‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 97 sur 198 · X, HÉRQDE I · texte numérisé non relu

X, HÉRQDE I

d'autant qii 'il Be dèfitrit ée la tendresse d'Hérode pour ses autres JQIs^ et de i^affection qu'il commençait à témoigjner aux enfants des fils de Madamme. Sem séjour à Rome lui permit de {contiauer â «omploéter aivjfîc î*àéi?aras; dl lui fournissait un alibi pour le ^joxip ©ù le crime serait 'Consom:mé,

Mais l*;héporas mourut; on affecta de le croire empoisonué. Tortua^es, im- "dicesiou«h'es. rOn dénonçait un certain iiorinthios, qui ne px>uvait être qu'un comparse , et les soupçoiis du roi ooiatre Antipàter se ehau^èrenit en «îertitude , iorsqu'on lui eût ^montré le reste du poison fatal à l*héroras, qui devait servir à l'empoisonner ini-îmème. Enfin, pouriètre plussiûrd© îson coup, à;ntipriter en envoyait un autre de Rome. îFixe désormais, et pour mieux assurer isa vengeaTMîe, Hérode n'ébruita rîen jusqu'au jour où Antipàter serait a sa discrétion à son retour de Rome (fin de l'année ^a?v. J..-C.)-;(d^.

Cependant il renvoya de la cour Doris et la seconde Mari anime dont àe lils Hérode fut a^ayé de son testament, et dont le beau-père Simon fut Tempiacé comme ^.and prêtre par Mattbdas fils de Théophile, originaire de Jérusalem, mais d'une famille obscure,

§uand Antipàter arriva., Hérode Ikccusa devant le gouverneur de Syrie êP. Quinciilius yarus, et fit soutenir ses igriefs par Nicolas de Damas. JSCosant mettre Ik mort sans permission celui qui était désigné pour son «uccessenr, il len référa à Auguste., liii dénonçant en même temps Acmé, esclave |uive deiiivie, qui avait calommé sa sœur ;Salomépour l'entraÉuer dans la ruine d'Antipater.

Géiàe dennière année dTiHérode fut aéroce {È\). 11 tomba malade, d'nn m^al qui évolua assez rapidemerit, et qui iut peut-être une crise de ^ diabète ;(B^,

On était en hiver, la température plus douce de Jéricho parut indiquée. Déjà les Pharisiens, devenus les adversaires irréconciliables d'Hérode, croyaient -toucher à la délivrance. Deux maîtres très écoutés, Judas fils<de Saa?iphaios et Matthias fils de Margalothos, enâammèr©nt le zèle de leurs élèves, enleurrappelani les violations de la sLoi par le tyran. Au iemple

(1) Les enquêtes ont-elles pu rester secrètes durant les sept mois que compte Josèphe (4ni., :XVII, IV, 3) ? Otto récuse ce chiffre. Josèphe qui a conscience de rinvràisemblance le rriain- -tien't -cependant et l'explique par la crainte du roi et la -haine générale contre A;ritipaler, ce qui est plausible. Doris aurait tout bravé pour prévenir son fils,, mais Hérode avaitparé Je coup -en mandant à Antioater qu'il avait eu à se plaindre de sa mère, mais que tout s'arrangerait à son ixetour. Encore prit-il soin d'intercepter les lettres de Doris.

{2) Bell., l,xsxm;Ant., X\l,\i, vil, \m.

(3) Otto dit « cancer des intestins ». Deux médecins très distingués pratiquant enlPalestine, -ne voient rien d'invraisemblable dans les symptômes {BelL, I, xxxiii, 5; Ant., XVil, vi, 5) m:ème iles vers, mais il est difflcile de les rattacher à une cause unique : une crise du cœur, une "Cirrhose du foie expliqueraient certains symptômes.; le idiabète serait le plus vraisemblBble comme cause générale.

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même qu'il avait préteiadïi éïeyev â la gloire de Dieu, il avait fait mettra au-dessus de la grande poile un aigle d'or, infEaction positive à la loi qui défettd de reiprésenler aucun oèjet vivanl.

Peut-être cet aigle avait-il été placé récemment (1), du Men le déeês prochain d'Hërode parat propice. D'ailleuTS, disaient les docteurs, on peut i)raver la mort quand on est smr de rimmortalité. En plein midi l'aigle fut abattu, et aussitôt les impraidents aippipéfeenid'és avec leurs maîtres qni se présentèrent d'enx-mêniaies.

Le roi bientôt averti les fît amener à Jéricho où :ii prit à témoin les

notables et le peuple de tout ce qu'il avait fait pouir Dieu, rejetant le

isacriiège sur ceux qui avaient porté la main sur une oflrande eonsacréa.

Les docteurs et les plus compromis furent brûlés vifs, le reste livré -aux i)ourreaux (2), le grand prêtre Matthias déposé à cause de sa négligence,. Épuisé, Hérode se fit porter à Callirhoé, où des sources d'eau chaude légèrement sulfureuses se jettent dams la mer Morte, sur la rive orientale à deux heures de l'embouchure du Jourdain {3).

Lm m;aladie «'aggravant, il révint à Jéricbo. Sentant la désaffection, générale, irrité à la pensée de l'expiosion de joie qui suivrait sa mort, il voulut qiae ce contentement fût étouffé par les larmes. Les priuicipaux des Juifs furent iuvités à venir lui rendre Tin dernier kommage . Il les fi:t arrêter., donnant l'ordre à Salomé de les faire égorger dans rhippodrome, aussitôt après sa mort, avant que la nouvelle n'en ^ait été répandue (4). Cette vengeance posthume n'est pas invraisemblable de la part d'un roi qiuii fut toujours impitoyable et qui était exaspéré par ses maïheiurs domestiqaaes et de cuisantes douleurs (5).

Aussi bien pemt-on juger de ses sentiments par la joie qu'il éprouva des nouvelles reçues de Rome. Acmé avait été mise à mort, Hérode était ilibre de bannir Autipater ou de le faire exécuter. Dans un dernier assaut de son mal, il fit une tentative de suicide. Les lamentaitions des femmes donnèrent une lueur d'espoir à Antipater; son geôlier refusa de se laisser corrompre et le dénonça. Quelques gardes envoyés par son père le t-uèrent snrle champ.

Hérode ne survéciat qiieeinq jours à son fils aîné. Son dessein naguère

(1) C'est l'opinion d'OttOj qui voit dans raigle le symbole de l'apothéose du roi, .circonstance qui eû.t été fort aggravante, et que Josèplie n'a pas relevée.

(2) La nuit suivante il y eut une éclipse de lune, fixée dans la nuit du 12 au 13 mars, 4 av. J.-C.

(3) '^annmam :ez-.Zerqd. Sur ces eaux voir le voyage autour de la mer Morte, du R. P. /khél. ^ (4) Cet épisode inouï est rejeté par quelques-uns, parce qu'il figure dans les gloses (post-talmudiques) de la Megillat Taanit sous le nom de Jannée; Josèphe aurait donc suivi une légende rabbimque. Mais on estimerait plutôt que les rabbins l'ont empxuntée à Josèphe et mise sur le *°"Y n ^^^^f^' ^"'ils détestaient encore plus qu'Hérode.

. (5) Glto en fait une mesure politique pour mettre dans la main de son successeur tous oeus qui auraient^ujs'opposer à son.avènemml.

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si ferme, flottait entre ses affections et ses rancunes. Après la condamnation d'Antipater qui avait noirci ses frères Archélaiis et Philippe, un nouveau testament avait déclaré Antipas seul héritier. Un codicille, maintenant ses libéralités envers l'empereur, Livie, Salomé, ses enfants et petitsenfants, désigna comme roi Archélaiis; Antipas devait être tétrarque de la Galilée et de la Pérée, Philippe delà Trachonitide, de la Gaulonitide, de la Batauée et de Panias. Le tout soumis à l'approbation d'Auguste, auquel Ptolémée devait remettre « son anneau, et les comptes de l'administration du royaume, dûment scellés » (1).

Il mourut dans la trente-quatrième année depuis l'exécution d'Antigone, la trente-septième depuis qu'il avait reçu à Rome l'investiture royale, âgé d'environ soixante-dix ans. On était dans la première quinzaine de nisan, à la fin de mars ou au commencement d'avril, en l'an 750 de Rome, 4 ans av. J.-C. (2).

Salomé, le principal artisan des malheurs d'Hérode par sa haine jalouse contre tous ceux qu'il ainiait, lui avait toujours été fidèle, guettant et dénonçant les coupables , avec la même passion que les innocents. A sa mort cependant elle ne voulut pas se compromettre en exécutant son ordre barbare sur les notables juifs, et les fît mettre aussitôt en liberté. Avec son mari Alexas elle reconnut Archélaûs comme roi en vertu du dernier testament. 11 fut acclamé par l'armée et se chargea de faire à Hérode les funérailles les plus somptueuses. Les gardes du corps, Thraces, Germains, Gaulois, et le reste de l'armée, suivis de cinq cents esclaves portant des aromates, accompagnèrent son corps jusqu'à Hérodion qu'il avait choisi comme lieu de sa sépulture.

Ce qui frappe le plus dans Hérode, c'est le développement volontaire et énergique de toutes ses facultés, non pas toujours pour un intérêt personnel, mais assurant toujours le triomphe de sa personnalité, sans égard pour les individus, sans respect pour les traditions même sacrées, sans se laisser arrêter par les sentiments les plus profonds de la nature. C'est dire que sa passion dominante était l'orgueil, appuyé sur ses avantages corporels de force, d'adresse, de résistance à la fatigue, et sur de très remarquables dons de l'esprit politique. Ajoutons la vanité d'un parvenu posant en esthète, comme une note qui selon les cas atténuait son audace ou le rendait plus insupportable.

La fortune d'Hérode avait été préparée par son père Antipater : il n'avait plus qu'à conquérir le trône. Il n'a pas été indifférent à l'ambition

(1) Bell, I, xxxin, 8. Cet état était un bilan de la succession, et ne prouve pas qu'Hérode ait ordinairement rendu des comptes.

(2) On sait que l'ère cliréiienne a été fixée par Denys le Petit en l'an 754 de llome, quatre ans au moins trop tard, puisque Jésus-Christ est né sous le règne d'Hérode, probablement en 749.

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de s'allier avec une famille royale et de faire souche de princes du sang : tel sera plus lard Bonaparte. Mais la légèreté de ses fils, trop souvent le partage d'une tournure élégante et de la présomption nobiliaire, lui a fait prendre en haine cette noblesse héréditaire qui ne se courbait pas devant son farouche génie. Dans ses rapports avec les Romains, il n^eut pas cette fierté que donne la race, même dans le malheur et la dépendance : tel Jacques II à la cour de Louis XIV, toujours Stuart et roi d'Angleterre. Alors ce despote altier se faisait chien couchant, quoique son panégyriste Nicolas lui ait prêté des accents assez hauts quand il se posa devant Auguste en fidèle ami d'Antoine, dont il avait déjà trah la cause. •

Parvenu, Hérode le fut surtout dans son goût pour l'hellénisme, ach étant l'admiration des Grecs, fondant son mérite de connaisseur sur de fastueuses dépenses, un peu comme ces nouveaux riches qui apprécient la valeur des objets d'art à l'argent qu'ils leur ont coûté. Son zèle manifestement passait la niesure, faute grave en Grèce, même au i^"^ siècle av. J -G., et l'on dut plus d'une fois dans les agoras railler sa prodigalité profitable. N'ayant pas été élevé dans les lettres grecques ni dans l'urbanité romaine, comme Je sera son petit-fils Agrippa P", il s'exagéra la valeur conquérante de cette culture, la jaugeant à l'impression qu'elle faisait sur lui, à demi-barbare d'éducation. Il ne comprit pas que les éléments les plus sérieux de son peuple, les âmes religieuses, ne consentiraient pas à s'en parer au risque d'être infidèles à une tradition nationale qui se révélait chaque jour plus divine dans la confusion générale des idées et la corruption des mœurs. D'où un dissentiment irrémédiable entre les Pharisiens et lui qui couva durant tout son règne, et qui éclata à la fin. Il en sortit si clairement vaincu dans la conscience juive qu'Agrippa 1" se contraignit à faire beaucoup plus de concessions au judaïsme, sauf à dédoubler sa personnalité, ce à quoi répugnait le tempérament incoercible d'jJérode.

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