‹ Le juif errant (volume 4)Chapitre 5 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

M. JOSIK V A V DAKI.

M. Josué \ an Daël, négociant hollandais, correspondant de M. Rodin, était né à Batavia (capitale de l'île de Java) ; ses parents l'avaient envoyé faiie son éducation à Pondichéry dans nne célèbre maison religieuse , établie depuis longtemps dans cette ville et appartenant à la compagnie de Jésus. C'est là qu'il s'était affilié à la congrégation comme profèx des trois cœux ou même laïque, appelé vulgairement roadjuteur temporel.

M. Josué était un homme d'une probité qui passait pour iutacte, d'une exactitude rigoureuse dans

20 LK JIIF KHRAXT.

los affairos, froid, discret, réservé, d'iino habileté, d'une sajjaeité remarquable; ses opérations financières étaient pres(|ue toujours licureuscs , car une puissance protectrice lui donnait toujoui's à temps la connaissance îles événements qui pouvaient avaiitugcuspiiient influer sur ses transactions commerciales. La maison reli;;ieuse de Pondicbéry était intéressée dans ses alTaires ; elle le cliarj{eait de l'exportation et de l'échanjje des pi'oduits de plusieurs grandes propriétés qu'elle possédait dans cette colonie.

Parlant peu, écoutant beaucoup, ne discutant jamais, d'une politesse extrême, donnant peu, mais avec choix et à propos, AI. Josué inspirait fjénéralenient, à défaut de sympathie, ce froid respect qu'inspirent toujours les gens rigoristes : car, au lieu de subir l'influence des mœurs coloniales souvent libres et dissolues , il paraissait vivre avec une grande régularité, et son extérieur avait quelque chose d'aiistèrement composé ((ui imposait beaucoup.

La scène suivante se passait à Batavia j^endant que Djalma se rendait aux ruines de Tchandi, dans l'espoir d'y rencontrer le général Simon.

AL Josué venait de se retirer dans son cabinet, où l'on voyait plusieurs casiers garnis de leurs cartons et de grands livres de caisse ouverts sur des pupitres.

L'unique fenêtre de ce cabinet, situé au rez-dechaussee, donnant sur une petite cour déserte, était à rextcrieur solidement grillagée de fer; une persienne iDobilc i-empiaçait les carreaux des croisées,

M 40SIK VAX 1).\1;L il

h cause de la grande clialcur du climat de Java. M. Josué , après avoir posé sur son bui-eau une l)oujjic renfermée dans une verrine , regarda la pendule.

w \euf' heures cl demie... — dit-il, — Malial doit 7» bientôt venir. -^

Ce disant, il sortit, traversa une antichambre, ouvrit une seconde porte épaisse , ferrée de grosses tètes de clous à la hollandaise , gagna la cour avec précaution., afin de n'être pas entendu par les jîens de sa maison, et tira le veri-ou à secret qui fermai! le battant d'une grande barrière de six pieds environ, formidablement armée de pointes de fer.

Puis laissant cette issue ouvei'te , il reqa'ma sou cabinet après avoir successivement et soigneusement refermé derrière lui les autres portes.

M. Josué se mit à son bureau, prit dans le double fond d'un tiroir une longue lettre , ou plutôt un mémoire commencé depuis quelque temps et écrit jour par jour ( il est inutile de dire que la lettre adressée à AI. Rodin, à Paris, rue du Alilieu-des-lrsins, était antérieure à la libération de Djalma et à son arrivée à Batavia ).

Le mémoire en question était aussi adressé à Al. Rodin ; W. Josué le continua de la sorte :

« Craignant le retour du général Simon, dont j'avais été instruit en interceptant ses lettres (je vous ai dit que j'étais parvenu à me faire choisir par

- lui comme son correspondant ), lettres que je lisais

- et (pie je faisais ensuite remettre intartis à Djalnuu

•11 \.V. JLIK KKHAM.

Il j'ai (In, forcé par le. (rnips ot par les circonstances, •n recoui'ir aux moyens extrêmes , tout en sau\ ant •n complètement les apparences, et en rendant un si- T) giialé service à l'humanité ; cette dernière raison » m'a surtout décidé.

•n Un nouveau danger d'ailleurs commandait ini- ") périeusement ma conduite.

ï Le bateau à vapeur le Ihnjtev a mouillé ici hier, 5) et il repart demain dans la journée.

5) Ce bâtiment fait la traversée pour l'J'^urope par t le golfe Arabicpic ; ses passagers débarquent à )) l'isthme de Suez, le traversent et vont reprendre à •n Alexandrie un autre bâtiment qui les conduit en T France.

55 Ce voyage, aussi rapide que direct, ne demande •n que sept ou huit semaines ; nous sommes à la fin n d'octobre ; le prince Djalma pourrait donc être en 55 France vers le commencement du mois de janvier ; 55 et d'après vos ordres , dont j'ignore la cause, mais 5) que j'exécute avec zèle et soumission, il fallait à 5) tout prix mettre obstacle à ce départ, puisque, me r dites-vous , un des plus graves intérêts de la Sor cicté serait compromis par l'arrivée de ce jeune 5^ Indien à Paris avant le 15 février. Or, si je réussis, 55 comme je l'espère , à lui faire manquer l'occasion 55 du Rinjter , il lui sera matériellement impossible •K d'arriver en France avant le mois d'avril , cai* le 55 Ruyter est le seul bâtiment qui fasse le trajet di- 55 rectement : les autres navires mettent au moins 55 quatre ou cinq mois à se rendre en Europe.

M. JOSIK V.A\ UAKL. iA

■^ Avant (le vous parler du moyen que j'ai dû etn- '^ ployer pour retenir iei le prince Djalina, moyen 7) dont à cette heure encore j'ignore le ])on ou le " mauvais succès , il est bon que vous connaissiez ^ certains faits.

y> L'on vient de découvrir dans l'Inde anglaise une ^ communauté dont les membres s'appelaient entre » ciwjrcrcs de la bonnc-œucre, on P/iait.segars, ce f qui signifie sinqjlenient Etranglcuvs ; ces mcnr- • triers ne répandent pas le sang, ils étranglent leui-s

- victimes moins pour les voler que pour obéir à une

- vocation homicide et aux lois d'une infernale divi-

- nité nommée par eux Bolnrauic.

•' Je ne puis mieux vous donner une idée de cette ' iioi-i-ible secte qu'en transcrivant ici quelques lignes •^ de lavant-propos du rapport du colonel Sleeman , •^ qui a poursuivi cette association ténébreuse avec D un zèle infatigable; ce rapport a été publié il y a

- deux mois. En voici un extrait ; c'est le colonel (jni

- parle...

^ De 1822 à 182V, ffiunid j'rtais rluirgc de In tnagistrature et de /'((dminisfrat/on civile du district de XersiiKjpour, il ne se commettait pas un meurti-e, pas le plus petit vol, par un liandit ordinaire, dont Je n'eusse inimèdiateinent connaissance ; mais si (/uelf/u'un était venu nie dire à cette rporpie qu'une bande d'assassins de profession héréditaire demeurait dans le village de hundelie, et guatre cents mètres tout au plus de ma cour de Justice ; gue 1rs admirai/les bosquets du village de Mundesuor , é'

•J4 l.i; .11 II- KUU.AM.

une JDiirnrr (le nun (lie (le ma rrxidcncf, rlninit un di'S plus cffroifahlcs ciilnpûts d'nssns.siiiats de Ion le /'Inde; que des bandes noinhrcitsrs de fines de l(( l)oiinc-œu\ ro, renaul de l'htdoustan et du Dékan , se donnaient annuellement veitiler^-rous sous ees ombrages , eommr à des fêtes solennelles , pour cxereer leur effroyable voeation sur foutes les routes qui riennent se croiser dans cette localité , j aurais pris cet Indien pour un fou qtà s'était laissé effraijrr par des contes ; et cependant rien n'était plus rrai: des roi/ageurs, par cctitaines, étaient enferrés chaque année sous les bosquets de Mundesoor ; toute une tribu (/assassins rirait é( ma j)orte pendant qur J'étais maqistiat suprême de la prorince, et étende// ses dérastations Jusqu auj: ri tes de Poonah etd Hijderabad ; je n oublierai jainais que , pour me conraincre, l un des chefs de ces Ktranqleurs , derenn leur dénonciateur , Jit exhumer , de l'emplacement même que couvrait ma tente , treize cadarres , et s'offrit d'en faire sortir du sol tout autour de lui un nombre illimité '.

■^ (]c peu de mots du colonel Slccnian \oiis doii-

- nrra une idée de cette société terrible, qui a ses •' lois, ses devoirs, ses habitudes en dehors de toutes ' les lois divines et humaines. Dévoués les uns aux ' aulres jusqu'à l'héroïsme, obéissant aven;(lérMen( à

- leurs rliels , ((ni se diseni les rrprésenlanls innuc-

' (Ir i'ii|i|)cirl (•>! cxd.iil fie l'r\cfll<'iil luniiijjf dc .M. le coiiilt' K«l"U.ii'l '1': U^im'ii. sur I'IikIi' aiinhii-i,' ni IS:»!.

M JOSI K VAX l».Ai:i. 2".

r (liais (le leur sombre tliviiiitt*, re;jiU'(liiiit coiiiiiu'

- ennemis tous ceux qui n'étaient pas des leurs, se

- recrutant partout par un effrayant prosélytisme , " ces apôtres d'une reliijion de meurtre allaient prè-

- chant dans l'ombre lenrs abominables doctrines, et T couvraient l'Inde d'un immense réseau.

- IVois de leurs principaux cliefs et un de leurs

- adeptes , fuyant la poursuite opiniâtre du nouvel -

- Jieur anjçlais , et étant parvenus à s'y soustraire ,

- sont arrivés à la pointe sepfentrioiude' de l'Inde ' jus(ju'au détroit de ^lalaka , situé à très-peu de

- distance de notre île ; lui contrebandier , (|uel(pic

- peu pirate , aflilié à iem- association , et nommé 1 Mdlial , les a pris à boi-d de son bateau entier, et •" les a transportés ici, où ils se croient pour quekpu'

- temps en sûreté ; cai", suivant les conseils du con- ' trebandier, ils se sont réfugiés dans une épaisse

- forêt où se trouvent plusieurs temples en ruine " dont les nombreux souterrains leur offrent une rc-

- traite.

- Parmi ces chefs, tons trois d'une remarquable

- inteUifçence , il en est un smtout, nommé Farin-

- j{hea , doué d'ime énerjfie extraordinaire, de qua-

- lités éminentes qui en font un honmie des plus re- ' doutables : celui-là est métis, c'est-à-dire (ils d'un

- blanc et d'une Indienne ; il a habité lonjjtemps des ' villes où se lirin)enf des cnniptoii's européens, et

- |)arle Irés-bieu l'aujïiais et le frain^ais ; les deux

- autres chefs sont \\\\ nè;rre e( un Indien ; l'adepte

- est un .Malais.

2(i l.K JliK KiU;A\i.

fl liC C(>ntr('!)aiidicr Maliul, rcllôcliissanl (|iril poii- K vait ohfrnir une l)onnc l'écomponsr m livranl ces 71 trois chefs et leur adepte, est venu à moi, sachant, 7) comme tout h' monde le sait , ma haison intime •n avec une personne on ne peut phis influente sur 7! notre «{ouvernenr; il m'a donc offert, il y a deux •n jours, à certaines conditions, de livrer le nègre, le f métis, l'Indien et h' Malais... Ces conditions sont :

- — une somme assez considérahie , et l'assurance n d'un passage sni- nii ])àtiTnenl partant |)onr \'\']u- " rope ou l'Amérique, afin d'échapper à l'implacahle ' vengeance des Ktrangleurs.

1 J'ai saisi avec empressement cette occasion de ■ hvrer à la justice humaine ces trois meurtriers, el

- j'ai promis à Alahal d'être sou intermédiaire auprès '^ du gouverneur, mais aussi à certaines conditions, •n fort innocentes en elles-mêmes , et qui regardaient T Djalma... Je m'expliquerai plus au long si mon ' projet réussit; ce que je vais savoir, car Alahal T! sera ici tout à l'heure.

■^ En attendant que je ferme les déj)èches , qui 7) partiront demain pour l'Kurope par /e Riii/ter , où y j'ai retenu le passage de MaJud le contrehandier , ■^ en cas de réussite, j'ouvre une parenthèse au sujel r d'une affaire assez importante.

r Dans ma dernière lettre, où je vous annonçais y la mort du père de Djalma et l'incarcération de f celui-ci par les Anglais, je demandais des rcnsei-

- gnemen!s sur la solvahilité de AI. le haron Tri-

- peaud , hanquier et manufactuiier à Paris , (|ui a

il. JOSIÉ VAX ]).\Kl. 27

- une succursale de sa niaisou à Calcutta. Alaiiile-

- nant ces renseignements deviennent inutiles , si ce T que l'on vient de m'apprendre est malheureuse- D ment vrai ; ce sera à vous d'agir selon les circon- T" stances.

T Sa maison de Calcutta nous doit, à moi et à

- notre collègue de Pondichéry , des sommes assez

- considérables, et l'on dit AI. Tripeaud dans des •s affaires fort dangereusement emban-assées , ayant

- voulu monter une fabrique pour ruiner , par une

- concurrence implacable , un établissement im-

- niense , depuis longtemps fondé par AI. François •" Hardy , très-grand industriel. On m'assure que

- AI. Tripeaud a déjà enfoui et perdu dans cette en-

- (reprise de grands capitaux ; il a sans doute fait •> beaucoup de mal à AI. François Hardy ; mais il a, "> dit-on , gravement compromis sa fortune à lui , r Tripeaud; or, s'il fait faillite, le contre-coup de ? son désastre nous serait très-funeste , puisqu'il

- nous doit beaucoup d'argent à moi et aux nôtres.

- Dans cet état de choses , il serait bien à désirer ■> que, par les moyens tout-puissants et de toute na- " ture dont on dispose , on pan înt à discréditer ' complètement et à faire tomber la maison de T> AI. François Hardy, déjà ébranlée par la concur-

- rence acharnée de AI. Tripeaud ; cette combinaison

- réussissant , celui-ci regagnerait en très-peu de

- temps tout ce qu'il a perdu; la ruine de son rival

- assurerait sa prospérité, à lui Tripeaud, et nos

- créances seraient couvertes.

2M l.K .11 II' KKH \\l.

" Sans (loiilc il serait pôniblc, il scrail (l<»iil(Uii-cn\

• (Vrlvc ol)li;jé (ïcu iPiiir à cette extrétiiilr pour •' rentrer dans nos fonds, mais de nos jours n'est-on " pas (pielcpiefois autorisé à se servir des armes (pu- " l'on emploie incessamment contre nous? Si l'on " eji est réduit là par l'injustice et la mcclmucetc

- des hommes, il faut se l'ésigncr en son;|eant (|ue si

- nous tenons à conserver ces biens terirstrcs, c'est -> dans une intention toute à la plus «grande «jloire de

• Dieu , tandis qu'entre les mains de nos cnnenus ' ces biens ne sont que de dangereux moyens de ■^ perdition et de scandale.

•' C'est d'ailleurs une humble j)roposifion que je : vous soumets; j'aurais la possibilité de prendre

• 1 initiative au sujet de ces créances que je ne fe- 1 rais rien de moi-même ; ma volonté n'est pas à "1 moi... Comme tout ce que je possède, elle appar- 1 tient à ceux à qui j'ai juré obéissance aveujjle. '

Ln léger bruit venant du dehors interrompit M. Josué et attira son attention. Il se leva brusquement , et alla droit à la croisée.

Trois petits coups furent auiîsitôt extérieurement frappés sur une des feuilles de la pcrsienne.

u C'est vous, ]\Iahal? — demanda M. Josué à voi\ bcisse.

— (^'cst moi, — répondit-on du dehors, et aussi H voix basse.

— Et le Malais?

— 11 a réussi...

— Vraiment! — s'écria M. -Josué ai ce une ex-

M. JOSIK VAX \).\V.L. 2\t

pression do profonde satisfaction... — \ ons en êtes sur?

— Très-sùi-, il n'y a pas de démon plus adroit et j)lus intrépide.

— Et Djalma ?

— Les passages de la dernière lettre du général Simon, que je lui ai cités, l'ont convaincu que je venais de la part du général , et qu'il le trouverait aux mines de Tchandi.

— Ainsi, à cette heure?

— Djalma est aux ruines, où il trouvera le noir, le métis et l'Indien. C'est là qu'ils ont donné rendez- \ ons au Alalais , qui a tatoué le prince pendant son sommeil.

— Avez-vous été reconnaître le passage souteri-ain ?

— J'y ai été hier... nue des pierres du piédestal fie la statue tourne siii- elle-même... l'escalier est lai'ge... il suffira.

— Kt les trois chefs n'ont aucun soupçon sur vous?

— Aucun... je les ai vus ce matin... et ce soir le Malais est venu tout me raconter, avant d'aller les rejoindre aux ruines de Tchandi ; car il était resté caché dans les hroussailles , n'osant pas s'y rendre durant le jour.

— Mahal... si vous avez dit la vérité, si tout réussit, votre grâce et une large récompense vous sont assurées... \ otre place est arrêtée sur le limj- Ur ; vous partirez demain : \ous serez ainsi à l'ahri de la \engeance des Kirangleurs , qui vous poursui-

M) LV. JIIF ERRANT.

\ raient jusqu'ici pour vonji[er la mort do Irurs chofs, puisque la Providoncc vous a choisi pour livrer ces trois grands criminels à la justice... Dieu vous bénira... Allez de ce pas m'attendre à la porte de M. le gouverneur... je vous introduirai; il s'agit ^le choses si importantes , que je n'hésite pas à aller le réveiller au milieu de la nuit... Allez vite... je vous suis de mon coté, d

On entendit au dehors les pas précipités de Alahal, qui s'éloignait, et le silence régna de nouveau dans la maison...

M. Josué retourna à son bureau , ajouta ces mots en hâte au mémoire commencé :

u Quoi qu'il arrive , il est maintenant impossible T que Djalma quitte Batavia... Soyez rassuré, il ne 5» sera pas à Paris le 13 févriei* de l'an prochain...

T Ainsi que je l'avais prévu , je vais être sur pied r toute la nuit, je cours chez le gouverneur, j'ajou- T terai demain quelques mots à ce long mémoire , ' que le bateau à vapeur Ir Huijter portera en Ku- - rope. ^

Après avoir refermé son secrétaire , AI. Josué sonna bruyamment, et, au grand étonnement des gens de sa maison , surpris de le voir sortir au milieu de la nuit , il se rendit en hâte à la résidence du gouverneur de l'île.

Xous conduirons le lecteur aux ruines de Tchandi.

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