CHAPITRE LIV
SOWEIVÏRS
Djalma, n'ayant jamais jusqu'alors rencontré chez Adrienne madame de Saint-Dizier, avait d'abord paru assez surpris de sa présence. La princesse, gardant un morne silence, contemplait tour à tour avec une haine sourde et une envie implacable ces deux êtres si beaux, si jeunes, si amoureux, si heureux; tout à coup elle tressaillit comme si un souvenir d'une grande importance s'offrait brusquement à son esprit, et, durant quelques secondes, elle resta profondément absorbée.
Adrienne et Djalma profitaient de ce moment pour se couver des yeux, avec une sorte d'idolâtrie ardente qui remplissait leurs yeux d'une flamme humide; puis, à un mouvement de madame de Saint- Dizier, qui parut sortir de sa préoccupation momentanée, mademoiselle de Cardoville dit en souriant au jeune Indien : — Mon cher! 'cousin, je vais réparer un oubli, je vous l'avoue, très volontaiie (vous en saurez lu cause), en vous parlant pour la première fois d'ime de mes parentes à laquelle j'ai l'honneur de vous présenter... madame la princesse de Saint-Dizier.