CHAPITRE XXI
E.ES AMEUX.
Pendant la scène pénible que nous venons de raconter, une vive émotion avait coloré les traits de mademoiselle de Cardoville, pâlie, amaigrie par le chagrin. Ses joues, naguère d'une rondeur si pure, s'étaient déjà légèrement creusées, tandis qu'un cercle d'un faible et transparent azur cernait ses yeux noirs, tristement voilés au lieu d'être vifs et brillants comme par le passé; ses lèvres charmantes, quoique contractées par une inquiétude douloureuse, avaient cependant conservé leur incarnat humide et velouté.
Pour donner plus aisément ses soins à la Mayeux, Adrienne avait jeté au loin son chapeau, et les îlots soyeux de sa belle chevelure d'or cachaient presque son visage baissé vers la paillasse, auprès de laquelle elle se tenait agenouillée^ serrant entre ses mains d'ivoire les mains fluettes de la pauvre ouvrière, complètement rappelée à la vie depuis qucltiues minutes, et par la salubre fraîcheur de l'air, et par l'activité des sels dont Adrienne portait sur elle un flacon; heureusement, l'évanouissement de la Mayeux avait été causé plus par son émotion et par sa faiblesse que par l'action de l'asphyxie, le gaz délétère du charbon n'ayant pas encore atteint son dernier degré d'intensité lorsque l'infortunée avait perdu connaissance.
Avant de poui'suivre le récit de cette scène entre l'ouvrière et la patricienne, quelques mots rétrospectifs sont nécessaires.
Depuis l'étrange aventure du théâtre de la Porîe-Snint-Martin, alors que Djalma, au péril de sa vie, s'était précipité sur la pantiière noire sous les yeux de mademoiselle de Cardoville, la jeune fille avait été diversement affectée. Oubliant et sa jalousie et son humiliation à la vue de Djainia... de Djahna s'uffichant aux yeux de tous
avec une femme qui semblait si peu digne de lui, Adriennc, un moment éblouie par l'action à la fois héroïque et chevaleresque du prince, s'était dit : — Malgré d'odieuses apparences, Djalma m'aime assez poui' avoir bravé la mort afin de ramasser mon bouquet.
Mais chez cette jeune fille d'une âme si délicate, d'un caractère si généreux, d'un esprit si juste et si droit, la réflexion, le bon sens devaient bientôt démontrer la vanité de pareilles consolations, bien impuissantes à guérir les cruelles blessures de son amour et de sa dignité si cruellement atteints.
— Que de fois, — se disait Adrienne avec raison, — le prince a affronté à la chasse, par pur caprice et sans raison, un danger pareil à celui qu'il a bravé pour ramasser mon bouquet ! et encore... qui me dit que ce n'était pas pour l'oflrir à la femme dont il était accompagné ?
Étranges peut-être aax yeux du monde, mais justes et grandes aux yeux de Dieu, les idées qu'Adrien ne avait sur l'amour, jointes à sa légitime fierté, étaient un obstacle invincible à ce qu'elle pût jamais songer à succéder à cette femme (quelle qu'elle fût d'ailleurs) que le prince avait affichée en public comme sa maîtresse.
Et pourtant, Adrienne osait à peine se l'avouer, elle ressentait une jalousie d'autant plus pénible, d'autant plus humiliante, contre sa rivale, que celle-ci semblait moins digne de lui être comparée.
D'autres fois, au contraire, malgré la conscience qu'elle avait de sa propre valeur, mademoiselle de Cardoville, se rappelant les traits charmants de Rose-Pompon, se demandait si le mauvais goût, si les manières libres et inconvenantes de cette jolie créature étaient Tefiet d'une efironterie précoce et dépravée ou de l'ignorance complète des usages ; dans ce dernier cas, cette ignorance même, résultant peutêtre d'un natm'el naïf, ingénu, pouvait avoir un grand attrait ; enfin, si à ce charme et à celui d'une incontestable beauté se joignaient un amour sincère et une âme pure, peu importaient l'obscurité de la naissance et la mauvaise éducation de cette jeune fille ; elle pouvait inspirer à Djalma une passion profonde.
Si Adrienne hésitait souvent à voir dans Rose-Pompon, malgré tant de fâcheuses apparences, une créature perdue, c'est que, se souvenant de ce que tant de voyageurs racontaient de l'élévation d'âme de Djalma, se souvenant surtout de la conversation qu'elle avait un jour surprise entre lui et Rodin, elle se refusait à croire qu'un homme doué d'un esprit si remarquable, d'un cœur si tendre, d'une âme si poétique, si rêveuse, si enthousiaste de l'idéal, fût capable d'aimer une créature dépravée, vulgaire, et de se montrer audacieusement en public avec elle... Là était un mystère qu'Adiienne s'efforçait en vain de pénétrer.
Ces doutes navrants, cette curiosité cruelle, alimentaient encore le funeste amour d'Adrienne, et l'on doit comprendre son incurable de'sespoir en reconnaissant que l'indifférence, que les mépris mêmes de Djalma ne pouvaient tuer cet amour plus brûlant, plus passionne que jamais; tantôt, se rejetant dans des idées de fatalité de cœui', elle se disait qu'elle devait éprouver cet amour, que Djalma le méritait, et qu'un jour ce qu'il y avait d'incompréhensible dans la conduite du prince s'expliquerait à son avantage à lui ; tantôt, au contraire, honteuse d'excuser Djalma, la conscience de cette faiblessr était pour Adrienne un remords, une torture de chaque instant ; victime enfin de ces chagrins inouïs, elle vécut dès lors dans une solitude profonde.
Bientôt le choléra éclata comme la foudre. Trop malheureuse pour craindre ce fléau, Adrienne ne s'émui que du malheur des autres* L'une des premières, elle concourut à ces dons considérables qui affluèi'ent de toutes parts avec un admirable sentiment de charité. Florine avait été subitement frappée par l'épidémie ; sa maîtresse, malgré le danger, voulut la voir et remonter son courage abattu. Florine, vaincue par cette nouvelle preuve de bonté, ne put cacher plus longtemps la trahison dont elle s'était jusqu'alors rendue complice : la mort devant la délivrer sans doute de l'odieuse tyrannie des gens dont elle subissait le joug, elle pouvait enfin tout révéler à Adrienne.
Celle-ci apprit ainsi et l'espionnage incessant de Florine, et la cause du brusque départ de la Mayeux. A ces révélations, Adrienne sentit son affection, sa tendre pitié pour la pauvre ouvrière, augmenter encore. Par son ordre, les plus actives démarches furent faites pour retrouver les traces de la Mayeux. Les aveux de Florine eurent un résultat plus important encore : Adrienne, justement alarmée de cette nouvelle preuve des machinations de Rodin, se rappela les projets formés alors que, se croyant aimée, l'instinct de son amoiu* lui révélait les périls que couraient Djalma et les autres membres de la famille Rennepont. Réunir ceux de sa race, les rallier contre l'ennemi commun, telle fut la pensée d'Adrienne après les révélations de Florine; cette pensée, elle regarda comme un devoir de l'accomplir ; dans cette lutte contre des adversaires aussi dangereux, aussi puissants que Rodin, le père d'Aigrigny, la princesse de Saint- .Dizier et leurs affiliés, Adrienne vit non-seulement la louable et pé' , rilleuse tâche de démasquer l'hypocrisie et la cupidité, mais encore, j sinon une consolation, du moins une généreuse distraction à d'af- J freux chagrins.
^ De ce moment, une activité inquiète, fébrile, remplaça la morne et douloureuse apathie où languissait la jeune fille. Elle convoqua autour d'elle toutes les personnes de sa famille capables de se reu-
dre à son appel, et, ainsi que l'avait dit la note secrète remise au père d'Aigrigny, l'hôtel de Cardoville devint bientôt le foyer de démarches actives, incessantes, le centre de fréquentes réunions de famille, où les moyens d'attaque et de défense étaient vivement débattus.
Parfaitement exacte sur tous les points, la note secrète dont on a parlé (et encore l'indication suivante était-elle énoncée sous la forme du doute), la note secrète supposait que mademoiselle de Cardoville avait accordé une entrevue à Djalma; le fait était faux; Ton saura plus tard la cause qui avait pu accréditer ce soupçon ; loin de là, mademoiselle de Cardoville trouvait à peine, dans la préoccupation des grands intérêts de famille dont on a parlé, une distraction passagère au funeste amour qui la minait sourdement, et qu'elle se reprochait avec tant d'amertume.
Le matin même de ce jour où Adrienne, apprenant enfin la demeure de la Mayeux, venait l'arracher si miraculeusement à la mort, Agricol Baudoin, se trouvant en ce moment à l'hôtel de Cardoville pour y conférer au sujet de M. François Hardy, avait supplié Adrienne de lui permettre de l'accompagner rue Clovis, et tous deux s'y étaient rendus en hâte.
Ainsi, cette fois encore, noble spectacle, touchant symbole... ma- , demoiselle de Cardoville et la Mayeux, les deux extrêmes de la chaîne sociale, se touchaient et se confondaient dans une attendrissante égalité... car l'ouvrière et la patricienne se vfilaient par l'intelligence, par l'âme et par le cœur... elles se valaient encore parce que celle-ci était un idéal de richesse, de grâce et de beauté... celle-là '' un idéal de résignation et de malheur immérité ; hélas ! le malheur souftert avec courage et dignité ira-t-il pas aussi son aiu'éole ?
La Mayeux, étendue sur la paillasse, paraissait si faible, que, lors mêm.e qu'Agricol n'eût pas été retenu au rez-de-chau«sée de la maison, auprès de Céphyse, alors expirante d'une mort horrible, mademoiselle de Cardoville eût encore attendu quelque temps avant d'engager la Mayeux à se lever et à descendre jusqu'à sa voilure.
Grâce à la présence d'esprit et au pieux mensonge d'Adrienne, l'ouvrière était persuadée que Céphise avait pu être transportée ians une ambulance voisine, où on lui donnait les soins nécessaires et qui semblaient devoir être couronnés du succès. Les facultés de la Mayeux ne se réveillant pour ainsi dire queppu h peu de leur engourdissement,el)eavaitd'abord accepté cet te fable sans le moindre soupçon , ignorant aussi qu'Agricol eût accompagné mademoiselle de Cardoville.
— Et c'est à vous, mademoiselle, que Céphyse et moi devons la vie i — disait la Mayeux, son mélancolique et touchant visage tourna
vers Adrionnc, — vous, agenouillée dans cette mansarde.. T auprès de ce lit de misère, où ma sœiu" et moi nous voulions mourir!,., car Cdphyse... vous me l'assurez, n'est-ce pas, mademoiselle?... a été, comme moi, secourue à temps!
— Oui, rassurez-vous, tout à l'heure on est venu m'annoncer qu'elle avait repris ses sens.
— Et on lui a dit que je vivais... n'est-ce pas, mademoiselle?... Sans cela, elle regretterait peut-être de m'avoir survécu.
— Soyez tranquille, chère enfant, — dit Adrienne en serrant les mains de la Mayeux entre les siennes et attachant siu- elle ses yeux humides de larmes. — On a dit tout ce qu'il fallait dire. Ne vous inquiétez pas, ne songez qu'à revenir à la vie... et... je l'espère... au bonheur... que, jusqu'à présent, vous avez si peu connu, pauvre petite !
— Que de bontés, mademoiselle!... après ma fuite de chez vous... quand vous devez me croire si ingrate !
— Tout à l'heure, lorsque vous serez moins faible... je vous dirai bien des choses... qui maintenant fatigueraient peut-être votre attention; mais comment vous trouvez-vous?
— Mieux... mademoiselle... ce bon air... et puis la pensée que, puisque vous voilà... ma pauvre sœur ne sera plus réduite au désespoir... car, moi aussi, je vous dirai tout, et, j'en suis sûre, vous aurez pitié de Céphyse, n'est-ce pas, mademoiselle?
— Comptez toujours sur moi, mon enfant, — répondit Adrienne en dissimulant son pénible embarras; — vous le savez, je m'intéresse à tout ce qui vous intéresse... Mais, dites-moi, — ajouta mademoiselle de Cardoville d'une voix émue, — avant de prendre cette résolution désespérée, vous m'avez écrit, n'est-ce pas ?
— Oui, mademoiselle.
— Hélas ! — reprit tristement Adrienne, — en ne recevant pas de réponse de moi, combien vous avez dû me trouver oublieuse... cruellement ingrate !...
— Oh! jamais je ne vous ai accusée, mademoiselle; ma pauvre sœur vous le dira. Je vous ai été reconnaissante jusqu'à la fin.
— Je vous crois... je connais votre cœur; mais enfin... mon silence... comment donc pouviez-vous l'expliquer?
— Je vous ai crue justement blessée de mon brusque départ, mademoiselle...
— Moi... blessée!... Hélas! votre lettre... je ne l'ai pas reçue!
— Et pomtant vous savez que je vous l'ai adressée, mademoiseUe?
— Oui, ma pauvre amie : je sais encore que vous l'avez écrite chez mon portier; malheureusement^ il a remis votre lettre à uns
de mes femmes nommée Florine, en lui ilisanl que cotte lettre venait de vous.
— Mademoiselle Florine ! cette jeune personne si bonne pour moi !
— Florine me trompait indignement; vendue à mes ennemis, clie leur servait d'espion.
— Elle!... mon Dieu! ~ s'écria la Maycux. — Est-il possible?
— Elle-même, — répondit amèrement Adrienne; — mais il faut, après tout, la plaindre autant que la blâmer : elle était forcée d'obéir à une nécessité terrible, et se,' aveux , son repentir, lui ont assuré mon pardon avant sa mort.
— Morte aussi, elle... si jeune!... si belle'...
— Malgré ses torts, sa fin m'a profondément émue ; car elle a avoué ses fautes avec des regrets déchirants. Parmi ses aveux, elle m'a dit avoir intercepté cette lettre dans laquelle vous me demandiez une entrevue qui pouvait sauver la vie de votre sœur.
— Cela est vrai, mademoiselle... Tels étaient les termes de ma lettre; mais quel intérêt avait-on à vous la cacher?
— On craignait de vous voir revenir auprès de moi, mon bon ange gardien... vous m'aimiez si tendremjent... Mes ennemis ont redouté votre fidèle affection, merveilleusement servie par l'admirable instinct de votre cœur... Ah! je n'oublierai jamais combien était méritée l'horreur que vous inspirait un misérable que je défendais contre vos soupçons.
— M. Rodin?... — ■ dit la Mayeux en frémissant.
— Oui... — répondit Adrienne; — mais ne parlons pas maintenant de ces gens-là... Leur odieux souvenir gâterait la joie que j'éprouve à vous voir renaître... car votre voix est moins faible, vos joues se colorent un peu. Dieu soit béni; je suis si heureuse de vous retrouver!... Si vous saviez tout ce que j'espère, tout ce que j'attends de notre réunion ! car nous ne nous quitterons plus, n'est-ce pas .' Oh! promettez-le-moi... au nom de notre amitié.
— Moi... mademoiselle... votre amie! — dit la Mayeux en baissant timidement les yeux...
— Il y a quelques jours, avant votre départ i1e chez moi, ne vo'is appelai-je pas mon amie, ma sœur? Qu'y a-t^ii de clîangé? Rien... rien, — ajouta mademoiselle de Caréo\ille avec un profond attendrissement; — on dirait, au contraire, qu'un fatal rapprochement dans nos positions me rend votre amitié plus chère... plus précieuis; encore ; et elle m'est acquise, n'«Bt-ce pas ?... Oh ! ne me refusez pas, j'ai tant besoin d'une amie...
— Vous... mademoiselle... vous auriez besoin de l'amitié d'una pauvre créatm'e comme moi ?
— Oui, — répondit Adrienne en regardant la Mayeux avec une
tu LE JUIF ERRANT
expression de douleur navrante, — et bien plus... vous êtes peutè'ae la seule personne à qui je pouiTais... à qui j'oserais conûer des chagrins... bien amers...
Et les joues de mademoiselle de CardovUlc se colorèrent vivement.
— Et qui me mérite une pareille marque de confiance, mademoiselle ? — demanda la Mayeux de plus en plus surprise.
— La délicatesse de votre cœur, la sûreté de voti'e caractère, — répondit Adrienne avec mie légère hésitation... — puis, vous êtes femme... et, j'en suis certaine, mieux que personne, vous comprendrez ce que je souffre, et vous me plaindrez...
— Vous plaindre... mademoiselle! — dit la Mayeux, dont l'étonnement augmentait encore, — vous si grande dame et si enviée... moi si humble et si infime, je pourrais vous plaindre ?
— Dites, ma pauvre amie, — reprit Adrienne après quelques instants de silence, — les douleurs les plus poignantes ne sont-ce pas celles que l'on n'ose avouer à personne, de crainte des railleries ou du mépris?... Comment oser demander de l'intérêt ou de la pitié pom" les souffrances que l'on n'ose s'avouer à soi-même, parce qu'on en rougit à ses propres yeux ?
La Mayeux pouvait à peine croire ce qu'elle entendait; sa bienfaitrice eût, comme elle, éprouvé un amour malheureux, qu'elle n'aurait pas tenu un autre langage. Mais l'ouvrière ne pouvait admettre ime supposition pareille; aust^i, attribuant à une autre cause les chagrins d'Adrienne, elle répondit tristement en songeant à son fatal amour pour Agricol : — Oh! oui, mademoiselle, une peine dont on a honte... cela doit être affreux!... oh! bien affreux!...
— Mais aussi quel bonheur de rencontrer, non-seulement un cœur assez noble poiu vous inspirer une confiance entière, mais encore -cessez éprouvé par mille chagrins pour être capable de vous offrir pitié, appui, conseil !... Dites, ma chère enfant, — ajouta mademoiselle de Cardoville en regardant attentivement la Mayeux, — si vous étiez accablée par une de ces souffrances dont on rougit, ne scriezvous pas heureuse, bien heureuse, de trouver une âme sœur de la vôtre, où vous pourriez épancher vos chagrins et les alléger de moitié par une confiance entière et méritée?
Pour la première fois de sa vie, la Mayeux regarda mademoisellede Cardoville avec un sentiment de défiance et de ti istesse.
Les dernières paroles de la jeune fille lui semblaient significatives.
— Sans doute elle sait mon secret, — se disait la Mayeux; — sans doute mon journal est tombé entre ses mains; elle connaît mon amour pour Agricol, ou elle le soupçonne; ce qu'elle m'a dit jusqu'ici a eu pour but de provoquer des confldences afin de s'assurer si elle est bien informée.
Ces pens'oGS ne soulevaient dans l'àinc de la Mnycux aucun sentiment amer ou ingrat contre sa bienfaitrice; mais le cœur de l'inîortimée était d'une si ombrageuse délicatesse, d'une si douloureuse susceptibilité à l'endroit de son funeste amour, que, malgré sa profonde et tendre affection pour mademoiselle de Cardoville, elle souffrit cruellement en la croyant maîtresse de son secret.