‹ Le juif errant (volume 3)Chapitre 44 sur 62 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

LA RUZrVE

C'est le lendemain de la mort des Clles du maréchal Simon.

Mademoiselle de Cardoville ignore encore la funeste fin de ses jeunes parentes; sa figure est rayonnante de bonheur. Jamais elle n'a été plus jolie; jamais ses yeux n'ont été plus brillants, son teint d'une blancheur plus éblouissante, ses lèvres d'un corail plus humide. Selon son habitude un peu excentrique de se vêtir chez elle d'une manière pittoresque, Adrienne porte, quoiqu'il soit environ trois heures de l'après-midi, une robe de moire d'un vert pâle, à jupe très ample, dont les manches et le corsage, largement tailladés de rose, sont rehaussés de passementeries de jais blanc d'une exquise délicatesse; un léger réseau de perles, aussi de jais blanc, cachant la natte épaisse qui se tord derrière la tête d'Adrienne, forme une sorte de coiffure orientale d'une originalité charmante, accompagnant à merveille les longues boucles de cheveux de la jeune fille qui encadrent son visage et tombent presque jusque sur son seirt arrondi. A l'expression de bonheur ineff;ible qui épanouit les traits de mademoiselle de Cardoville se joint certain air résolu, railleur, incisif, qui ne lui est pas habituel; sa ravissante tête semble se redresser plus vaillante encore sur un cou gracieux et blanc comme celui d'un cygne : on dirait qu'une ardeur mal contenue dilate ses

petites narinos roses et sensuelles, et qu'elle attend avec une imliaticnce hautaine le moment d'une lutte agressive et ironique...

Non loin d'Adrienne est la Mayeux; elle a repris dans la maison Ja place qu'elle y avait d'abord occupée : la jeune ouvrière porte le deuil de sa sœur; son visage exprime une tristesse douce et calme. Elle regarde mademoiselle de Cardoviile avec surprise, car jamais jusqu'alors elle n'a vu la physionomie de la belle patricienne empreinte de cette expression d'audace et d'ironie.

Mademoiselle de Cardoviile n'avait pas la moindre coquetterie, dans le sens étroit et vulgaire de ce mot; pointant elle jetait un regard interrogatif sur la glace devant laquelle elle se tenait debout ; pris, après avoir rendu sa souplesse élastique à une boucle de ses longs cheveux d'or, en l'enroulant un moment sur son doigt d'ivoire, elle elTaça du plat de sa main quelques plis imperceptibles formés par le froncement de l'épaisse étoffe autour de son élégant corsage. Ce mouvement et celui qu'elle fit en tournant à demi le dos à la glace pour voir si sa robe s'ajustait parfaitement de tout point, révélèrent, par une ondulation serpentine, tout le charme voluptueux, tous les divius trésors de cette taille souple, fine et cambrée; car malgré la richesse sculpturale du contour de ses hanches et de ses épaules blanches, fermes et lustrées comme un beau marbre pentélique, Adrienne était aussi l'une de ces heureuses privilégiées du Seigneur... qui peuvent se taire une ceinture de lenr jarretière. Ces charmantes évolutions de coquetterie féminine accomplies avec une grâce indicible, Adrienne, se tournant vers la Mayeux, dont la surprise allait croissant, lui dit en souriant : — Ma douce Madeleine, ne vous moquez pas trop de ma question : Que diriez-vous d'un tableau... qui me représenterait comme me voilà?...

— Mais, mademoiselle...

— Comment! encore mademoiselle! — dit Adrienne d'un ton de doux reproche.

— Mais... Adrienne... — reprit la Mayeux, — je dirais que je vois un charmant tableau... et que, comme toujours, vous êtes mise avec un goût parfait...

— Vous ne me trouvez pas mieux aujourd'hui... que les autres jours? Cher poëte.. je commence par vous déclarer que ce n'est pas pour moi que je vous demande cela... — ajouta gaiement Adrienne.

— Je m'en doute, — répondit la Mayeux en souriant un peu ; — eh bien, à vrai dire, il est impossible d'imaginer une toilette plus à votre avantage. Cette robe d'un vert tendre et d'un rose pcàle, relevée par le doux éclat de ces garnitures de jais blanc qui s'harmonicnt si merveilleusement avec l'or de vos cheveux, tout cela fait que de nia vie, je vous le lépète, je n'ai vu un aussi gracieux tableau...

Ce que la Mayeux disait, elle le sentait, et elle se trouvait heureuse de pouvoir l'exprimer, car nous avons dit la vive admiration de celte âme poétique pour tout ce qui était beau.

— Eh bien, — reprit gaiement Adricnne, — je suis ravie de ce que vous me trouvez mieux aujourd'hui qu'un autre jour, mon amie.

— Seulement... — reprit la Mayeux en hésitant.

— Seulement? — dit Adrienne en regardant la jeune ouvrière d'un regard interrogatif.

— Seulement, mon amie, — reprit la Mayeux, — si je ne vous ai jamais vue plus jolie... jamais je n'ai vu non plus sur vos traits l'expression résolue, ironique que vous aviez tout à l'heure... C'était (.omme un air d'impatient défi.

— C'est cela même, ma douce petite Madeleine, — dit Adrienne en se jetant au cou de la Mayeux avec une joyeuse tendresse; — il faut que je vous embrasse pour m'avoir si bien devinée; car si j'ai, voyez-vous, cet air un peu agressif... c'est que j'attends ma chère tante.

— Madame la princesse de Saint-Dizicr! — s'écria la Mayeux avec crainte, — cette grande dame si méchante qui vous a fait tant de mal?

— Justement; elle m'a demandé un moment d'entretien, et je me fais une joie do la recevoir...

— Une joie!...

— Une joie... un peu moqueuse, un peu ironique... im peu méchsiite, il est vrai, — repi'it gaiement Adrienne... — Jugez donc... Elle regrette ses galanteries, sa beauté, sa jeunesse; enfin, son embonpoint même la désole, cette sainte femme!... et elle va me voir belle, aimée, amoureuse, et mince... oui, surtout mince... — ajouta mademoiselle de Cardoville en riant comme une folie; puis elle reprit : — Or, vous ne pouvez vous imaginer, mon amie, l'envie forcenée, le désespoir atroce que cause aux ridicules prétentions d'une grosse femme miire... la vue d'une jeune femme... mince...

— Mon amie... — dit sérieusement la Mayeux, — vous plaisantez... et pourtant, je ne sais pourquoi la venue de la princesse m'effraye...

~- Cher et tendre cœ^ir, rassurez-vous donc, — reprit afTcL'tueusemcnt Adrienne; — cette femme, je ne la crains pas... je ne la crains phis... pour le lui bien prouver, et aussi pour la désoler beaucoup, je vais la traiter, elle, un monstre d'hypocrisie, de noirceur... elle, (}ui vient sans doute ici dans quoique dessein affreux... je vais la traiter en femme inolTensive et ridicule... pour tout dire, en grosse iemme... — Et Adrienne se prit à rire de nouveau.

Un valet de chambre entra, interrompit l'accès de folle gaieté

d'Adrienne, et lui dit : — Madame la princesse de Saint-Dizier fait demander si mademoiselle peut la recevoir.

— Certainement, — dit mademoiselle de Cardoville. Le domestique sortit,

La Mayeux allait, par discre'tion, se lever et quitter la chambre Adrienne la retint et lui dit avec un accent de sérieuse tendresse cj lui prenant la main : — Mon amie... restez... je vous en prie...

— Vous voulez...

— Oui... je veux... toujours par vengeance, — reprit Adrienna en souriant, — montrer à madame de Saint-Dizier... que j'ai une tendre amie... qu'enfin je jouis de tous les bonheiu's à la fois...

— Mais, Adrienne, — reprit timidement la îùayeux, — pensez donc... que...

— Silence! Voici la princesse, restez... Je vous le demande en grâce et comme un service. Votre rare instinct de cœur... devinera peut-ôtre le but caché de sa visite... les pressentiments de votre affection ne m'uiit-ils pas éclairée sur les trames de cet odieux Hodin?

Devant une telle prière, la Mayeux'ne pouvait hésiter; elle resta, mais fit quelques pas pour se reculer de la cheminée. Adrienne la prit par la main, la fit se rasseoir dans le fauteuil qu'elle occupait au coin du foyer et lui dit : — Ma chère Madeleine, gardez voli'e place; vous ne devez rien à madame de Saint-Dizier; moi, c'est différent : elle vient chez moi.

A peine Adrienne avait-elle prononcé ces mois, que la princesse entra, la tête haute, l'air imposant (et elle avait, on l'a dit, le plus grand air du monde), le pas ferme, la démarche allière.

Les caractères les plus entiers, les esprits les plus réfléchis, cèdent presque toujours par quelque endroit à de puériles faiblesses; une envie féroce, excitée par l'élégance, par la beauté, par l'esprit d'Adrienne, avait toujours eu une large part dans la haine de la princesse contre sa nièce; quoiqu'il lui fût impossible de songer à rivaliser avec Adrienne, et qu'elle n'y songeât même pas sérieusement, madame de Saint-Dizier n'avait pu s'empêcher, pour se rendre à l'entrevue qu'elle lui avait demandée, de mettre plus de recherche dans sa toilette et de se faire corser, serrer, sangler à triple tour, dans sa robe de taffetas changeant; compression qui lui rendait le visage beaucoup plus coloré rv'r'lie ne l'avait habituellement. En un mot, la foule des haineux se.. . arts qui l'animaient contre Adrienne avait, à la seule pensée de L^ue rencontre, jeté une telle perturba^ tion dans l'esprit ordinairement calme et mesuré de la princesse, qu'au lieu de ces toilettes simples et peu voyantes qu'en femme de tact et de goût elle portait d'ordinaire, elle avait commis la

maladresse d'une robe gorge de pigeon et d'un chapeau grenat orné d'un magnifique oiseau de paradis.

La haine, l'envie et l'orgueil du triomphe (la dévote songeait à l'habileté perfide avec laquelle elle avait envoyé à une mort presque assurée les filles du maréchal Simon) , l'exécrable espérance mal dissimulée de réussir dans de nouvelles trames, se partageaient, pour ainsi dire, l'expression de la p.liysionomie de la princesse de Saint-Dizier lorsqu'elle entra chez sa nièce.

Adrienne, sans faire un pas au-devant de sa tante, se leva néanmoins très poliment du sofa où elle était assise, fit une demi-révérence remplie de grâce et de dignité, puis elle se rassit; montrant alors du geste à la princesse un fauteuil placé en face de la cheminée dont la Mayeux occupait un angle, et elle, Adrionne, un autre coté, elle dit : — Donnez-vous la peine de vous asseoir, madame.

La princesse devint très rouge, resta debout, et jeta un regard de dédaigneuse et insolente surprise sur la Mayeux, qui, fidèle à la recommandation d'Adrienne, s'était légèrement inclinée à l'entrée de madame de Saint-Dizier sans lui offrir sa place. La jeune ouvrière avait agi de la sorte et par réflexion de dignité, et en écoutant aussi la voix de sa conscience, qui lui disait que la véritable supériorité de position n'appartenait pas à cette princesse lâche, hypocrite et méchante, mais à elle, la Mayeux, si admirablement bonne et df'vouée.

— Ayez donc la bonté de vous asseoir, mad.Ame, — reprit A..: ' inne de sa voix douce en désignant à sa tante le siège vacant.

— L'entretien que je vous ai demandé, mademoiselle, — dit la princesse, — doit être secret.

— Je n'ai pas de secret, madame, pour ma meilleure amie ; vous pouvez donc parler devant mademoiselle.

— Je sais depuis longtemps, — reprit madame de Saint-Dizier avec une ironie amère, — qu'en toutes choses vous vous souciez Ibit peu du secret et que vous êtes facile sur le choix de ce que vous appelez vos amis... mais vous me permettrez d'agir autrement que vous. Si vous n'avez pas de secrets, mademoiselle, j'en ai... moi... et je n'entends pas en faire confidence à la première venue...

Et la dévote jeta un nouveau coup d'œil de mépris sur la Mayeux.

Celle-ci, blessée du ton insolent de la princesse, répondit doucement et simplement : — Je ne vois pas jusqu'ici, madame, la dillerence si humiliante qui peut exister entre la première... et la dernière venue chez mademoiselle de Cardoville.

— Comment !... ça parle ! — s'écria la princesse d'iïn ton de pitié superbe et insolente.

— Du moins, madame... £a répond, — reprit la Mayeux de sa voix calme.

Je veuï vous entretenir seule; est-ce clair, mademoiselle? —

dit impatiemment la dévote à sa nièce.

Pardon... je ne vous comprends pas, madame, — ût Adrienne

d'un air étonné; — mademoiselle, qui m'honore de son amitié, veut bien consentir à assister à l'entretien que vous m'avez demandé. Je dis qu'elle le veut bien... parce qu'il lui faut, en effet, une très affectueuse condescendance pour se résigner à entendre... pom- l'amour de moi... toutes les choses gracieuses, bienveillantes... charmantes... dont vous venez sans doute me faire part...

— Mais, mademoiselle... — dit vivement la princesse.

— Permettez-moi de vous interrompre, madame, — reprit Adiienne avec l'accent d'une aménité parfaite, et comme si elle eût adressé à la dévote les compliments les plus flatteurs. — Afin de vous mettre tout de suite en confiance avec mademoiselle, je m'empresse de vous apprendre qu'elle est instruite de toutes les saintes perfidies... de toutes les pieuses noirceurs... de toutes les dévotes indignités... dont vous avez voulu et failli me rendre victime... elle sait enfin que vous êtes une mère de l'Église... c-omme on en voit peu... Puis-je espérer maintenant, madame, voir cesser votre délicate et intéressante réserve ?

— En vérité, — dit la princesse avec une sorte d'ébahissement courroucé, — je ne sais si je veille ou si je rêve...

— Ah ! mon Dieu ! — dit Adrienne d'un air alarmé, — ce doute que vous manifestez sur l'état de vos facultés est inquiétant, madame. Le sang vous monte sans doute à la tète... car votre visage est très coloré... vous serablez oppressée... comprimée... déprimée... peut-être (l'on peut se dire cela entre femmes)... peut-être êtes-vous un peu serrée... madame?

Ces mots, dits par Adrienne avec un adorable semblant d'intérêt et de njîïveté, manquèrent de faire suffoquer la princesse, qui, malgré elle, de^int cramoisie, et s'écria en s'asseyant brusquement : — Eh bien, sou, mademoiselle... Je préfère cet accueil à tout autre, il me met à l'aise... en confiance, comme vous dites...

— N'est-ce pas, madame? — dit Adrienne en souriant; — au moins l'on peut franchement dire tout ce que l'on a sur le cœm-... ce qui doit avoir pour vous le charme de la nouveauté... Voyons, I entre nous, avouez que vous me savez gré de vous mettre ainsi k même de déposer un instant ce fâcheux masque de dévotion, de douceur et de bonté qui doit tant vous peser...

En entendant les sarcasmes d'Adrienne, innocente vengeance, bien excusable si l'on songe à tout le mal que la princesse avait fait ou voulu faire à sa nièce, la Mayeux sentait son cœur se serrer, car, plus qu'Adrienne, et avec raison, elle redoutait la princesse, qui reprit

avec plus de sang-froid : — Jlille grâces, mademoiselle, de vos excellentes intentions et de vos sentiments pour moi ; je les apprécie tels qu'ils sont, el comme je dois, j'espère, sans plus atlendie, vous le prouver.

— Voyons, voyons, madame, — répondit Advienne avec enjouement. — Contez-nous donc cela tout de suite... Je suis d'une impatience... d'une curiosité...

— Et pourtant, — dit la princesse en feignant à son tour un enjouement ironique et amer, — vous êtes à mille lieues de vous douter de ce que je vais vous annoncer...

— Vraiment!... Moi je crains, madame, que votre candeur, que votre modestie ne vous abusent, — reprit Adrienne avec la même affabilité railleuse; — car il est bien peu de choses qui, de votre part, puissent me surprendre, madame; ne savez- vous pas... que, de vous... je m'attends à tout?

— Peut-être, rroademoiselle... — dit la dévote en articulant lentement ses paroles; — si, par exemple... je vous disais... qu'en vingtquatre heures, d'ici à demain... je suppose... vous allez être réduite... à la misère?...

Ceci était si imprévu, que madem.oiselle de Cardoville fît malgré elle un vif mouvement de surprise, et que la Mayeux tressaillit.

— Ah!... mademoiselle, — dit la princesse avec une joie triomphante et d'un ton doucereusement cruel en voyant la surprise croissante de sa nièce, — avouez maintenant que je vous étonne... quoique peu de chose de ma part, disiez-vous, dût avoir le droit de vous surprendre. Combien vous avez eu raison de donner à notre entretien le tour qu'il a pris... Il m'aurait fallu toutes sortes de périphrases pour vous dire : Mademoiselle, demain vous serez aussi pauvi'e que vous êtes riche aujourd'hui... tandis que je vous apprends cela tout simplement... tout bonnement... tout naïvement...

Son premier étonnement passé, Adrieiine reprit en souriant avec un calme qui stupéfia la dévote : — Eh bien, je vous l'avoue franchement, madame, oui, j'ai été surprise... car je m'attendais, de votre part, à quelqu'une de ces noires méchancetés où vous excellez, à quelque perfidie bien om'die, bien ciiielle... mais pouvais-j,e croire que vous feriez un si grand éclat d'une pareille insignifiance?...

— Être ruinée... complètement ruinée... — s'écria la dévote, — ruinée d'ici à demahi, vous si audacieusement prodigue; voir nonseulement tous vos revenus, mais cet hôtel, mais vos meubles, vos chevaux, vos bijoux, voir tout enfin, jusqu'à ces ridicules parures dont vous êtes si vaine... mis sous le séquestre, vous appelez cela une insignifiance? Vous qui dépensez indifféremment des milliers àe louis, vous voir réduite à une pcusi u alimentaire bien ir.féjieur*}

aux gages que vous donnez à une de vos femmes, vous appelez cela une insignifiance?...

Au cruel désappointement de sa tante, Adrieune, qui paraissait de plus en plus rassérénée, allait répondre à la princesse, loi-sque la porte du salon s'ouvrit, et, sans qu'il eût été annoncé, le piince j)jalma entra.

Une foUe et orgueilleuse tendresse resplendit sur le front radieux d'Adrienne à la vue du prince, et il est impossible de lendrc le regard de bonheur triomphant et dédaigneux qu'elle jela sur raa'lame de Saint-Dizier.

Jamais non plus Djalma n'avait été plus idéalement beau, jamais bonheur plus ineffable n'avait rayonné sur un vLsage humain. L'Indien portait une longue robe de cachemire blanc à mille raies de pourpre et d'or; son turban était de même couleur et de même étoffe; un magnifique chàle à palmes lui servait de ceinture.

A la vue de l'Indien, qu'elle n'avait pas espéré rencontrer cliez mademoiselle de Cardoville, la princesse de Saint-Dizier ne put cacher d'abord son profond étonnement.

Ce fut donc entre madame de Saint-Dizier, Adrienne, la Mayeux et Djakna, que se passa la scène suivante.

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