémie, le Serviteur sera envoyé à des aveugles, à ceux qui gémissent dans les ténèbres d'un cachot. Aussi sera-t-il très doux envers .ces faibles, presque entièrement perdus. Il leur accordera la délivrance. Mais puisque l'objet de sa prédication sera la religion , il est clair que cette servitude sera l'ignorance des vérités religieuses qui a pour conséquence ordinaire le péché.
xLix, 1 . Iles, écoutez-moi !
Peuples, de loin soyez attentifs !
Dieu m'a appelé quand j'étais encore dans le sein de ma mère, il m'a nommé quand j'étais encore dans ses flancs.
(1) aKUJ'i suggéré par le Targum. — Ce stique au présent comme un trait permanent de caractère.
(2) Retrancher la lumière des nations avec LXX.
(3) On ne voit pas qu'il soit nécessaire de placer ce morceau après xux, 7, comme fait Condamin.
ÏÏl^ XIV. LES (aUNOS T1B':ÈMES BU JUDAÏSME.
2'., Il a fait de mai bmiçiiQ m glaive aiguisé, il la'a teixu dans l'oajbvQ de sa mm\; il a fait de moi une flèche affiléQ, il m'a caché dans son carquois.
Dans ce petit frag-ment, le Serviteur, présenté par labyé, s'adresse aux lies lointaines. Sa vocation va jusqu'à elles, il ne l'ignore pas, et c'est à elles qu'il s'adresse d'abord; tel un jeune poète, sûf de son g^nie,. adresserait ses premiers vers à la postérité la plus reculée. Mais, comme il arrive si souvent, c'est auprès de lui que sont les pires obstacles qu'il lui faudrait d'abord surmonter. A la vérité,^ Die^u l'encourage ;
xLix, 3. Et il m'a dit:
« Tu es mon Serviteur (1), 'de toi je prétends bien tirer ma gloire. »