‹ Le juif errant (volume 4)Chapitre 4 sur 37 · CONTRERA XniER. ir · texte numérisé non relu

CONTRERA XniER. ir

Cot lionimp, nommé Alahal le coiilrobandier, ('-fait velu il pou près comme les matelots européens. Il portait une veste et un pantalon de toile blanche, une large ceinture rouge et un chapeau de paille très-plat de forme; sa figure était brune, caractérisée, et, quoiqu'il eût quarante ans, complètement imberbe.

Eiî un instant Mahal fut auprès du jeune Indien.

(i Vous êtes le prince Djalma?... — lui dit-il en assez mauvais français, en portant respectueusement la main à son chapeau.

— Que veux-tu?... — dit l'Indien.

— Vous êtes... le fils de Kadja-Sing?

— Encore une fois, que veux-tu?

— L'ami du général Simon...

— Le général Simon !!!... — s'écria Djalma.

— Vous allez au-devant de lui... comme vous y allez chaque soir depuis que vous attendez son retoiii- de Sumatra ?

— Oui... mais comment sais-tu?... — dit l'Indien en regardant le contrebandier avec autant de surpiise que de curiosité.

— Il doit débarquer à Batavia aujourd'hui ou demain.

— Viendrais-tu de sa part?...

— Peut-être — dit Mahal d'un air défiant. — Mais è(es-vous bien le fils de Kadja-Sing?

— C'est moi... te dis-je... mais où as-tu vu le général Simon?

— Puisque vous êtes le fils de Kadja-Sing — re-

k; LK JLll'" KKHANT.

prit Malial (mi iT<{ar(laiit toujours Djalma d'un air soupconucuv, — quel est votre snrnoui?...

— Ou appelait mon père le Père du (ihiéveux^ f répondit lo jeune Indien , et un regard de tristesse passa sur ses beaux traits.

Ces mots parurent commencer à convaincre Mahal de l'identilé de Djalma; pourtant, voidant sans doute s'éclairer davantage, il reprit :

« Vous avez dû recevoir, il y a deux jours, une lettre du général Simon... écrite de Sumatra.

— Oui... mais pourquoi ces (piestions?

— Pour m'assurer que vous êtes bien le lils de Kadja-Sing... et exécuter les ordres (|ue j'ai i-ecus...

— De qui?...

— Du général Simon...

— Mais où est-il?

— Lorsque j'aurai la preuve que vous êtes le prince Djalma, je vous le dirai ; on m'a bien averti que vous étiez monté sur une cavale noire bridée de rouge... mais...

— Par ma mère!!... parleras-tu?...

— Je vous dirai tout... si vous pouvez me dire quel était le papier imprimé renfermé dans la dernière lettre que le général Simon vous a écrite de Sumatra.

— C'était un fragment de journal français.

— Et ce journal annonçait-il une bonne ou mauvaise nouvelle touchant le général?

— lue bonne nouvelle, puisqu'on y lisait qu'en sou absence on avait reconnu le dernier titre et le

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(loi'iiior ffrado qu'il (lovait à l'Emporcur, ainsi qu'on a lail aussi pour d'autres de ses frères d'armes exilés comme lui.

— \ ous êtes bien le prince Djalma, — dit le contrebandier après un moment de réflexion. — Je peux parler... Le jj;éncral Simon est débarqué cette nuit à Java... mais dans un endroit désert de la cote...

— Dans un endroit désert?...

— Parce qu'il faut qu'il se caclie...

— Lui ! . . . — s'écria Djalma stupéfait. — Se cacber. . . et pourquoi ?

— Je n'en sais rien...

— Alais où est-il? — demanda Djalma en pâlissant d'inquiétude.

— Il est à trois lieues d'ici... près du bord de la mer... dans les ruines de Tcbandi...

— Lui... forcé de se cacber... — répéta Djalma , el sa fifjure exprimait une surprise et une angoisse croissantes.

— Sans en être certain, je crois qu'il s'agit d'un duel qu'il a eu à Sumatra... — dit mystérieusement le contrebandier.

— Lu duel... et avec qui?

- — Je ne sais, je n'en suis pas sur; mais connaissezvous les ruines de Tcbandi?...

— Oui.

— Le général vous y attend; voilà ce qu'il m'a ordonné de vous dire...

— Tu es donc vemi avec lui de Sumatra?

— J'étais le pilote (\h petit bàtinuMil cotier-contreir. 2

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handior qui l'a débarqui' cotte nuit sur uno plaj^o déserte. Il savait que vous veniez chaque jour l'attendre sui* la route du Môle; j'étais à peu près sur de vous y rencontrer... Il m'a donné, sur la lettre que vous avez reçue de lui, les détails que je viens de vous dire , afîn de vous hicn prouver que je venais de sa part; s'il avait pu vous écrire il l'aurait fait.

— Et il ne t'a pas dit pourquoi il était obligé de se cacher?...

— Il ne m'a rien dit... D'après quelques mots, j'ai soupçonné ce que je \ons ai dit... un duelî... -

Connaissant la bravoure et la vivacité du général Simon, Djalma ciut les soupçons du contrebandier assez fondés.

Après un moment de silence, il lui dit : - Peuxtu te charger de reconduire mon cheval ?. .. Ma maison est en dehors de la ville, là-bas, cachée dans les arbres à coté de la mosquée neuve... Kl pour graviila montagne de Tchandi, mon cheval m'embarrasserait : j'irai bien plus vite à pied...

— Je sais où vous demeurez; le général Simon me l'avait dit... j'y serais allé si je ne vous avais pas l'cncontré ici... donnez-moi donc vofi-e cheval... D

Djalma sauta légèrement à tei-re, jeta la bride à Mahal, déi'oula un bout de sa ceinture, y prit une petite bourse de soie et la donna au contrebandier en lui (lisîirit :

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w Tu as rfr fidèle et ol)éissant... Tien?... CVst ppii... mais je n'ai pas davantage.

— Kadja-Sing était bien nommé le Père du Gèné- 7-eii.r, - dit le contrebandier en s'inclinant avec respect et reconnaissance. Et il prit la route qui conduisait à Batavia, en conduisant en main la cavale de Djalma.

Le jeune Indien s'enfonça dans le taillis, et, marchant à grands pas , il se dirigea vers la montagne où étaient les ruines de Tchandi, et où il ne pouvait arriver qu'à la nuit.

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