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CONCLUSION GÉNÉRALE DE LA THÉODIGÉE

Comme le voyageur qui, au bout de chaque étape, mesure de l'œil la distance parcourue, en se féUcitant de s'être rapproché d'autant du but auquel il aspire, nous voudrions, au moment

(0 BaU B«lbn, fol. 1». (3) Guide, 1^* partie, chi^. 49; Ikarin,

(s) Talaad Tentohalmi , BenohoUt , liTre il, clup. It. oiMp. 9.

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de clore la première partie de notre travail ^ Fembrasser dans an conp d*œil d^ensemble.

Nous noas étions imposé la tâche d*envisager renseignement dogmatique sous ses différentes faces, et notamment aux points de vue de la continuité, de raclualité et de Tuniversalité des dogmes.

En ce qui concerne la œntinuitè, nous rappelons la méthode théologique dont nous avons posé le principe dans notre préface, et que nous avons cherché à mettre en pratique dans Tétude spéciale de chaque dogme. Nous l'avons donc étudié successivement dans les trois grandes manifestations de Pbistoire religieuse : d'abord dans TËcriture, où il se trouve tantôt sous la forme du récit populaire et de la précision législative, tantôt sous celle de Tinvocation ou de Tallégorie prophétique ; ensuite dans la tradition, qui, reprenant en sous-œuvre le texte biblique, Télargit ^t Fenrichit par son fécond système d'interprétation ; enfin dans Técole théologique, qui ne craint pas de tirer hardiment le rideau des mystères de la Loi, d'aborder directement l'étude des dogmes et de les faire entrer dans le domaine de l'enseigment didactique. Nous avons donc tour à tour porté nos méditations sur le Dieu créateur^ unique^ immatériel^ élemel et, par conséquent, seul adorable^ en les appuyant solidement sur le texte de la Loi et des prophètes, puis sur des passages aussi curieux que profonds disséminés dans le Talmud et les Midraschim, et finalement sur les systèmes de nos grands théologiens. Si nous avons fait à ces derniers une place parfois trop considérable, c'est que nous y avons vu des matériaux non moins utiles qu'indispensables à la fondation de la future théologie.

Sous le rapport de Vactualité^ nous nous sommes attaché à signaler dans les dogmes, à côté des principes, le côté moral et pratique; nous avons été assez heureux d'y découvrir mieux que de sèches entités, mieux que des abstractions. Grâce à Tapplicaliop du dogme à la morale, nous y avons puisé plus d'un précepte et d'une règle de conduite. En entrant dans cette voie de la réalisation, nous n'avons fait que restituer aux

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priocipes fondamentaux ie caractère dont Moise laHméme semble les investir, en les fondant avec Thistoire et la législation. Ceci d'ailleurs est parfaitement d^accord avec la raison humaine, pour laquelle les meilleures théories sont celles qui s'allient avec la pratique de la vie; et la religion n*est, en définitive, autre chose que Talliance de Télément divin avec Télément humain. De là Turgente nécessité dlntroduire dans le culte extérieur périclitant une large infusion de la sève vitale et immortelle contenue dans les vérités de la théodicée. Quant au dernier point de vue, celui de Vuniversalitéi nous avons eu déjà Toccasion (1) de solliciter à cet égard Tatlention du judaïsme français ; nous avons dit qu'il y a là un terrain neutre, ou, pour mieux dire, un terrain de conciliation où les partis religieux peuvent se donner la main. Nous ne saurions trop le répéter : ici rien ne nous divise, ici rien ne vient scinder Israël en deux camps opposés; aux termes prétentieux de conservation et de réforme viennent se substituer spontanément ceux d'union et concorde dans le sein de Dieu, et succéder rheureuse entente proclamée par la tradition : « Les uns et les autres sont les organes du Dieu vivant (2). » Mais il s'agit d'une universalité bien autrement vaste et compréhensive. C'est notre ambition de faire de la théologie un enseignement, non pas étroit, local, applicable à la seule race de Jacob, et, par suite, s'inspirant plus ou moins de l'esprit de secte, mais accessible à toutes les communions religieuses. Et tel est, à coup sûr, si nous avons quelque peu réussi à l'établir, l'esprit de noire théodicée. Y at-il dans notre exposé des dogmes de la création, de l'unité, de l'incorporéité, de l'éternité et de la parfaite adoration de Dieu, dans tout ce que nous venons d'apprendre et d'enseigner, y a-t-il quelque chose qui sente Texclusivisme ou le particularisme? Non : point de mystère qui oblige la foi en violentant la conscience ; point de principe qui blesse les lois éternelles de la logique; point de doctrine qui soit de nature

( t ) Voir U fin Je l'Iiilroductiou générale.

(i) Taimnd, fntsim ; voir rinirodaotion géoérale, p. 118.

ou à alimenter la discorde, oa bien à engendrer la superstition et le fanatisme ; la yéritë à tous et pour tous, et eomme le dit la Bible elle-même : « Du levant au couchant, le nom de l'Éternel est loué et exalté parmi les nations (1). » Et la Bible ne serait pas le livre par excellence, et la mission dlsraël serait un non-sens, s'il en était autrement.

Loué soit le Seigneur qui nous a créés pour sa gloire, qui nous a donné un cœur pour sentir, une ftme pour comprendre ses perfections, et qui nous comble des trésors de ses grâces et bontés en raison directe de nos efforts pour le connaître et Tadorer. Ck>nnailre Dieu, c'est trouver gr&ce à ses yeux (2) !

(1) MftIaoUe, i, 1 1; PiMmet, CXIII, S; (t) Exode, XXXIII, 15. Tataïad, Mesaholli^fol. 110.

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