Le Seigoeur lui-même est notre roi, à jamais et encore
Les couleurs de ce messianisme sont si éclatantes, qu'il est inutile de le gloser pour faire ressortir son aspect positif. Il sied plutôt de relever ce qu'il ne dit pas. Dans la situation où se trouve la Judée, après que taiit de guerres, même heureuses, ont tourné à la confusion d'Israël, le Roi de l'avenir ne sera pas un grand capitaine : c'est son Dieu qui fera tout ; lui n'aura qu'à proférer des menaces, à ouvrir la bouche, et les ennemis seront renversés.
Aussi n'est-il pas à proprement parler un homme de guerre. Les Pharisiens renoncent à cet emploi du glaive, si efficace au temps d'Hyrcan V^ pour contraindre les Gentils à la circoncision, et que le livre des Jubilés avait projeté dans le passé jusqu'à le mettre dans les mains des patriarches pacifiques. Le Messie n'eaaura pas besoin; il sera Salomon, plutôt que David.
Le Roi ne sera pas grand prêtre : rien ne le suggère. Le sacerdoce étant complètement en dehors de la perspective, on ne peut pas dire non plus qu'il disparaîtra. Et si la Loi n'est pas nommée davantage, ce n'est pas un indice qu'elle doive cesser d'exister. Les institutions divines, organes du règne de Dieu, continueront leui' cours.
Le Roi ne régnera pas en son nom, mais comme l'agent du règne de Dieu, seul Seigneur et Roi d'Israël : il n'a donc en lui aucune participation spéciale delà nature divine. Hautement favorisé des dons de Dieu, il s'en servira surtout pour instruire et pour juger : c'est l'idéal d'un docteur, consommé en sagesse, juge impartial, qui sait tenir la parole dans les assemblées des saints, presque un docteur de la Loi couronné.
li n'est point Dominateur des nations au même litre que Roi d'Israël.
(1) On croit que les saints sont les anges, mais ce n'est le sens dans l'A. T; que lorsque le contexte l'indique. Ordinairement ce sont de saintes personnes. Et les peuples sanctifiés ne peuvent être les anges. L'auteur regarde donc les paroles du Messie comme une expressionexcellente de ce qu'on dit parmi les saints, dans sa confrérie.
H est vrai que dans les psaumes de Sal. les saints sont constamment ôsiot, mais on trouve aytoi dans notre ps. xvii, 32.