‹ Le juif errant (volume 2)Chapitre 42 sur 53 · V.i>i LE JUIF tUUANT · texte numérisé non relu

V.i>i LE JUIF tUUANT

habituellement placide et séneuse, trahissait une froide et implacable méchanceté'.

A ce moment madame Grivois entra dans le cabinet de la princesse, tenant à la main le rapport que Florine venait de lui remettre sur la matinée d'Adrienne de Cardoville. Madame Grivois était depuis vingt ans au service de madame de Saint-Dizier; elle savait tout ce qu'une femme de chambre intime peut et doit savoir de sa maîtresse lorsque celle-ci a été fort galante. Était-ce volontairement que la princesse avait conservé ce témoin si bien instmit des nombreuses erreurs de sa jeunesse? c'est ce que l'on ignorait généralement. Ce qui demeurait évident, c'est que madame Grivois jouissait auprès de la princesse de grands privilèges, et qu'elle était plutôt considérée par elle comme une femme de compagnie quô comme une femme de chambre.

— Voici, madame, les notes de Florine, — dit madame Grivois en remettant le papier à la princesse.

— J'examinerai cela tout à l'heure, — répondit madame de Saint- Dizier; — mais, dites-moi, ma nièce va se rendre ici. Pendant la conférence à laquelle elle va assister, vous conduirez dans son pavillon une personne qui doit bientôt venir ,el qui vous demandera de ma part.

— Bien, madame.

— Cet homme fora un inventaire exact de tout ce que renferme le pavillon qu'Adrienne habite. VoUs veillerez à ce que rien ne soit omis : ceci est de la plus grande importance.

— Oui, madame... Mais si Georgette ou Hébé veulent s'opposer...

— Soyez tranquille, l'homme chargé de cet inventaire a une qualité telle , que , lorsqu'elles le connaîtront , ces filles n'oseront s'opposer à cet inventaire ni aux autres mesures qu'il a encore à prendi'e... 11 ne faudrait pas manquer, tout en l'accompagnant, d'insister sur certaines particularités destinées à coutirmer les bruits que vous avez répandus depuis quelque temps...

— Soyez tranquille, madame, ces bruits ont maintenant la con- 6istance d'une vérité...

— Bientôt enfin cette Adrienne si Insolente et si hautaine sera donc brisée et forcée de demander grâce... et à moi encore...

Un vieux valet de chambre ouvTit les deux battants de la porte et annonça : M. l'abbé d'Aigrigny !

— Si mademoiselle de Cardoville se présente , — dit la princesw àinadame Grivois, — vous la prierez d'attendre un instant.

Oui, madame. . — dit la duègne, qui sortit avec le valet de

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