‹ Le Judaïsme, ses dogmes et sa mission (volume 2)Chapitre 22 sur 52 · LA LITURGIE · texte numérisé non relu

LA LITURGIE

Nous savons par la tradition que la liturgie, prières journalières et formules de bénédictions, telles qu'elles s'ont arrivées jusqu'à nous, furent instituées par le grand Synode (1). Voici en quels termes Maïmonide explique celte institution : « Pen- « dant la captivité de Babylone, les Israélites, se mêlant à toutes « sortes de races étrangères, eurent des enfants qui, grâce à « ces alliances, formèrent une sorte de nouvelle confusion des « langues. Cette nouvelle génération ne parlait plus que d'in- « formes patois et ne savait plus adresser à Dieu ses supplica- « lions et ses hommages que dans un langage incorrect, inin- « telligible, indigne de la majesité du culte. Préoccupés de ce « triste état des choses, Ezra et son conseil rédigèrent un n- « tuel qui contient en substance, soit en prières, soit en actions « de grâces, tout ce que le commun des hommes est susceptible « d'exprimer à Dieu. De cette façon, les gens les plus illettrés « pourront prier aussi convenablement que les hommes au lan- « gage le plus pur et le plus élégant (2). »

On voit par ces paroles de l'un des plus autorisés de nos docteurs sous l'empire de quelle préoccupation et de quelle nécessité les hommes du grand Synode arrêtaient leurs mesures publiques. Rendre le culte populaire, le mettre à la portée de tous, lui faire prendre racine dans les habitudes journalières, dans tous les actes de la vie usuelle, afin d'en mieux assurer la conservation, élever les moins éclairés, les plus pauvres

(0. Talmod, Beracholh, fol. 33; Me- (2) Yad ha-hazaka, Ire parli0) , raU é de

guilla, fol. 10. l(t Prière, chap. 1 er , arl. 4.

(l'esprit à un niveau raisonnable de connaissance de Dieu et de son action sur le inonde, voilà la tâche que se proposa et que sut admirablement accomplir le grand Synode.

Personne assurément ne contestera que ce rituel (nous par Ions de la portion attribuée au grand Synode, et non des addi lions ultérieures), rédigé dans ce style à la fois simple et élevé qui caractérise les œuvres originales, réponde pleinement à son but. Il familiarise les esprits avec les plus grands dogmes de la religion; s'il contient l'expression répétée des destinées promises à Israël, c'est que ces auteurs pensaient avec raison qu on ne saurait trop entretenir et fortifier dans les coeurs le sentiment national, qui en est le vrai génie. Il commence ab Jove prmcipium - par un récit substantiel des merveilles de la création, exaltant la gloire du Créateur, entr'ouvrant comme à dessein les portes du ciel pour nous faire entendre comme un écho des chants des Séraphins (1). Il parle ensuite de 1 élection d Israël, mais en des termes qui, loin de la constituer en privilège nobiliaire et héréditaire, nous la montrent comme un sacerdoce intellectuel , comme une noblesse oui oblige, nous imposant le quadruple devoir d'apprendre d'en seigner, de méditer et d'exécuter la loi (2). Il fait suivre la lecture du Schéma, c'est-à-dire la confession de l'unité de Dieu, de son amour et du devoir de l'instruction religieuse et morale, cette dernière symbolisée par les tsytzith (3) ; il la fait suivre de l'expression du ferme espoir que le Seigneur qui a opéré le miracle de la délivrance d'Egypte et tant d'autres en aveur de son peuple restera dans l'avenir, comme il le fut aans le passé, le libérateur d'Israël (4). Vient ensuite la grande Prière connue sous le nom des dix-huit bénédictions (la 19 e revive à l'anéantissement de l'hérésie, appartient à la tin du second emple) (5). On connaît la division rationnelle de cette prière en fois parties : les trois premières bénédictions exprimant les

y) Rituel, bénédiction de Yotzer Or.

I 2 ) Ibid., bénédiction de Akaba habba ou ^ath Olam.

( 3 ) Nombres, XV, 39.

(4) Rituel, bénédiction de Gâal Israël.

(5) Talmud, Bcracholh, fol. 28; Maïmonide, Yad ha-aazaka, traité des Prières chap. 2, art. 1.

— itt

louanges du Seigneur, les douze intermédiares invoquant sa boni" pour la satisfaction de nos besoins intellectuels, moraux 2 ques et nationaux , enfin les trois dernières contenant no. remerciements et nos actions de grâces pour ses incessan s bienfaits (1). Signalons surtout la prière finale, sr remarquât P- son cachet d'universalité, par l'expression du nob e espoir « que les idoles et l'idolâtrie d.sparaitront de la erre

« nue tout l'univers reconnaîtra le règne du Tout-Puissant, Te tout chair invoquera son nom; que tous les impies se

1 orneront vers lui ; que tous les habitants du globe fléchi-

« ron t le genou devant le Seigneur, rendront hommage a a lire de son nom, accepteront spontanément le joug de la

I royauté céleste, et mériteront que Dieu règne sur eux a

' Son «primer en meilleurs termes les idées de tolérance, de fraternité universelle, unification du genre humain et de tendances humanitaires, comme on dit aujourd hui? Et voila plus de deux mille ans qu'Israël répète d'un bout du monde a l'autre et deux fois par jour, ce vœu, ce souhait de la réunion detus les peuples pour le règne de Dieu ! Voi.à déjà de quo, consacrer le renom du grand Synode.

Lecture et traduction publique du livre de la Loi.

THARGOUM.

Anrès le rituel, il convient de mentionner l'institution de la lecture publique du livre de la Loi (3); ceux mêmes qu. en font remonter l'usage jusqu'à Moïse sont obhgés dy reconnaître la part d'Ezra et de son conseil (*)• Ento* cas une innovation d'une grande portée est due a Imitation

{i) Talmud, Beracholh, fol. 33; Meguilla, fol. 17; Maïmouide, Yad ha-liazaka, v. ».

(â) Rituel, Prière de MCnou.

(3) Talmud, Baba Rama, fol. 89.

(4) nu.

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du grand Synode , nous voulons parler de la traduction ou plutôt de l'interprétation publique du texte (Thargoum), institution à laquelle il importe de s'arrêter un peu.

L'institution du Thargoum, de la traduction et de la paraphrase bibliques en langue vulgaire, devant accompagner la lecture publique de la Loi, est formellement attribuée à Ezra par l'Écriture comme par la tradition (1). 11 est à supposer que le Thargoum fut institué sous la même inspiration que le Rituel. C'était encore l'ignorance générale, l'oubli de la langue sainte, l'indifférence et l'éloignement des peuples pour l'instruction religieuse, qui provoquèrent la traduction de la Bible en langue vulgaire. A moins de faire du livre de la Loi une lettre close pour l'immense majorité des lidèles, il fallait le traduire, le translater, le paraphraser et l'interpréter, afin d'intéresser le public religieux et de le ramener ainsi peu à peu à une notion plus juste et plus rationnelle de la religion, du culte et de l'histoire sainte. C'est une nouvelle preuve de l'esprit de progrès, du désir de propagation et de vulgarisation qui animaient les restaurateurs du judaïsme. Rien n'était plus loin de leur pensée que de mettre la lumière sous le boisseau, que de faire adorer au peuple, comme un fétiche, un texte devenu pour lui presque inintelligible.

Ils songeaient, au contraire, à rendre l'Écriture claire, transparente comme le pur cristal, à la montrer sans voile, par la bonne raison qu'elle n'a rien à cacher. El quand on songe aux luttes que, dans des temps modernes et très-rapprochés de nous, a excitées la question de la traduction des livres saints, au grand chisme du christianisme occidental, à la réformation religieuse dont elle fut l'une des principales causes, on ne saurait trop louer cet esprit large et libéral qui inspire les travaux du grand Synode.

Il ne faudrait pas, en effet, s'imaginer que le pouvoir religieux ne se rendait pas bien compte de la gravité de cette mesure, qu'il n'en prévoyait pas les conséquences, les armes qu'il

'I) Mhdmie, VIII, 8; Tairai*!, MegullI», fol. 7.; IWnrim, fol. 37. n^ïl 1t BJIIM.

allait fournir à la raison individuelle. Ce serait une pure hypothèse à laquelle la tradition donne un éclatant démenti. Voici comment elle s'exprime au sujet de la tradition biblique : — « Le jour où Jonathan Ben Uziel publia le Thargoum des livres « prophétiques, qu'il avait reçu traditionnellement des trois « prophètes, Haggaï, Zacharie et Malachie, toute la Terre- « Sainte, sur une étendue de quatre cents lieues carrées, fut « ébranlée dans ses fondements, et une voix du ciel (Bath « Kol) fit entendre ces paroles : Qui a osé dévoiler mes secrets « aux hommes? Alors Jonathan Ben Uziel se lève et dit : C'est v moi qui ai révélé tes mystères aux hommes. Mais tu sais, ô « mon Dieu ! que je ne l'ai pas fait dans l'intention d'en tirer « vanité pour moi ou ma famille, mais bien dans celle de dimi- « nuer les disputes et les divergences d'opinion en Israël (1). » — Sous cette forme légendaire, sous cette expression hyperbolique du tremblement de terre de la Palestine, causé par la promulgation de la paraphrase des livres prophétiques (il y a un récit analogue dans la tradition, à propos de la version des Septante), il est facile de saisir l'idée que l'on se faisait de cet acte de vulgarisation biblique. On en pesait bien les conséquences ; on en appréciait justement la gravité , les dangers même qui pouvaient en résulter pour certains esprits. Mais on passa outre par cette considération qu'après tout le danger le plus grave, celui qui conduit à la séparation, au schisme, c'est moins l'intelligence que l'ignorance des livres saints. On peut se faire une idée de l'influence que le Thargoum exerça sur la diffusion des livres saints par les nombreuses versions auxquelles il donne lieu depuis Ezra jusqu'après la dispersion : la version des Septante, celle d'Àquila, la paraphrase de Jonathan, la traduction d'Onkelos, le Thargoum Yérusehalémi et beaucoup d'autres appartiennent à cette inspiration. Ellesparaphrastes ou interprètes oraux de l'Écriture, les Metlwurquemanim, jouissaient d'une grande considération auprès de la foule, au point de disputer parfois la prééminence aux chefs

(l) Talmuil, Mcguilla, /. c, Sophrim, 1,7.

spirituels (1). Plusieurs de ces paraphrases, notamment celles de Jonathan Ben Uziel et du Yérusehalémi, nous font voir comment on entendait alors la traduction; ce n'était rien moins qu'une version littérale du texte , elle tenait déjà du commentaire, et y préludait par une large interprétation de la lettre biblique.

En résumé, nous ne serons contredit par personne en déclarant que le Thargoum fut une institution des plus utiles et des plus rationnelles, dénotant à la fois et le libéralisme religieux et l'esprit pratique du grand Synode.

Première fixation du saint Canon.

Au nombre' des travaux du grand Synode il faut encore compter la rédaction ou le recueil de quelques-uns de nos livres saints. La tradition leur attribue la rédaction ou plutôt la publication du livre d'Ézéchiel, des douze petits prophètes, des livres de Daniel et Esther, imputant à Ezra lui-môme la rédaction de son livre et d'une partie des chroniques (2). A Dieu ne plaise que nous abordions la grande discussion de la fixation définitive du saint Canon et de l'authenticité de chacun des livres saints ! Ce serait nous éloigner gratuitement et beaucoup trop du but de nos recherches. Ce qui est certain, ce qui résulte de nombreux passages de la tradition (3) qui ne sont pas sérieusement contestés, c'est qu'une première fixation des livres saints eut lieu à cette époque. Nous ne voulons d'ailleurs tirer de ce fait d'autre conclusion que celle-ci : à savoir que tout en cherchant à satisfaire aux besoins nouveaux par u nc forte constitution du culte pratique, les hommes du grand Synode n'oublièrent aucun des titres et des monuments de la gloire nationale, et s'occupèrent avec sollicitude du recueil des livres propres à compléter l'enseignement prophétique et hisl °rique du peuple de Dieu.

(') Mischua el Talraud, Meguilla, fol. 24 Cta 3-, Sdla, fol. 40.

(2) Talmud, Baba Balhra, fol. 15.

(3) Talmud, Ibid ; Meguilla, fol. 3 et 7.

VI. Caractère général de la restauration iïEzra et du grand Synode.

Nous ne saurions terminer cette étude, de la mission d'Ezra et du grand Synode sans en dégager l'idée dominante, qui est en quelque sorte l'âme d'une époque, et que nous trouvons retracée d'une façon dramatique dans une de ces belles légendes sous l'enveloppe desquelles se conservent de hautes et graves leçons. Cette légende est ainsi conçue (1) :— « Après la « célébration solennelle de la fête de Zuccolh, Ezra institua « un jour de jeûne, et, accompagné des lévites, il invoqua Dieu .< à grands cris (2). Pourquoi ces grands cris? demande le « Talmud. — Ils supplièrent Dieu de bannir du sein du peu- « pie, de chasser ce mauvais génie de l'idolâtrie qui avait été « si funeste à Israël, la cause de la destruction du temple, de « l'incendie du sanctuaire, du massacre des justes et de l'exil >< de tous. Et alors un billet tomba du ciel, ne contenant que « ce seul mot : — Vérité (c'est-à-dire accordé). Ils continuè- « rent le jeûne pendant trois jours et trois nuits, et alors le gé- « nie de l'idolâtrie leur fut livré sous les traits d'un lion en- « flammé, s'élançant du lieu qui fut le saint des saints. Ils s'en « emparèrent aussitôt et, sur les conseils du prophète Zacharie, « ils le jetèrent dans une caisse de plomb qu'ils fermèrent « hermétiquement pour étouffer les cris du monstre. Ils vou- « laient en même temps, profitant de la mortification et de la a componction générales, solliciter de Dieu l'anéantissement .< de l'esprit du mal, de la tentation en général ; mais ils se ra- « visèrent, ne tardant pas à s'apercevoir que, sans l'attrait des « sens, c'en serait fait du principe de fécondation et, par suite, « de l'existence même du genre humain. »

... « Pourquoi ces hommes, demande encore le Talmud (3),

(Il Talmud, Y<5ma, fol. 07.

(i) Néhémie, VIII, 13-18; 9, 4.

(3) Talmud, Ydma, l. c.

« sont-ils nommés les hommes du grand Synode? Parce que, « dit Rabbi Zehosahoua ben Levy, ils surent restituer à la « majesté divine sa couronne. Moïse avait appelé l'Éternel le « Dieu grand , fort et redoutable (1) ; vint ensuite Jérémie, « qui, à la vue des païens foulant le parvis sacré, biffa la « qualification de redoutable (2) ; vint ensuite Daniel, qui, en « présence de l'asservissement d'Israël, biffa la qualification « de fort (3) ; vinrent enfin les hommes du grand Synode, qui, « mieux avisés, dirent : C'est précisément la force de Dieu de « vaincre sa colère en se montrant longanime envers les im « pies ; et c'est une marque de sa redoutable providence que « de conserver Israël au milieu des nations, que de protéger « le pauvre agneau entouré de soixante-dix loups. Ils reven- « diquèrent donc la formule de Moïse, et appelèrent de nou- « veau le Seigneur : Dieu grand, fort et redoutable (4). »

Voilà l'expression des deux grands principes qui présidèrent à la restauration accomplie par le grand Synode; le premier, consistant, comme nous l'avons vu, dans le maintien de l'intégrité du monothéisme, dans ces formidables défenses dont il l'entoura, dans ce rempart du culte extérieur étendu, agrandi, développé, s'emparant du fidèle depuis le berceau jusqu'au tombeau; le second, s'appuyant sur la confiance en Dieu, sur une foi inébranlable dans les promesses prophétiques, foi non pas aveugle ou inconsciente, mais au contraire portant son évidence en elle-même, reposant sur ce miracle constant d'un peuple, désarmé et sans défense, vivant et conservant toute son identité au sein d'une hostilité générale et d'une persécution sans relâche.

1° Il est donc bien entendu que le grand Synode tua l'idolâtrie, l'histoire en fait foi ; car, môme dans les plus mauvais jours du second temple, lors de la persécution grecque sous les Ântiochus, comme de la tyrannie romaine sous ses infâmes proconsuls, le polythéisme ne trouva plus que de rares partisans,

(l) Deulér., X, 17.

(ï) Jérémie, XXXII, 18.

(5) Daniel, IX, i.

\*) Nébémic, IX, 52.

et fut toujours repoussé par la masse de la nation, tout le monde sait avec quelle vigueur et quel acharnement. Oui, le grand Synode tua l'idolâtrie ; mais par quels moyens? Par sa réorganisation du culte, par ses soins, par sa sollicitude à rendre le culte populaire, à faire pénétrer les habitudes religieuses dans toutes les classes de la société, par ce rituel mis à la portée de toutes les intelligences, par cette institution de Thargoum, de la traduction et de la paraphrase biblique devenant un vrai foyer d'inslruction.et de lumières.

2° Ce que fit encore le grand Synode, ce dont il faut Mètre éternellement reconnaissant, c'est qu'il sut élever à la hauteur d'un dogme la foi dans les destinées d'Israël, en même temps qu'il rendit toute sa force- et sa clarté au principe de la providence, obscurci, battu en brèche par les désastres publics, qui, ainsi qu'il a été constaté, troublèrent jusqu'aux idées d'un Jérémie et d'un Daniel. Pour le grand Synode, plus les maux d'Israël grandissent et se multiplient, plus ils mettent en évidence, plus ils font briller aux yeux le cachet de prédestination imprimé à une nationalité qui se retrempe et se fortifie par ses épreuves mômes (4). Et cette conviction, il sut la faire passer dans tous les esprits en la faisant remonter jusqu'à ■Moïse. Elle devint ainsi le palladium d'Israël, son génie familier, indissolublement lié à sa personnalité à travers toutes les péripéties de l'existence la plus orageuse. Et voilà comment le grand Synode restitua à Dieu la couronne du gouvernement providentiel, à Israël l'auréole de la foi dans ses destinées.

Mais, à vrai dire, il n'y a là qu'un principe unique : c'est la foi dans le mission d'Israël, celte foi seule pouvant inspirer à Ezra et au grand Synode cette œuvre de reconstitution capable de braver la puissance du temps et la fureur des hommes.

Si nous avons mis quelque complaisance à tracer ce portrait du grand Synode, c'est qu'il est essentiel de l'examiner de près pour apprécier la portée et l'influence de cette résolution religieuse. Elle domine, elle éclaire tout'le cycle delà tradition,

(i) Akéda, préface, fol. 6.

comme le phare éclaire de loin la route du navigateur. Nous comprenons maintenant comment la tradition a pu comparer Ezra à Moïse; nous savons, à ne plus en douter, qu'Ezra et le grand Synode surent concevoir et exécuter une œuvre originale à tous égards.

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