LA LITURGIE
Nous savons par la tradition que la lilurgie, prières journalières et formules de bénédictions, telles qu'elles sont arrivées jusqu'à nous, furent insliluôes parle grand Synode (1). Voici en quels termes Maïmonide explique cette institution : «c Pente dant la captivité de Babylone, les Israélites, se mêlant à toutes a sortes de races étrangères, eurent des enfants qui, grâce à tf ces alliances, formèrent une sorte de nouvelle confusion des u langues. Cette nouvelle génération ne parlait plus que d'ina formes patois et ne savait plus adresser à Dieu ses supplicaa tions et ses hommages que dans un langage incorrect, inin- <r telligible, indigne de la majesité du culte. Préoccupés de ce « triste état des choses, Ezra et son conseil rédigèrent un ria tuel qui conlienten substance, soit en prières, soit en actions « de grâces, tout ce que le commun des hommes est susceptible <c d'exprimer à Dieu. De cette façon, les gens les plus illettrés a pourront prier aussi convenablement que les hommes au lan* « gage le plus pur et le plus élégant (2). j^
On voit par ces paroles de l'un des plus autorisés de nos docteurs sous l'empire de quelle préoccupation et de quelle nécessité les hommes du grand Synode arrêtaient leurs mesures publiques. Rendre le culte populaire, le mettre à la portée de tous, lui faire prendre racine dans les habitudes journalières, dans tous les actes de la vie usuelle, afln d'en mieux assurer la conservation, élever les moins éclairés, les plus pauvres
(0 Talmiid, Beraehoth, fol. 33; V»- (f) Tad hiphaiaka, I^t parlle, traité dé «nllla, fol. 10. la Prière, chap. l«r, art. 4.
df^esprit à un nîTeaa raisonnable de connaissance de Diea et de son action sur le monde, voilà la tâche que se proposai et que sot admirablement accomplir le grand Synode.
Personne assurément ne contestera que ce rituel (nous par- Ions de la portion allribuëe au grand Synode, et non des additions ultérieures], rédigé dans ce style à la fois simple et élevé qui caractérise les œuvres originales, réponde pleinement à son but. Il familiarise les esprits avec les plus grands dogmes de la religion ; s*il contient Texpression répétée des destinées promises à Israël, c'est que ces auteurs pensaient avec raison qu'on ne saurait trop entretenir et fortiiier dans les cœurs le sentiment national, qui en est le vrai génie. Il commence — ab Jove principium — par un récit substantiel des merveilles de la création, exaltant la gloire du Créateur, entr 'ouvrant comme à dessein les portes du ciel pour nous faire entendre comme un écho des chants des Séraphins (1). Il parle ensuite de réiection dlsraêl, mais en des termes qui, loin de la constituer en privilège nobiliaire et héréditaire, nous la montrent comme un sacerdoce intellectuel , comme une noblesse qui oblige^ nous imposant le quadruple devoir d'apprendre, d'enseigner, de méditer et d'exécuter la loi (2). Il fait suivre la lecture du Schéma, c'est-à-dire la confession de iunité de Dieu, de son amour et du devoir de l'instruction religieuse et morale, cette dernière symbolisée par les tsytzith (3) ; il la fait suivre de l'expression du ferme espoir que le Seigneur qui a opéré le miracle de la délivrance d'Egypte et tant d'autres en faveur de son peuple restera dans l'avenir, comme il le fut dans le passé, le libérateur d'Israël (4). Vient ensuite la grande prière connue sous le nom des dix-huit bénédictions [la 19*, relative à l'anéantissement de l'hérésie, appartient à la tin dû second temple) (5). On connaît la division rationnelle de cette prière en trois parties : les trois premières bénédictions exprimant les
(1) Ritael, bénédiction de Yotzer Or. (4) Ritnel, bénédietion de GUI ItraiL
(S) /Mi., bénédietion de ilftff»aA«^»a on (5) Talmnd, Beracbolb, fol. t8; MaT-
àkMbëtk OlëM. nonide, Tnd bft-baiala, traité iet Prièret^
(3) Nombref , XV, 39. cbap. t, irt.- i . •
louanges du Seigneur, les douze intermédiaires invoquant sa bonté pour la satisfaction de nos besoins intellectuels, moraux, physiques et nationaux , enfin les trois dernières contenant i)os remerciements et nos actions de grâces pour ses incessants bienfaits (1). Signalons surtout la prière finale, si remarquable par son cachet d'universalité, par Texpression du noble espoir « que les idoles et Tidol&trie disparaîtront de la terre; « que tout l'univers reconnaîtra le règne du Tout-Puissant; « que toute chair invoquera son nom ; que tous les impies se a tourneront vers lui ; que tous les habitants du globe fléchi- « ront le genou devant le Seigneur, rendront hommage à la ff gloire de son nom, accepteront spontanément le joug de la « royauté céleste, et mériteront que Dieu règne sur eux à a jamais (3). »
Peut-on exprimer en meilleurs termes les idées de tolérance, de fraternité universelle, d'unification du genre humain et de tendances humanitaires^ comme on dit aujourd'hui? Et voilà plus de deux mille ans qu'Israël répète d'un bout du monde à l'autre, et deux fois par jour, ce vœu, ce souhait de la réunion de tous les peuples pour le règne de Dieu ! Voilà déjà de quoi consacrer le renom du grand Synode.
Lecture et traduction publiqtte du litre de la Loi.
THARGOUH.
Après le rituel, il convient de mentionner rinstitution de la lecture publique du livre de la Loi (3); ceux mêmes qui en font remonter l'usage jusqu'à Moïse sont obligés d'y reconnaître la part d'Ezra et de son conseil (4). En tout cas, une innovation d'une grande portée est due à rinitialion
(t) Talnod, Berachoth,fol.33; MegnlIU, (5) Talnnd, Bak« Rama, fol. 8t. fol. 17; UaTmoBlde, Yad ha-luzaia, p. t. (4) nH.
(t) Rimel, Prière de Alénou.
da grand Synode , nous voulons parler de la traduction on plalôt de rinterprétalion publique du texte (Thargoum), institution à laquelle il importe de s'arrêter un peu.
L'institution du Thargoum, de la traduction et de la paraphrase bibliques en langue vulgaire, devant accompagner la lecture publique de la Loi, est formellement attribuée à Ezra par rEcriture comme par la tradition (1). Il est à supposer que le Thargoum fut institué sous la même inspiration que le Rituel. G*était encore l'ignorance générale, Toubli de la langue sainte, rindifférence et Téloignement des peuples pour Tinstruction religieuse, qui provoquèrent la traduction de la Bible en langue vulgaire. A moins de faire du livre de la Loi une lettre close pour l'immense majorité des fidèles, il fallait le traduire, le translater, le paraphraser et Tinterpréter, afin d*intéresser le public religieux et de le ramener ainsi peu à peu à une notion plus juste et plus rationnelle de la religion, du culte et de rbislolre sainte. C'est une nouvelle preuve de l'esprit de progrès, du désir de propagation et de vulgarisation qui animaient les restaurateurs du judaïsme. Rien n'était plus loin de leur pensée que de mettre la lumière sous le boisseau, que de faire adorer au peuple, comme un fétiche, un texte devenu pour lui presque inintelligible.
Ils songeaient, au contraire, à rendre TËcrlture claire, trans* parente comme le pur cristal, à la montrer sans voile, parla bonne raison qu'elle n a rien à cacher. Et quand on songe aux luttes que, dans des temps modernes et très-rapprochés de nous, a excitées la question de la traduction des livres saints, au grand chisme du christianisme occidental, à la réformation * religieuse dont elle fut Tune des principales causes, on ne saurait trop louer cet esprit large et libéral qui inspire les travaux du grand Synode.
Il ne faudrait pas, en effet, s'imaginer que le pouvoir religieux ne se rendait pas bien compte de la gravité de cette mesure, qu'il n'en prévoyait pas les conséquences, les armes qu'il
ft) Nébémie, VIIÎ, 9; TuImaJ, Mcgnilli, f»l. r» ; XJIarîm, foî. 37. O^S^n M tn"ïfi«.
allait foornir à la raison individuelle. Ce serait une pure hypothèse à laquelle la tradilion donne un éclatant dëmenli. Voici comment elle s'exprime au sujet de la tradilion biblique : — « Le jour où Jonathan Ben Uziel publia le Thargoum des livres « prophétiques, qu'il avait reçu traditionnellement des trois « prophètes, Haggaï, Zacharie et Malachie, toute la Terrc- «( Sainte, sur une étendue de quatre cents lieues carrées, fut « ébranlée dans ses fondements, et une voix du ciel (Bath tt Kol) fit entendre ces paroles : Qui a osé dévoiler mes secrets « aux hommes? Alors Jonathan Ben Uziel se lève et dit : C'est tf moi qui ai révélé tes mystères aux hommes. Mais tu sais, ô c< mon Dieu! que je ne Tai pas fait dans Tintention d'en tirer « vanité pour moi ou ma famille, mais bien dans celle de dimi- <€ nuer les disputes et les divergences d'opinion en Israël (I). ji — Sous cette forme légendaire, sous cette expression hyperbolique du tremblement de terre de la Palestine, causé par la promulgation de la paraphrase des livres prophétiques (il y a un récit analogue dans la tradilion, à propos de la version des Septante], il est facile de saisir l'idée que l'on se faisait de cet acte de vulgarisation biblique. On en pesait bien les conséquences; on en appréciait justement la gravité , les dangers même qui pouvaient en résulter pour certains esprits. Mais on passa outre par cette considération qu'après tout le danger le plus grave, celui qui conduit à la séparation, au schisme, c'est moins l'intelligence que l'ignorance des livres saints. On peut se faire une idée de l'influence que le Thargoum exerça sur la diffusion des livres saints par les nombreuses versions auxquelles il donne lieu depuis Ezra jusqu'après la dispersion : la version des Septante, celle d'Aquila, la paraphrase de Jonathan, la traduction d'Onkelos, le Thargoum Yéruschalémi et beaucoup d'autres appartiennent à cette inspiration. Etlesparaphrastes ou interprètes oraux de l'Ecriture, les Methourque-^ manim^ jouissaient d'une grande considération auprès de la foule, au point de disputer parfois la prééminence aux chefs
(I) Talmnd, MeguUU, <. c, Sopbrim, 1, 7.
spiritaels (t). Plusiears de ces paraphrases, notamment celles de Jonathan Ben Uziel et du Yérusehalémi, nous font voir comment on entendait alors la traduction; ce' n'était rien moins qu'une yersion littérale du texte , elle tenait déjà du commentaire, et y préludait par une large interprétation de la lettre bibliqne.
En résumé, nous ne serons contredit par personne en déclarant que le Thargoum fut une institution des plus utiles et des plus rationnelles, dénotant & la fois et le libéralisme religieux et Tesprit pratique du grand Synode.
Première fixation du saint Canon.
An nombre' des travaux du grand Synode il faut encore compter la rédaction ou le recueil de quelques-uns de nos livres saints. La tradition leur attribue la rédaction ou plutôt la publication du livre d'Ézéchiel, des douze petits prophètes, des livres de Daniel et Esther, imputant & Ezra lui-même la rédaction de son livre et d'une partie des chroniques (2). A Dieu ne plaise que nous abordions la grande discussion de la fixation déQnitive du saint Canon et de Tauthenticité de chacun des livres saints ! Ce serait nous éloigner gratuitement et beaucoup trop du but de nos recherches. Ce qui est certain, ce qni résulte de nombreux passages de la tradition (3) qui ne sont pas sérieusement contestés, c'est qu'une première fixation des livres saints eut lieu à cette époque. Nous ne voulons d'ailleurs tirer de ce fait d'autre conclusion que celle-ci : à savoir que tout en cherchant à satisfaire aux besoins nouveaux par une forte constitution du culte pratique, les hommes du grand Synode n'oublièrent aucun des titres et des monuments de la gloire nationale, et s'occupèrent avec sollicitude du recueil des livres propres à compléter l'enseignement prophétique et historique du peuple de Dieu.
(I) Miiehoa et Talnnd, VegirilU, fol.«4 (f) Talmiid, Baba Balhra, fol. 15.
ctS5; Stfla, fol. 40. (3) Talm«d, Ibid.; ll«fiiilU» M. 9 et 7.
VI. Caractère général de la restauration d'Esra et du grand Synode.
Nous ne saurions terminer celle étude de la mission dTzra et du grand Synode sans en dégager l'idée dominante, qui est en quelque sorte Tâme d^une époque, et que nous trouvons retracée d'une façon dramatique dans une de ces belles légendes sous l'enveloppe desquelles se conservent de hautes et graves leçons. Celle légende est ainsi conçue (1) : — « Après la <( célébration solennelle de la fêle de Zuccolh, Ezra institua « un jour de jeâne, et, accompagné des lévites, il invoqua Diea <c à grands cris (2). Pourquoi ces grands cris? demande le « Talmud. — lis supplièrent Dieu de bannir du sein du peu- « pie, de chasser ce mauvais génie de l'idolâtrie qui avait été « si funeste à Israël, la cause de la destruction du temple, de (( l'incendie du sanctuaire, du massacre des justes et de l'exil «< de tous. Et alors uH billet tomba du ciel, ne contenant que «» ce seul mot : — Vérité (c'esl-à-dire accordé). Ils conlinuèa rent le jeûne pendant trois jours et trois nuits, et alors le gé- « nie de l'idolâtrie leur fut livré sous les traits d'un lion ente flammé, s'élançant du lieu qui fut le saint des saints. Ils s'en (( emparèrent aussitôt et, sur les conseils du prophète Zacharie, (( ils le jetèrent dans une caisse de plomb qu'ils fermèrent il herméliquement pour étouffer les cris du monstre. Ils you- <f laient en môme temps, profilant de la mortification et de la a componction générales, solliciter de Dieu l'anéantissement « de l'esprit du mal, de la tentation en général ; mais ils se ra- « visèrent, ne tardant pas à s'apercevoir que, sans l'allrait des « sens, c'en serait fait du principe de fécondation et, par suite, u de l'existence même du genre humain. «
... tt Pourquoi ces hommes, demande encore le Talmud (3),
(n T«lDnd, Ydma, fol. 67. (5) Talmod, Ydout, L c.
(i) Néhéfflie, Mil, 13-18; 9, 4.
« sont-ils nommés les hommes du grand Synode? Parce qne^ « dilRabbi Zehosaboua ben Levy, ils sarent restituer à la « majesté dîYine sa couronne. Moïse avait appelé TËternel le « Dieu grand, fort et redoutable (1); vint ensuite Jérémie, « qui, à la vue des païens foulant le parvis sacré, biffa la t qualification de redoutable (2) ; vint ensuite Daniel, qui, en « présence de Tasservissement d'Israël, biffa la qualiflcation t de fort (3) ; vinrent enfin lés hommes du grand Synode, qui, « mieux avisés, dirent : C'est précisément la force de Dieu de « vaincre sa colère en se montrant longanime envers les im^ « pies ; et c'est une marque de sa redoutable providence que « de conserver Israël au milieu des nations, que de protéger « le pauvre agneau entouré de soixante-dix loups. Ils reven- « diquërent donc la formule de Moïse, et appelèrent de nou- « veau le Seigneur : Dieu grand, fort et redoutable (4). »
Voilà l'expression des deux grands principes qui présidèrent à la restauration accomplie par le grand Synode; le premier, con* sistanl, comme nous lavons vu, dans le maintien de l'intégrité da monothéisme, dans ces formidables défenses dont il Ten-r lonra, dans ce rempart du culte extérieur étendu, agrandi, développé, s'emparant du fidèle depuis le berceau jusqu'au tombeau; le second, s'appuyant sur la confiance en Dieu, sur une foi inébranlable dans les promesses prophétiques, foi non pas aveugle ou inconsciente, mais au contraire portant son évidence en elle-même, reposant sur ce miracle constant d'un peuple, désarmé et sans défense, vivant et conservant toute son identité au sein d'une hostilité générale et d'une persécution sans relâche.
i*" Il est donc bien entendu que le grand Synode tua l'idolâtrie, l'histoire en fait foi; car, même dans les plus mauvais jours du second temple,.lors de la persécution grecque sous les Antiochus, comme de la tyrannie romaine sous ses infâmes pro« consuls, le polythéisme ne trouva plus que de rares partisans,
(0 Demér., X. 17. (5) Daniel, IX, ♦.
\i) J6réinie, XXX(C, 18. (4; Néh^mis IX, 3t.
et fut toujours repoussé par la masse de la nation, tout le monde sait avec quelle vigueur et quel acharnement. Oui, le grand Synode lua Tidolâtrie ; mais par quels moyens? Par sa réorganisation du culte, par ses soins, par sa sollicitude à rendre le culte populaire, à faire pénétrer les habitudes religieuses dans toutes les classes de la société, par ce rituel mis & la portée de toutes les intelligences, par cette institution de Thargoum, de la traduction et de la paraphrase biblique de- ▼enanl un vrai foyer d'instruction et de lumières.
i"* Ce que fit encore le grand Synode, ce dont il faut lui être éternellement reconnaissant, c'est qu'il sut élever à la hauteur d'un dogme la foi dans les destinées d'Israël, en même temps qu'il rendit toute sa force et sa clarté au principe de la providence, obscurci, battu en brèche par les désastres publics, qui, ainsi qu'il a été constaté, troublèrent jusqu'aux idées d'un Jérémie et d'un Daniel. Pour le grand Synode, plus les maux d'Israël grandissent et se multiplient, plus ils mettent en évidence, plus ils font briller aux yeux le cachet de prédestinalion imprimé & une nationalité qui se retrempe et se fortifie par ses épreuves mêmes (1). Et cette conviction, il sut la faire passer dans tous les esprits en la faisant remonter jusqu'à Moïse. Elle devint ainsi le palladium d'Israël, son génie familier, indissolublement lié à sa personnalité à travers toutes les péripéties de l'existence la plus orageuse. Et voilà comment le grand Synode restitua à Dieu la couronne du gouvernement providentiel, à Israël l'auréole de la foi dans ses destinées.
Mais, à vrai dire, il n'y a là qu'un principe unique : c'est la foi dans le mission d'Israël, cette foi seule pouvant inspirer à lizra et au grand Synode cette œuvre de reconstitution capable de braver la puissance du temps et la fureur des hommes.
Si nous avons mis quelque complaisance à tracer ce portrait du grand Synode, c'est qu'il est essentiel de l'examiner de près pour apprécier la portée et l'influence de cette résolution religieuse. Elle domine, elle éclaire tout le cycle de la tradition,
(1) Akéda, préface, fol. S.
comme le phare éclaire de loin la roate du navigalear. Nous comprenons maintenant comment la tradition a pa comparer Ezra i Moïse; nous savons, à ne pins en douter, qu^Ezra et le grand Synode surent concevoir et exécuter une œuvre originale à tous égards.