II. LA REIIGIOK HELLÉNISTIQUE
etnoa plasen bois ©u eai piearre^ mais réeU et nous te prions. El; d'abord donae-nous la paîXy très cher, car tu es le Seigneur.
Chez les Athéniens où le dirame satyrique suivait la tragédie, l'exagération est si folle qu'on pourrait croire à une bouffonnerie.
Il n'en est pas moins vrai que le culte du souverain devint une chose très sérieuse, et se répandit dans tout l'Orient pour de là être transporté à Rome et devenir une institution légale au temps de César et d'Auguste.
Il parait bien avéré qu'Alexandre reçut de son vivant les honneurs divins (1). On peut seulement se demander s'^il les accepta seulement ou s'il prit l'initiative de les exiger. Le fait ayant son origine en Egypte, le premier mode paraît le ptus probable. Le culte du souverain y était traditionnel; il passait pour une incarnation d'Hbrus. Alexandre sortit de Foasîs d'Ammon avec cette auréole divine. Il la conserva en Asie, et l'éclat de ses victoires le mettant au-dessus des plus célèbres héros grecs, l'honneur rendu aux héros par les Grecs devint facilement une adoration selon le rite égyptien.
Les généraux qui se partagèrent son empire n'avaient pas le même prestige,, et les Macédoniens sur lesquels ils s'appuyaient étaient peu disposés à leur rendre les honneurs divins.
Ce fut naturellement en Egypte que les Ptolémêes, successeurs d'Alexandre et des Pharaons, s'imposèrent le plus facilement au culte. Les dieux adel'phes, Ptolêmée 11 e£sa femme-sœur Arsinoé, sont classés comme dieux vivants dans ïe décret de Gànope (entre 274; et 267 av. J.-C). En Orient, les Séleucides dievinrent aisément des dieux après leur mort. Antiochus II (261-246) est déjà Dieu de son vivant. '
En 204, Antiochus III le Grand institue dans toutes les satrapies delà monarchie des grandes prêtresses qui présideront au culte de sa femme Laodicée; elles porteront des couronnes d'or où sera placé le portrait de la. reine (2)„ à l'instar de ses grands prêtres à lui.
Antiochus IV Épiphane (175-164), le persécuteur des Juifs, était Dieu et Sauveur de l'Asie '(3).
Si extravagant que cela nous paraisse, cette dégradation du sentiment religieux contribua à rendre une nouvelle énergie au paganisme.
Il semble que le polythéisme ne pouvait pas descendre plus bas et qu'il était perdu. Les dieux se détruisaient entre eux, la philosophie leur enlevait tout prestige et ne les soutenait que par un compromis de fortune. Et cependant ils reprirent leur ascendant. Les cultes des cités étaient
., ^t^Siodore Sic, xvm, 60 ss.
(2i) Édit d'Ériza, déeomvert en Phygie en 1:884 par M. MauTiceHoUeaux (5«f?.rf(? Corresp. hellén^'^ ix, 1885, p. 324 ss.), étudié de nouveau ; cf. Débats du 9 nov. 1930.
(3) DiTT., Or. gr. Inscript., n" 223,