‹ Le Juif errant d'aujourd'huiChapitre 32 sur 76 · LE GROUPE DES PROFESSIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

LE GROUPE DES PROFESSIONS DIVERSES

(passant de 286 à 2.309 ; chez les Lithuaniens (passant de 189 à 1.306) et chez les Riithcnes (de 138 à 1.032), il aurait septuplé ; et ainsi de suite. Ces changements tout à fait invraisemblables s'expliquent simplement par la dite modification dans la manière d'enregistrer, et cette même modification explique différents autres détails incompréhensibles de l'émigration juive.

CIIAiniKE IV

LES EMIGRANTS DE PROFESSIONS Ci)MM1-;RGI ALES

Les variations annuelles d\i nombre des éniigrants juifs de professions « diverses » ne peuvent pas avoir d'intérêt bien appréciable, précisément j)arce que c'est un groupe de professions diverses, c'est-à-dire un g-roupe très hétérogène, comprenant, à côlé de gens de commerce, des domestiques et des agriculteurs, et parce que ce groupe est très incomplet, ne lenfeimant pas même tous les émigrants de professions commerciales (les employés de commerce et les comptables étant misa part). Par contre, il est très intéressant d'établir le nombre total et les variations annuelles des émigrants appartenant aux professions commerciales. Déduisant du groupe des professions « diverses » les chiffres qui se rapportent aux domestiques et au petit groupe des agriculteurs (1), nous ne prendrons que les commerçants de différentes espèces (agents, banquiers, marchands, hôteliers, fabricants), ainsi que ceux qui répondent à !a dénomination de « manœuvres », et nous y ajouterons les «employés de commerce et comptables » ; nous obtiendrons ainsi, d'une façon très approximative, le groupe des émigrants juifs précédemment occupés dans le commerce (2).

(1) Pour ce qui concerne le nombre total et les variations annuelles du petit groupe agricole, voir tableau XL.

(2) 11 faut cependant noter qu'une telle coraposilion du groupe

LES E.\llGa.\NTS DE PROFESSIONS COMMERCIALES

En comparant les nombres des immigrants de ce groupe avec les chillres de tous les immigrants actifs juifs, on obtient le tableau suivant :

Table.^u XXII Commerçants parmi les immigrants actifs Juifs

Années

Actifs

Comnier(;ants

Commerçants

p. 100 actifs

a) Ce tableau nous montre tout d'abord que, durant les 12 années de 1899 à 1910, plus de 1:^0.000 commerrants (ou anciens commerrants) juifs ont émigré aux I']tats-1 luis, soit plus de KKOOO /jur nnnée efunoyeiuie.lA comme le chiiïre de tous les Juifs actifs immigrés pendant ce tem|»s est à peu près égal à GOO.OOl) (ou .")(). 00(1 par arinéi! en inoy^'nnc on arrive à cellr' conclusinn (juo, en moyenne, les rommrrçan/s /onnriif un jieuplus (P uii ciuqjiiètnc {2ï 0/0) des iintnit/ruii/s jui/s acli/s.

coimiiercial clio/. les iMui^iiinl.s juifs est, (r.ipii'-s h-s faits el li's r.ijsons invoqué» plus liant, la plus protnihlc, mais ([u'elle n'»>st nulIciiKMit certaine; parooiiHtNjuoiit, l»; labluaii \.\ll, liasé sur lUie liypotliôsc, lia pus la ciMlilutlo iclalive do nos autres tableaux.

LES PHOFESSIO.NS DES EMKaïA.NTS JLIFS

b) Quant aux vai talions amiuelles du nombre et du pourcentra^e des commerçants parmi les immigrants, nous pouvons faire les constatations suivantes :

1"^ Le nombre des commerçants irnmigrés monte et baisse dans les mêmes années que le nombre des actifs en général (il atteint aussi son maximum en lUOo,tout comme le nombre des actifs, des hommes, des adultes jeunes ou des intellectuels) ;

2° Le pourcenlaf/e des commerçants parmi les immigrants actifs varie en sens inverse des variations de leur nombre absolu : ce pourcentage est élevé dans les années de baisse du mouvement migratoire (1899-1903 ou 1908-1909), il est réduit pendant les années de hausse (1908-1907 ou 1910). On le voit, du reste, très clairement par le diagramme n° 5.

3)iaojva/mme X5

lit

Commençants

If

Oc

LES ÉMIGRANTS DE Pn<»FESS10>S COMMERCtALES 129

Cela signifie que tout on baissant et en montant pendant les mêmes années que le nombre des actifs en général, le nombre des commerçants tombe pourtant relativement moins dans les années de baisse et monte également moins dans les années de hausse du mouvement migratoire. Ceci n'a rien de particulièrement étonnant. Il ne faut pas oublier que nous avons allaire ici à des Lufl'MenscIten, à des personnes qui vivent sous un régime de crise continuelle ; les temps d'essor économique apportent fort peu d'amélioration à leur situation, les temps de crise ne la rendent guère plus mauvaise ; bien que subissant le contre-coup des fluctuations du marché, ils le ressentent moins que ceux qui prennent une part directe à la [)roduction moderne.

3" 11 est curieux de noter que le pourcentage de ces « fAi/t-Menscheu » parmi les érniffraiils juifs, malgré ses oscillations annuelles, tend d'une jaçon générale vers la baisse. Ainsi, pendant les cinq premières années de notre tableau (1809-1903), ce pourcentage varie entre 25 et 27 0/0 des actifs; durant les derniers 7 ans, il ne s'élève jamais au-dessus de 22 (I () et retombe même à 18 0/0 ''en 1910). Voir encore notre diae^ramme n%-) (1).

(1; Si l'on ftnvisage les choses en détail, on constate que cotte liaisse ne touclie pas ceux qui sont enrej^istrés comin»^ « einployés et comptables » ou comme i< marchands » mais uniquement, et dans une très forte mesure, ceux qui sont classés romiiie «impies inaiiccuvres. Ainsi, tandis que le iiomhrt' total des actifs juifs immif^ros aux Klals Unis est, on l'.tio, pr<'s- (|u'f'),'al à celui de l'année 190.'{, le nonihre des « manu'uvres » juifs immigrés aux Klalslnis est lomhé de G.fiC)'! (soit IT) 0()) en HK):{, ù :{.3ir. (soit 7 (i/o seuifuiml en t'.tKi; il a donc iiaissr d'inif moitié.

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