I. Va
mençaient à me scalper, lorsque... la Providence m'a sauvé de leurs mains.
— Mailieureux enfant, tu étais donc sans armos? tu n'avais donc pas d'escorte suffisante? — dit Dagobert.
— Nous ne pouvons pas porter d'armes, — dit Gabriel en souiiunt doucement, — et nous n'avons jamais d'escorte.
— Et tes camarades, ceux qui étaient avec toi, comment na t'ontils pas défendu ? — s'écria impétueusement Agricol.
— J'étais seul... mon frère.
— Seul?...
— Oui, seul, avec un guide.
— Comment ! tu es allé seul, désarmé, au milieu de ce pays barbare? — répéta Dagobert, ne pouvant croire à ce qu'il entendait.
— C'est sublime... — dit Agricol.
— La foi ne peut s'imposer par la force, — reprit simplement Gabiiel, — la persuasion peut seule répandre l'évangélique charité parmi ces pauvres sauvages.
— Mais lorsque la persuasion échoue... — dit Agricol.
— Que veux-tu, mon frère... on meurt pour sa croyance... en plaignant ceux qui la repoussent... car elle est bienfaisante à l'humanité.
Il y eut un moment de profond silence après cette réponse faite avec une simplicité touchante. Dagobert se connaissait trop en courage pour ne pas comprendre cet héroïsme à la fois calme et résigné; ainsi que son fils, il contemplait Gabriel avec une admiration mêlée de respect. Gabriel, sans alîcctation de fausse modestie, semblait compléteaient étranger aux sentiments qu'il faisait naître; aussi, s'adressant au soldat : — Qu'avez-vous donc?
— Ce que j'ai! — s'écria le soldat, — j'ai qu'après trente ans de guerre... je me croyais à peu près aussi brave que personne... et je trouve mon maître... et ce maître... c'est toi...
— Moi !... que voulez-vous dire?... qu'ai-je donc fait?...
— Mordieu! sais-tu que ces braves blessures-là, — et le vétéran prit avec transport les mains de Gabriel, — sont aussi glorieuses... plus glorieuses que les nôtres... à nous autres, batailleurs de profession...
— Oui... mon père dit vrai! — s'écria Agricol; et il ajouta avec exaltation : — Ah!... voilà les prêtres comme je les aime, comme je les vénère; charité, coimige, résignation ! ! !
— Je vous en prie... ne me vantez pas ainsi... — dit Gabriel avec embarras.
— Te vanter!... — reprit Dagobert. — Ah çà! voyons... quand j'allais au feu, moi, est-ce que j'y allais seul? est-ce que mon capi-
Tainc ne me voyait pas? est-ce que mes camarades n'étaient pas là ?... est-ce qu'à (lofant de vrai courage je n'aurais pas eu l'amonrpropre... pour ra'cpcronner; sans compter les cris de la bataille, l'odeur de la poudi'c, les fanfares des tro-mnettes, le bruit du canon, l'ardeur de mon clicval qui me bondissait entre les jambes, le diable et son train, quoi ! sans compter enfin que je sentais l'empereur là, qui, pour ma peau hardiment trouée, me donnerait un bout de galon ou de ruban pour compresse... Grâce à tout cela je passais pour crâne... bon... mais n'cs-tii pas mille fois plus crâne que moi, toi, mon brave enfant, toi qui t'en vas tout seul... désaraié... affronter des ennemis cent fois plus féroces que ceux que nous n'abordions, nous autres, que par escadrons et à grands coups de latte avec accompagnement d'obus et de mitraille ?
— Digne père... — s'écria le forgeron, — comme c'est beau et noble à toi de te rendre cette justice...
— Ah! mon frère... sa bonté pour moi lui exagère ce qui est naturel... •
— Naturel... pour des gaillards de ta trempe, oui! — dit le soldat, — et cette trcmpe-là est rare...
— Oh! oui, bien rare, car ce courage-là est le plus admirable des courages, — reprit Agricol. — Comment! tu sais aller à une mort presque certaine, et tu pars seul, un crucifix à la main, pour prêcher la cliarité, la fraternité chez les sauvages; ils te prennent, ils te tortiu-ent, et toi tu attends la mort sans te plaindre, sans haine, sans colère, sans vengeance... le pardon à la bouche... le sourire aux lèvres... et cela au fond des bois, seul, sans qu'on le sache, sans qu'on le voie, sans autre espoir, si tu en réchappes, que de cacher tes blessures sous ta modeste robe noire... Mordieu !... mon père a raison , viens donc soutenir encore que tu n'es pas aussi brave que lui!
— Et encore, — reprit Dagobert, — le pauvre enfant fait tout cela pour le roi de Prusse, car, comme tu dis, mon garçon , son courage et ses blessures ne changeront jamais sa robe noire en robe d'évêque.
— Je ne suis pas si désintéressé que je le parais, — dit Gabriel a Dagobert en souriant doucement; — si j'en suis digne, une grande récompense peut m'attendre là-haut.
— Quant à cela, mon garçon, je n'y entends rien... et je ne disputerai pas avec toi là-dessus... Ce que je soutiens... c'est ([ae ma vieille croix serait au moins aussi bien placée sur ta soutane que sur mon uniforme.
— Mais ces récompenses ne sont jamais pom- d'humbles prêtres comme Gabriel, — dit le forgei'on, — et pourtant si tu savais, mon
Ji'i LE JUIF EIUIANT
père, ce qu'il y a de vertu , de vaillance dans ce <ruc le parti prêtre appelle insolemment le bas clergé... Que de mérite caché, que de dévouements ignorés chez ces obscurs et dignes curés de campagne, si inhumainement traités et tenus sous un joug impitoyable par leurs évoques! Comme nous, ces pauvres prêtres sont des travailleurs dont tous les cœurs généreux doivent demander l'atTranchissement ! Fils du peuple comme nous, utiles comme nous, que justice leur soit rendue comme à nous... Est-ce vrai, Gabriel?... Tu ne me démentiras pas, mon bon frère, car ton ambition, me /lisais-tu, eût été d'avoir une petite cure de campagne, parce que tu savais tout le bien qu'on y pouvait faire...
— Mon désir est toujours le même, — dit tristement Gabriel, — mais malheureusement... — Puis, comme s'il eût voulu échapper à une pensée chagiine et changer d'entretien , il reprit en s'adressant à Dagobert : — Croyez-moi, soyez plus juste, ne l'abaissez pas votre courage en exaltant trop le nôtre»., votre courage est grand, bien grand, car après le combat la vue du carnage doit être terrible pour un cœur généreux... Nous, au moins, si l'on nous tue... nous ne tuons pas...
A ces mots du missionnaire, le soldat se redressa et le regarda avec surprise.
— Voilà qui est singulier ! — dit-il.
— Quoi donc, mon père ?
— Ce que Gabriel me dit là me rappelle ce que j'éprouvais à la guerre à mesure que je vieillissais. — Puis, après un moment de silence, Dagobert ajouta d'un ton gi-ave et triste qui ne lui était pas habituel : — Oui, ce que dit Gabriel me rappelle ce que j'éprouvais à la guerre... à mesure que je vieillissais... Voyez-vous, mes. enfants, plus d'une fois, quand le soir d'une grande bataille j'étais en vedette... seul... la nuit... au clair de la bme, sur le terrain qui nous restait, mais qui était couvert de cinq à six mille cadavres, parmi lesquels j'avais de vieux camarades de guerre... alors ce triste tableau, ce gi'and silence, me dégrisaient de l'envie de sabrer... (griserie comme une autre), et je me disais : « Voilà bien des hommes tués... Pourquoi?... pourquoi?... » Ce qui ne m'empêchait pas, bien , entendu, lorsque le lendemain on sonnait la charge, de me mettre
à sabrer comme un sourd... Mais c'est égal, quand, le bras fatigué, j'essuyais après une charge mon sabre tout sanglant sur la crinière démon cheval... je me disais encore... J'en ai tué... tué... tué... Pourquoi ? y
Le missionnaire et le forgeron se regardèrent en entendant le sol- "' dat faire ce singulier retour vers le passé.
—■ Hélas ! — lui dit Gabriel , — tous les cœurs génércuï resscn-
lent ce que vous ressentiez, à ces heures solennelles où l'ivresse de la gloire a disparu et où l"homme reste seul avec les bons instincts que Dieu a mis dans son cœur.
— C'est ce qui te prouve, mon brave enfant, que tu vaux mieux que moi, car ces nobles instincts, comme tu dis, ne t'ont jamais abandonné. Mais comment diable es-tu sorti des grilïes de ces em'age's sauvages qui t'avaient déjà crucifié?
A cette question de Dagobert, Gabriel tressaillit et rougit si visiblement que le soldat lui dit : — Si tu ne dois ou si tu ne peux pas répondre à ma demande... suppose que je n'ai rien dit...
— Je n'ai rien à vous cacher ni à mon frère... — dit le missionnaire d'une voix altérée. — Seulement j'aurai de la peine à vous faire comprendre... ce que je ne comprends pas moi-même...
— Comment cela? — dit Agricol surpris.
— Sans doute, — dit Gabriel en rougissant, — j'aurai été dupe d'un mensonge de mes sens trompés... Dans ce moment suprême où j'attendais la mort avec résignation... mon esprit affaibli malgré moi aura été trompé par une apparence... et ce qui, à cette heure encore, me parait inexplicable, m'aurait été dévoilé plus tard; nécessairement j'aurais su quelle était cette femme étrange...
Dagobert, en entendant le missionnaire, restait stupéfait, car, lui aussi cherchait vainement à s'expliquer le secours inattendu qui l'avait fait sortir de la prison de Leipsig, ainsi que les orpheUnes.
— De quelle femme parles-tu? — demanda le forgeron au missionnaire.
— De celle qui m'a sauvé.
— C'est une femme qui t'a sauvé des mains des sauvages? — dit Dagobert.
— Oui, — répondit Gabriel absorbé dans ses souvenirs, — une femme jeune et belle...
— Et qui était cette femme? — dit Agricol.
— Je ne sais... quand je le lui ai demandé... elle m'a répondu : Je $uis la sœur des affligés.
— Et d'où venait-elle? où allait-elle? — dit Dagobert singulièrement intéressé.
— Je vais où l'on souffre... m'a-t-elle répondu, — repartit le missionnaire, — et elle a continué son chemin dans le nord de l'Amérique, vers ces pays désolés où la neige est éternelle., et les nuits sans lin...
— Comme en Sibérie... — dit Dagobert devenu pensif.
— Mais, — reprit Agricol en s'adressant à Gabriel, qui semblait aussi de plus en plus absorbé, — de quelle manière cette femme cst-cllc venue à ton secours?
-2^6 LE JniP ERRANT
Le missionnaire allait répondre, lorsqu'un coup discrctoment Frappe à la porto de la chamhrc renouvela les craintes qu'Agricol oubliait depuis l'arrivée de son frère adoptif.
— Agricol, — dit une voix douce derrière la porte, — je voudrais le parler à Tinstant même...
Le forgeron reconnut la voix de la Mayoux, et alla ouvrir.
La jeune fille, au lieu d'entrer, se recula d'un pas dans le sombre / corridor, et dit d'une voix inquiète : — Mon Dieu, Agricol, il y a une heure qu'il fait grand jour, et tu n'es pas encore parti... quelle imprudence! j'ai veillé en bas,., dans la rue... Jusqu'à présent, je n'ai rien vu d'alarmant... mais on peut venir pour t'arrcter d'un moment à l'autre... Je t'en conjure... hâte-toi de partir et d'aller chez mademoiselle de Cardoville... il n'y a pas une minute à perdre...
— Sans l'arrivée de Gabriel, je serais parti... Mais pouvais-je résister au bonheur de rester quelques instants avec lui?
— Gabriel est ici? — dit la Mayeux avec une douce surprise, car, on l'a dit, elle avait été élevée avec lui et Agricol.
— Oui, — répondit Agricol, — depuis une demi-heure il est avec moi et mon père...
— Quel bonheur j'aurai aussi à le revoir! — dit la Mayeux. — Il sera sans doute monté pendant que j'étais allée tout à l'heure chez ta mère, lui demander si je pouvais lui être bonne à quelque chose, à cause de ces jeunes demoiselles. Mais elles sont si fatiguées qu'elles dorment encore. Madame Françoise m'a priée de te donner cette lettre pour ton père... elle vient de la recevoir...
— Merci, ma bonne Mayeiux...
— Maintenant que tu as vu Gabriel... ne reste pas phis longtemps... juge quel coup pour ton père... si devant lui on venait t'arrèter, mon Dieu!
— Tu as raison... il est urgent que je parte... Auprès de lui et de Gabriel, malgré moi j'avais oublié mes craintes...
— Pars vite... et peut-être dans deux heures, si mademoiselle de Cardoville te rend ce grand service... tu pomTas revenir bien rassuré pour toi et pour les tiens,..
— C'est vrai... quelques minutes encore... et je descends.
~ Je retourne guetter à la porte; si je voyais quelque chose, je ^remonterais vite t'avertir; mais ne tarde pas. \ — Sois tranquille...
La Mayeux descendit prestement l'escalier pour aller veiller h la »orte de la rue, et Agricol rentra dans la mansarde.
— Mon père, — dit-il à Dagobert, — voici une lettre que ma mère Tous prie de lire; elle vient de la recevoir.
— Eh bien, lis pour moi. mon garçon.
Agricol lut ce qui suit :
« Madame, » J'apprends que votre mari est chargé par M. le général Simon d'une affaire de la plus grande importance. Veuillez, dès que votre mari arrivei'a à Paris, le prier de se rendre dans mon étude, à Chartres, sans le moindre délai. Je suis chargé de lui remettre, à lui-même et non à d'autres, des pièces indispensahles aux intérêts de M. le général Simon.
» DuuAND^ notaire à Chartres. »
Dagobert regarda son fils avec étonncment, et lui dit : — Qui aura pu instruire ce monsieur de ma prochaine arrivée à Paris?
— Peut-être ce notaire dont vous avez perdu l'adresse, et à qui vous aviez envoyé des papiers, mon père, — dit Agricol.
— Mais il ne s'appelait pas Durand, et, je m'en souviens bien, il était notaire à Paris, non à Chartres... D'un autre côté, — ajouta le soldat en réfléchissant, — s'il a des papiers d'une grande importance, qu'il ne doit remettre qu'à moi...
— Vous ne pouvez, il me semble, vous dispenser de partir le plus tôt possible, — dit Agricol presque heureux de cette circonstance qui éloignait son père pendant environ deux jours, durant lesquels son sort, à lui Agricol, serait décidé d'une façon ou d'une autre.
— Ton conseil est bon, — lui dit Dagobert.
— Cela contrarie vos projets? — demanda Gabriel.
— Un peu, mes enfants,- car je complais passer ma journée avec vous autres... Enfin... le devoir avant tout. Je suis bien venu de Sibérie h Paris... ce n'est pas poiir craindre d'aller de Paris à Chartres, lorsqu'il s'agit d'une affaire si importante. En deux fois vingtquatre heures je serai de retour. Mais c'est égal, c'est singulier; que le diable m'emporte si je m'attendais à vous quitter aujourd'hui pour aller à Chartres ! Heureusement je laisse Rose et Blanche à ma bonne femme, et leur ange Gabriel, comme elles l'appellent, viendra leur tenir compagnie.
— Cela me sera malheureusement impossible, — dit le missionnaire avec tristesse. — Cette visite de retour à ma bonne mère et à Agricol... est aussi une visite d'adieux.
— Comment ! d'adieux? — dirent à la fois Dagobert et Agricol.
— Hélas! oui. '^
— Tu repars déjà pour une autre mission? — dit Dagobert; — 'fi st impossible.
— Je ne puis rien vous répondre à ce sujet, — dit Gabriel en ctoufTant un soupir; — mais d'ici à quelque temps... je ne puis, je ao dois revenir dans cette, maison...
«48 LE JUIF EURANT
— Tiens, mon brave enfant, — reprit le soldat avec émotion, — il y a dans ta conduite quelque chose qui sent la contrainte... l'oppression... Je me connais en hommes... celui que tu appelles ton supérieur, et que j'ai vu quelques instants après le naufrage, au château de Cardoville... a une mauvaise figure, et, mordieu! je suis fâché de te voir enrôlé sous un pareil capitaine.
— Au château de Cardoville!... — s'écria le forgeron, frappé de cette ressemblance de nom; — c'est au château de Cardoville que l'on Vous a recueillis après votre naufrage?
— Oui, mon garçon; qu'cst-ee qui t'étonne?
— Rien, mon père... Et les maîtres de ce château y habitaient-ils 1
— Non, car le régisseur, à qui je l'ai demandé pour les remercier de la bonne hospitalité que nous avions reçue, m'a dit que la personne à qui il appartenait habitait Paris...
— Quel singulier rapprochement ! — se dit Agricol , — si celle demoiselle était la propriétaire du château qui porte son nom... — Puis, cette réflexion lui rappelant la promesse qu'il avait faite à lu Mayeux, il dit à Dagobert : — Mon père, excusez-moi... mais il est déjà tard... et je devais être aux ateliers à huit heures...
— C'est trop juste, mon garçon... Allons... c'est partie remise... à mon retour de Chartres... Embrasse -moi encore une fois et sauve-toi.
Depuis que Dagobert avait parlé à Gabriel de contrainte, d'oppression, ce dernier était resté pensif... Au moment où Agricol s'approchait pour lui serrer la main et lui dire adieu , le missionnaire lui dit d'une voix grave, solennelle, et d'un ton décidé qui étonna le forgeron et le soldat : — Mon bon frère... un mot encore... J'étais aussi venu pour te dire que d'ici à qacl(iucs jours... j'aurais besoin de toi... de vous aussi, mon père... Laissez-moi vous donner ce nom, — ajouta Gabriel d'une voix émue en se retournant vers Dagobert.
— Comme tu nous dis cela!... qu'y a-t-il donc? — s'écria le forgeron.
— Oui, — reprit Gabriel, — j'aurai besoin des conseils et ô:^. l'aide... de deux hommes d'honncm-, de deux hommes de résolsil'ion; je puis compter sur vous deux, n'est-ce pas? A toute heure...
juelque jour que ce soit... sur un mot de moi... vous vif'^Nlroz?
Dagobert et son fils se regardèrent en silence, étonnés ^, l'ace cr.L de Gabriel... Agricol sentit son cœur se serrer... S'il était prisonnier pondant que son frère aurait besoin de lui, comment faire?
— A toute heure du jour et de la nuit, mon brave enfant, lu peux compter sur nous, — dit Dagobeit aussi surpris qu'intéi'essé, ; «— tu as un pore et un fière... sers-l'en, .
LE JUIF EURANT S49
— Merci... merci, — dit Gabriel, — vous me rendez heureux.
— Sais-tu une chose ? — reprit le soldat, — si ce n'était ta robe. Je croirais... qu'il s'agit d'un duel... d'un duel à mort... de la façon dont tu nous dis cela !...
— D'un duel !... — dit le missionnaire en tressaillant, — oui. .. il s'agira peut-être d'uti duel e'irange... terrible... pour lequel il me faut deux témoins tels que vous... un père... et un frère...
Quelques instants après, Agricol, de plus en plus inquiet, se rendait en hâte chez mademoiselle de Cardoville, où nous allons conduire le lecteur.