IX. LE MESSIANISME DAVIDIQUE
Le psalmiste, soit qu'il prenne ici la parole, soit qu'il parle au nom de Ja personne morale de la nation, moins coupable que ceux qui la dirigeaient, confesse que la prospérité n'est pas une preuve d'innocence ; si les chefs ont été frappés, c'est qu'ils commettaient des fautes secrètes.
Le psaume ii enveloppe dans une seule perspective tous les jugements de Dieu.
L'impie a renversé avec le bélier les remparts qui protégeaient l'autel, es soldats étrangers se sont promenés sans quitter leurs chaussures sur sa sainte esplanade. C'est que déjà le sanctuaire était souillé, aussi bien que les oOrandes. Dieu n'a plus voulu recevoir de dons, et le temple ne comptait plus pour rien à ses yeux. Les jeunes gens et les jeunes filles ont été traînés en captivité, avec une marque sur le cou, insigne de leur esclavage, parmi les nations. Les fils de Jérusalem ont été exposés au déshonneur et aux sarcasmes de tout venant; Jérusalem, naguère parée d'une couronne, se lamente revêtue d'un sac. Tout cela était mérité. Pourtant le châtiment n'est-il pas suffisant? Les païens n'ont point agi par zèle comme des juges, mais en lâchant le frein à leur soif de pillage. Le psalmiste demande à Dieu de les punir à leur tour, et il le demanda sans doute longtemps après leur crime, car sa prière fut aussitôt exaucée :
25. Ne tarde donc pas, ô Dieu, à faire retomber leur faute sur leur tête, à punir par le déshonneur l'orgueil du dragon !
26. Et je n'ai pas attendu longtemps que Dieu me montrât cet insolent percé de coups
sur les montagnes d'Egypte,
au-dessous du dernier des hommes, réduit à rien sur terre et sur mer,
27. son, cadavre porté sur les vagues en grand mépris, et il n'y avait personne pour l'ensevelir.
Ici personne ne pouvait méconnaître Pompée, succombant sans gloire , dans un guet-apens où l'avaient attiré dés traîtres, auprès du mont Cassius, tué en mer, et laissé sur le rivage en attendant les soins funéraires plus que modestes d'un affranchi. Le psalmiste ne lui reproche pas d'avoir violé le sanctuaire, péché moins grave de la part d'un païen que les profanations des prêtres de Dieu, mais l'orgueil insensé qui lui avait fait oublier sa condition humaine. Dieu a donc su rendre une justice parfaite envers tous les pécheurs. Mais s'ils ont été punis pour toujours selon leurs œuvres, il est aussi des justes, qui peuvent tout espérer de sa miséricorde.
Pompée étant mort en septembre 48, le psaume ii doit avoir été composé peu après, sous l'impression de ce revirement prodigieux.
Le ps. XVII récapitule une fois de plus les fautes du passé, leurs causes, les châtiments dont le souvenir est encore cuisant, mais il développe enfin l'espérance. Les Asmonéens ne comptent plus. Sans appuyer sa conviction sur aucun indice tiré de la politique générale, comptant uniquement sur
, LES PSAUMES DE SALOMON. ISvJ
le secours miraculeux du Seigneur, l'auteur voit le salut dans le Messie, promis à la maison de David. Son poème, de beaucoup le plus étudié de toute la collection, est un hymne au règne de Dieu, réalisé dans Israël et sur toute la terre par son représentant qui gouvernera en son nom et dans l'intérêt de sa gloire. Les mauvais, rois, détestables usurpateurs, seront remplacés par l'Oint du Seigneur ; Dieu est seul le vrai Roi. Le thème de son règne, posé dès le début, clôt tout au dernier vers du poème :
Voici cette étonnante méditation historique qui se termine en prophétie (1) :
1. Seigneur, c'est toi qui es notre roi, à jamais et encore, car c'est en toi, ô Dieu, que nous plaçons notre gloire.
2. Et combien de temps dure la vie de l'homme sur la terre? Autant vaut sa durée, autant vaut l'espérance qu'on fonde sur lui.
, 3. Pour nous, nous mettons notre espérance en Dieu notre sauveur,
caria force de notre Dieu .s'exercera à jamais, ensemble avec sa miséricorde. Dieu jugera les nations, et son règne subsistera sur elles à jamais.
4. C'est toi, Seigneur, qui as choisi David pour roi sur Israël, et tu lui as fait serment en faveur de sa race, à jamais, que son règne ne disparaîtrait pas de ta présence.
5. A cause de nos péchés des pécheurs se sont élevés contre nous,
ils se sont imposés à nous et nous ont bannis, eux auxquels tu n'avais rien promis, ils ont pris par force, et ils n'ont pas rendu gloire à ton nom vénéré, 9. ils ont remplacé le rang élevé qu'ils occupaient par la gloire royale, ils ont désolé le trône de David par une orgueilleuse usurpation.
7. Et toi, ô Dieu, tu les renverseras et tu ôteras leur race de la terre, quand s'élèvera contre eux un homme étranger à notre race,