IX. Dispersion
Nous touchons, en effet, à Tun des plus singuliers phénomènes, non pas de Thistoire nationale, mais de Thisloire générale. Nous Toilà en présence de ce fait unique de la dispersion d'Israël, de Téparpillement de ce petit peuple qui occupe une si petite place dans le monde politique, mais une si grande dans le monde religieux et moral ; de sa dissémination dans toutes les parties du monde, de sa transplantation sur tous les points du globe, et, ce qui mérite le plus de fixer Tattention, de sapersévérance à conserver son identité, à emporter avec lui mieux que des dieux lares, sa religion, son culte, ses livres et sa tradition. Que ce soit là une chose exceptionnelle, sans précédent ni pendant dans Thistoire , c'est ce que personne ne conteste : amis et ennemis, dans leurs interprétations diverses el plus ou moins partiales, s'inclinent devant le fait. Mais nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que si cette dispersion universelle parait un problème archéologique bien difficile pour rhistorien superficiel, elle ne saurait avoir le même caractère pour ceux qui étudient l'histoire d'isrël dans ses livres contenant le secret de ses destinées. Elle ne peut pas apparaître comme une surprise, cette dispersion qui est
(0 Zacharie, II, 9.
est annoncée, prédite, écrite en tontes lettres dans les livres saints. Gomment s'étonner de la réalisation d*an fait quatre fois prédit par Moïse (1), plusieurs fois indiqué dans les Psaumes (2), fréquemment rappelé par les prophètes, notamment par Isaïe (3), Jérémie (4) et Ézéchiel (5)? Un événement qui est Tobjet d'avertissements si répétés, qui est représenté comme inévitable, doit avoir sa raison d'être dans les racines mêmes du judaïsme, sans quoi il serait réellement inexplicable. Nous n'y pouvons voir autre chose que la grande épreuve imposée par la Providence au principe du monothéisme et à ses représentants directs, que la réalisation de cette pensée primordiale qui veut que le monothéisme fasse le tour du monde, qu'il montre sa force, sa solidité, par sa résistance à toutes les attaques possibles, à la guerre, à la servitude, à la persécution à la corruption, aux séductions de la civilisation la plus raffinée, à des périls plus grands encore, aux efforts du scepticisme et de Tincrédulité comme aux orgueilleuses prétentions de la raison individuelle et de religions rivales. Seule, une pensée providentielle peut nous expliquer ce miracle, le plus grand des miracles, la conservation de ces débris épars d'une peuplade au sein de l'hostilité de tous les peuples conjurés contre elle, la conservation d'un faible agneau, comme disait le grand Synode, au milieu de soixante-dix loups s'élançant pour le dévorer.
Il est vrai qu'ici se présente une objection qu'il ne faut pas laisser sans réponse. Mais où sont, dit-on, les prosélytes faits par Israël? C'est qu'il y a deux sortes de prosélytismes, le petit et le grand. Par petit prosélytisme nous entendons celui qui agit soit parla violence matérielle, soit par la pression morale, celui qui se développe sous l'influence du compelle intrare^ et qui dès lors ne saurait jamais pousser le désintéressement jusqu'à renoncer au concours des passions et des intérêts dans la poursuite de son but. Ce prosélytisme est contraire aux tradi-
(Ij LéTit., XXVI, 35 ; Dealer., IV, 37 ; (3) isaïe, XI, 11 et 19.
ibid., XXVllI, 64 ; ibid., XXX, S et 4. (4) Jérémie, XXX, 1 1 .
(i] Pi., CVr, 97; CVII, 3. (S) Eséchiel, XX, 93, 34 et 4!.
lions religieuses et à ressencemémedajadaisme (1). Mais il est encore un autre genre de prosélytisme: c'estcelui qui commence son action par l'exemple, exerçant une influence knte, mais sûre, semblable à la goatle d'eau creusant peu à peu le plus dur rocher, et s'infiltrant dans les couches en apparence les plus imperméables de Thumanité; un prosélytisme enfln qui ne dit pas aux hommes: ^ Croyez-moi, fiez-vous à moi pleinement et sans réserve, — mais qui leur tient le langage que voici : — Je ne réclame pas de vous une foi aveugle ; je n'en voudrais même pas. Éludiez mes livres, et voyez si vous n'y trouvez pas la vérité dépouillée de tout mystère, belle et radieuse comme Tastre du jour.Ëtudiez«moi moi-même; observez mon inébranlable fidélité à mon principe, ferme comme le roc qui voit se briser à ses pieds les vagues hurlantes et écumantes ; remarquez celte force surhumaine qui m'a soutenu dans toutes mes épreuves, cette confiance inaltérable qui m'en a fait sortir fort et vivace ; remarquez mon existence, ma durée , en dépit des persécutions acharnées qui en auraient depuis longtemps tranché le fil s*il n'était pas dans les mains de Dieu. Si vous comprenez, si vous saisissez l'éclatante vérité qui jailUtde tous les pores de l'Écriture et de l'histoire, vous vous rallierez à moi et à mon Dieu, et j'en serais fort heureux. Si vous ne le comprenez pas aujourd'hui, je n'en éprouverai nulle vive impatience ; je ne mettrai aucune précipitation à vous convaincre. Je continuerai ma mission, je rempherai ma tâche tanl qu'il plaira à Dieu de la prolonger, persuadé que s'il est un certain temps où il ne fait ni jour ni nuit, il y aura aussi un jour où la lumière sera visible pour tous (2), convaincu que les prophélies auront leur accomplissement, et que le phare divin sera de nouveau allumé sur la tour de Sion et sur les hauteurs de Jérusalem.
Il est d'ailleurs à constater que toutes les conquêtes faites sur l'idolâtrie et le polythéisme, que tout progrès réalisé dans la voie qui aboutit à Tunité de Dieu, sont en définitive autant de pas vers le judaïsme, d'après la doctrine de la tradition : —
(ij Talfflod, Yebamotb, fol. 57. (S) Zach«rie, XlV, 7.
Quiconque abjure l'idolâtrie est sectateur du judaïsme (1). Or, plus on approche du judaïsme, mieux on sait en apprécier les principes et les doctrines. Il en est à cet égard comme des corps célestes qui, contemplés de loin , paraissent affectés de taches plus ou moins grossières, lesquelles observées de plus près se transforment en parties essentielles de la sphère. Le judaïsme se montre à qui veut le voir; il s'offre spontanément à tous les regards, dans ses livres comme dans ses représentants; c'est sa manière à lui, et il n'en aurajamais d'autres, de faire du prosélytisme. La tradition caractérise admirablement et cette épreuve de la dispersion et ce genre de prosélytisme dans le passage suivant : — Rabbi Éléazar a dit : Pourquoi Dieu a-t-il disséminé Israël parmi les nations? Pour lui recruter partout des prosélytes ; car le prophète a dit : Je les ensemencerai dans la terre (2). Or, un quintal de semence produit une récolte de milliers de quintaux (3) •— '. Et celte comparaison d'Israël avec la semence, voici comment l'explique un de nos plus grands théologiens : — « Cette graine de semence, dit-il, jetée dans le « sol, change, s'altère, se modifie, se transforme ostensiblea ment en terre, en fumier, au point de ne conserver aucun ft vestige de sa forme première, du moins pour l'observateur « superficiel. Eh bien, en réalité, c'est tout le contraire; c'est (( cette graine isolée qui transforme la terre et l'eau en les « absorbant; elle les modifie graduellement, réduit leurs élé- M menls en poudre, et finit par leur faire prendre sa propre
« forme, en les dégageant de leur enveloppe C'est ainsi
V que la foi de Moïse possède la vertu d'attirer à elle et de s'as- « similer finalement les autres religions venues après elle, en « dépit des apparences qui nous la montrent repoussée et dé- « daignée par ces dernières. Les autres religions peuvent être (( considérées comme une préparation, une sorte de préambule « à l'avènement du Messie, qui est le fruit divin destiné aies « absorber, et alors les diverses branches ne formeront plus
(i) Talmad, MegoilU, fol. 13.— (S) Osée, 11, 25.
■^nm-^ «-ip5 rra ^tisn te. (3) lalmud, Peuahlm, fol. 87.
• qn^on arbre aniqae (1 ). » Voilà comment le judaïsme entend et doit entendre le prosélytisme.
Du gouvernement de la dispersion.
Âpres avoir caractérisé le fait même de la dispersion au point de vue de TÉcriture et de la tradition , il importe d'en faire connaître le pouvoir dirigeant. Ce serait, en effet, une grande erreur que de la croire abandonnée à elle-même, sans guide ni boussole, sur cet immense Océan. Mais quelles sont les conditions essentielles d'un gouvernement? Elles sont, ce nous semble, au nombre de deux : un centre, un foyer d'où parlent et où convergent les rayons du pouvoir et les représentants de ce pouvoir. Quel est ce centre depuis la ruine de Jérusalem? C'est un centre purement moral, et par cela môme imprenable et invincible ; ce centre, c'est l'école, l'académie religieuse, le Beth-Hamidrasch.
Ceci fera comprendre pourquoi nous datons la dispersion du lendemain de la prise de Jérusalem et du temple. Sans doute la dissémination et le cosmopolitisme israélites sont bien antérieurs à cette époque. Ils remontent tout d'abord à la captivité de Babylone. L'immense majorité, et, ce qui est plus remarquable, la plus noble partie d'Israël, était restée dans les pays de la Chaldée, au lieu de suivre dans leur retour vers la patrie les chefs de la restauration, Ezra et Néhëmie (2). Ezra emporta les matières grossières, mélangées, et laissa la fleur de farine à Babel, dit la tradition 3). Tout le monde sait qu'ensuite, sous les Ptolémées,une émigration considérable, moitié forcée, moitié spontanée, eut lieu et alla fonder en Egypte de grandes et florissantes communautés (4). Plus tard, mais longtemps avant la chute du temple, il y eut des Israélites à Rome, puisque sous Tibère déjà le gouvernement s'en occupa .5). 11 y eut également
(1) Le KhoxarMîTre, IV. ii. (*) Ttlmod , Sacca, fol. 51 ; Josèphe.
(S) Ezra, II, 64 Antiquit., lifreXII.
(^) TfllmBd, KidonMbiD, fol. Tf». (ft) ihid., litre XVIII, okiip. 49.
de nombreuses fractions dans toutes les villes de TAsie Mineure depuis rëre des Séleucides. Cependant nous datons la dispersion de la chute du second temple, par ce motif que, le centre à la fois religieux elpolitique étantresté jusqu'alors à Jérusalem , toutes ces émigrations partielles que nous venons de mentionner ne constituent pas un fait religieux proprement dit. Ce sont des essais de peuplement, de colonisation, comme il s*en rencontre chez tous les peuples , et qui par conséquent n'ont rien de commun avec l'histoire de la religion, k cet effet, il importe de constater que le mouvement des juifs hellénistes, qui a son représentant le plus élevé dans Philon, appartient bien plus à la philosophie qu'à la théologie. Il ne jaillit pas, ce mouvement, des sources vives de l'Écriture et de la tradition. Il a tenté une entreprise impossible, celle de greffer la philosophie de Platon sur le tronc éternel du mosaïsme, à tel point que Ton ne sait trop si Platon est un Moïse parlant grec ou si Moïse est un Platon parlant hébreu. C'est pourquoi les juifs hellénistes, malgré leur savoir, leurs grandes qualités, leur éminent degré de civilisation , leur connaissance de la philosophie grecque, ne seront jamais autre chose pour l'histoire du judaïsme qu'un intéressant épisode, pour ne pas dire une excroissance de l'arbre de vie. On peut en dire autant des Israélites disséminés en Asie, dans les provinces romaines et à Rome môme. Ils témoignent du génie cosmopolite de la race juive, mais il ne reste d'eux aucune trace propre à fixer l'attention de l'historien du judaïsme.
La véritable dispersion, celle qui ouvre le sillon, qui creuse l'ornière dans laquelle se sont engagées si profondément les destinées d'Israël, commence donc, ainsi que nous l'avons établi, avec Rabbi Yohanan ben Zakaï, le jour où il transporte la grande école religieuse de Jérusalem à Yabné (Yamnia). C'est cette école qui constitue le centre moral, nous allions dire le drapeau ralliant autour de lui les débris du naufrage. C'est l'Académie de Yabné qui est le sjmbole de l'unité future d'Israël, laquelle ne se rattachera plus à une capitale, à un sanctuaire matériel, mais reposera tout entière sur la Loi et sur la tradi-
lion qui explique la Loi, c*est-à-diresur un centre insaisissable, d une mobilité, d'une facilite de transport qui dëfie les hostilités et tous les appétits de destruction. Désormais, ce que Ton appelle VÉtai sera là où s'épanouit la science sacrée, où se concentre le foyer de lumière, où fleurit renseignement religieux, où résident les illustres maîtres et se réunissent les nombreux disciples. Ce centre moral est aujourd'hui à Yabné ; il sera demain à Tibëriade, après-demain dans la Palestine, dans cette Babylonie qui est le sol natal de la race d'Abraham et où il se fixera pendant des siècles. De là il suivra la marche de la civilisation de TOrient à l'Occident, passant par l'Afrique, jetant un grand éclat en Espagne et dans le midi de la France, fnyant l'intolérance et la persécution, tantôt vers les régions froides et vierges encore du Nord, tantôt attiré comme par un mirage yers les cendres de Sion. C'est de ce centre moral que la tradition dit dans sa langue à elle : — Depuis la ruine dn sanctuaire. Dieu ne possède plus sur la terre que l'espace de quatre coudées assigné à l'enseignement de la doctrine (1). — On sait combien ce passage a exercé la sagacité des commentateurs, etnotammentde Maïmonide(3). Voilà le sens tout trouvé : ce que fut le temple saint pour Israël existant comme nation, l'Académie, le Beth hamidrasch, l'école religieuse, le pauvre et misérable réduit où s'enseigne la parole divine, n'importe en quel endroit et sous quelle latitude, le sera pour Israël dispersé par tous pays.
De la nature du pouvoir depuis la dispersion.
A partir de la dispersion, il n'y a plus ni sacerdoce ni empire, elles privilèges de race, si faibles, si réduits déjà sous le gouvernement du second temple, semblent s'abîmer dans le désastre général de la nation. Il est donc heureux que le pouvoir fût recueilli au milieu de ces ruines par les Pharisiens et leurs
(l) Talmod, Beraehoth, fol. 8. {%) Préface géoérale ao Conniflotaire de
I* Mischaa.
successeurs les rabbins, afin de maintenir une autorité propre à guider les brebis égarées et dispersées. Qu'on'ne se hâte pas de prononcer ici les mots si mal sonnants de nos jours, les mots de pouvoir clérical, d'autorité ecclésiastique, de spirituel dominant le temporel. Oui, il y avait une autorité prépondérante exercée par les interprètes de la Loi ; mais sait-on ce que fut cette dictature? Un pouvoir fort peu enviable, le pouvoir de montrer en regard des douleurs et des tortures de la terre les récompenses du ciel et les promesses d'une délivrance infaillible, le privilège de marcher souvent au martyre à la tète
du saint troupeau. Mais laissons parler la tradition qui saura le mieux nous définir la nature de cette autorité rabbinique réunissant désormais en elle le sacerdoce et Tempire. Elle nous l'explique en deux passages, dont le premier est ainsi conçu : — Il existe trois couronnes : la couronne royale, la couronne pontificale et la couronne de la loi. La couronne royale appartient à la dynastie Davidique ; la couronne pontificale est la propriété de la race d'Aron ; mais la couronne de la Loi, celle du savoir, n'appartient à personne, ou plutôt elle appartient à tout le monde ; on n'a qu'à se baisser pour la prendre, et c'est pour ce motif qu'elle est infiniment supérieure aux deux autres (1). Seule, elle possède les conditions de durée, en dehors et au-dessus des vicissitudes politiques et nationales ; seule, elle répond à ce que Ton exalte aujourd'hui sous le nom de l'aristocratie démérite, d'autant plus vivace qu'elle se recrute de partout et se renouvelle toujours. Le pouvoir rabbinique était d'ailleurs le seul qui pût s'adapter à toutes les situations, au sein de cette dispersion qui ne comportait que des autorités purement morales, en rapport avec le centre moral que nous venons de décrire. C'est ce qui résulte du second passage que nous venons de décrire. La première pAtV/pp/gwe de Moïse contre Israël rebelle et dégénéré se termine en ces termes : — v Mais, « alors même qu'ils se trouveront dans le pays de leurs eune- « mis, je ne les mépriserai pas^ je ne les rejetterai pas, je ne
(I) AlH>th, IV, 17. Talmud, Ydma, fol. 19.
€ les anéantirai pas^ ni ne romprai mon aUiance avec eux, « car je sais (toujours) TÉternel leur Dieu(l).»— Or, ces quatre expressions se rapportant, malgré leur diversité, à un fait unique, rinyiolabilité de Talliance de Dieu avec Israël, l!exégèse de la tradition les applique aux quatre grandes révolutions des empires avec lesquels le peuple de Dieu aura à lutter : e je ne i les mépriserai pas fait allusion à la captivité de Babylone, où « Dieu nous donna Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria; je « ne les rejetterai pas a trait à la persécution d'Aman, où Dieu ff nous secourut par Mardochée et Esther ; je ne les anéantirai « pas se rapporte à la tyrannie grecque sous Antiochus, où « Dieu nous suscita Hatatbias et ses héroïques fils ; je ne t^îo- 8 lerai jamais mon alliance avec eux s'applique à la longue et « cruelle oppression romaine, où la Providence mit à notre tôte « nUustre maison de Rabbi (Yehouda hanassi) et les sages des ^ générations suivantes (2). » On ne saurait dire en termes plus saisissants que les guides et les gouverneurs dlsraêl pendant la dispersion, ce sont les chefs spirituels marchant sur les traces de Rabbi, c'est-à-dire gouvernant par l'ascendant moral, par la persuasion, par l'enseiguement, par la vulgarisation des idées religieuses, par un dévouement absolu à la cause sacrée, ne reconnaissant, ne réclamant d'autres insignes pour leur autorité que la science et la vertu. Voilà la vraie tradition rabbir niqne, celle qui s'inspire de la maison de Rabbi, depuis Hillel jusqu'à l'auteur de la Mischna; celle à laquelle doit s'attacher ëtroiteàient le rabbinisme moderne, sous peine de manquer à sa mission.
Nous croyons avoir suffisamment mis en lumière et le fait de la dispersion et le gouvernement qui n'a cessé d'y présider, Mais après en avoir recomposé la physionomie, après lui avoir restitué son centre moral dans l'organisation du Belh hamidrasch et son gouvernement, en le personnifiant dans la mission si douloureuse, si désintéressée et en même temps si élevée du rabbinisme, il nous reste à exposer les résultats qu'elle a pro-
(i) UtH., XXVI, 44. (%) Talmad, MefaUU, fol , 49.
doits, grftce à cette pussance mystérieuse qai, sans armes, sans prestige et sans les insignœ de Tautorité, s'éiendit comme an immense réseau sur tous les tronçons de la dispersion. Ces résultats, nous allons les étudier dans les monuments de la tradition.