‹ Le Juif errantChapitre 58 sur 107 · EUGÈNE SUE. — LE JUIF ERRAM. — J. ROUFF, ÉDIT. . L,VR · texte numérisé non relu

EUGÈNE SUE. — LE JUIF ERRAM. — J. ROUFF, ÉDIT. . L,VR

une couverture de laine... merci... le coup n'était pas mauvais. Tu es mise comme une chifTonnière et tu as de l'argenterie... Excusez du peu!

Ces objets-là ne vous appartiennent pas! dit le sergent de ville.

Non... monsieur... répondit la Mayeux, qui sentait ses forces l'abandonner, mais je...

Ah! mauvaise bossue, tu voles plus gros que toi!

J'ai volé ! ! s'écria la Mayeux en joignant les mains avec horreur, car elle

.comprenait tout alors. . . moi . . . voler I

La garde!... Voilà la garde! crièrent iplusieurs personnes...

— Ho, hé! les pousse-cailloux I — ■ Les tourlourous 1

— Les mangem-s de Bédouins!

— Place au 43* dromadaire.

— Réeiment où l'on se fait des bosses à mort !

Au milieu de ces cris, de ces quolibets, deux soldats et un caporal s'avançaient à grand'peine ; on voyait seulement, au milieu de cette foule hideuse et compacte, luire les baïonnettes et les canons de fusil.

•Un officieux était allé prévenir le commandant du poste voisin de ce rassemblement considérable, qui obstruait la voie publique.

Allons, vailà la garde ; marche au poste ! dit l'agent de police en prenant

la Maj^eux par le bras.

Monsieur, dit la pauvre enfant d'une voix étouffée par les sanglots, en

joignant les mains avec terreur et en tombant à genoux sur le trottoir, monsieur, iïràce! Laissez-moi vous dire... vous expliquer...

— Tu t'expliqueras au poste... marche!

Mais, monsieur... je n'ai pas volé,., s'écria la Mayeux avec un accent

déchirant, ayez pitié de moi; devant toute cette foule... m'emmener comme ;une voleuse... Oh! grâce! grâce

Je te dis que tu t'expliqueras au poste. La rue est encombrée. . . marcherastu, voyons!

Et prenant la malheureuse par les deux mains, il la remit pour ainsi dire sur pied. A cet instant, le caporal et ses deux soldats, étant parvenus à traverser le rassemblement, s'approchèrent du sergent de ville.

— Caporal, dit ce dernier, conduisez cette fille au poste... je suis agent de police.

— Oh! messieurs... grâce 1... dit la Mayeux en pleurant à chaudes larmes et en joignant les mains, ne m'emmenez pas avant de m'avoir laissée vous expliquer... Je n'ai pas volé, mon Dieu! je n'ai pas volé... Je vais vous dire... c'est pour rendre service à quelqu'un... laissez-moi vous dire...

— Je vous dis que vous vous expliquerez au poste ; si vous ne voulez pas marcher, on va vous traîner, dit le sergent de ville.

Il faut renoncer à peindre cette scène à la fois ignoble et terrible...

Faible, abattue, épouvantée, la malheureuse jeune fille fut enti-aînée par les soldats ; à chaque pas ses jambes fléchissaient, il fallut que le sergent et l'agent de police lui donnassent le bras pour la soutenir... et elle accepta machinalement cet appui. Alors les vociférations, les huées éclatèrent avec une nouvelle furie. Marchant défaillante entre ces deux hommes, l'infortunée semblait gravir son Calvaire jusqu'au bout. Sous ce ciel brumeux, au milieu de cette rue fangeuse encadrée dans de grandes maisons noires, cette populace hideuse et fourmillante rappelait les plus sauvages élucubrations de Callot ou de Goya : des enfants enhaiflons, des femmes avinées, des hommes à figure sinistre et flétrie, se poussaient, se heurtaient, se battaient, s'écrasaient pour suivre en hurlant et en sifflant cette victime déjà presque inanimée, cette victime d une détestable méprise.

D'une méprise! ! ! En vérité, l'on trémit en songeant que de pareilles arrestations, suites de déplorables erreurs, peuvent se renouveler souvent sans d'autres raisons que le soupçon qu'inspire l'apparence de la misère, ou sans autre cause qu'un renseignement inexact... Nous nous souviendrons toujours de cette jeune fille qui, arrêtée à tort comme coupable d'un honteux trafic, trouva le moyen d'échapper aux gens qui la conduisaient, monta dans une maison, et, égarée par le désespoir, se précipita par une fenêtre et se brisa la tête sur le pavé

Après l'abominable dénonciation dont la' Mayeux était victime, M"" Grivois était retournée précipitamment rue Brise-Miche. Elle monta en hâte les quatre étages... ouvrit la porte de la chambre de Françoise... Que vit-elle? Dagobert auprès de sa femme et des deux orphelines...

LE COUVENT

Exphquons en deux mots la présence de Dagobert.

Sa physionomie était empreinte de tant de loyauté militaire, que le directeur du bureau de diligence se fût contenté de sa parole de revenir payer le prix de sa place ; mais le soldat avait obstinément voulu rester en gage, comme il le disait, jusqu'à ce que sa femme eût répondu à sa lettre; aussi, au retour dn commissionnaire, qui annonça qu'on allait apporter l'argent nécessaire, Dagobert, croyant sa délicatesse à couvert, se hâta de courir clicz lui.'

436 LE JUIF KRRAM

On comprend donc la stupeur de M"' Grivois, lorsqu'en entrant dans la chambre elle vit Dagobert (qu'elle reconnut facilement au portrait qu^on lui en avait fait) auprès de sa femme et des orphelines.

L'anxiété de Françoise, à l'aspect de M"" Grivois, ne fut pas moins profonde. Rose et Blanche avaient parlé à la femme de Dagobert d'une dame venue en son absence pour une affaire très importante ; d'ailleurs, instruite par son confesseur, Françoise ne pouvait douter que cette femme ne fût la personne chargée de conduire Rose et Blanche da is une maison religieuse. Son angoisse était terrible; bien décidée à suivre les conseils de l'abbé Dubois, elle craignait qu'un mot de M"^ Grivois ne mit Dagobert sur la voie : alors tout espoir était perdu ; alors les orphelines restaient dans cet état d'ignorance et de péché mortel dont elle se croyait responsable

Dagobert. qui tenait entre ses mains les mains de Rose et de Blanche, se leva dès que la femme de confiance de >I°" de Saint-Dizier entra, et sembla interroger Françoise du regard.

Le moment était critique, décisif; mais M"° Grivois avait profité des exemples de la princesse de Saint-Dizier : aussi, prenant résolument son parti, mettant à profit la précipitation avec laquelle elle avait monté les quatre étages après son odieuse dénonciation contre la Maveux, et l'émotion que lui causait la vue si inattendue de Dagobert, donnant à ses traits une vive expression d'inquiétude et de chagrin, elle s'écria d'une voix altérée, après un moment de silence qu'elle parut employer à calmer son agitation et à ressembler ses esprits ;

— Ahl madame... je\iens d'être témoin d'un grand malheur... excusez mon trouble... mais, en vérité, je'suis si cruellement émue...

— Quy a-t-il, mon Dieu? dit Françoise d'une voix tremblante, redoutant toujours quelque indiscrétion de M'"^ Grivois.

— J'étais venue tout à l'heure, reprit celle-ci, pour vous parler d'une chose importante... Pendant que je vous attendais, une jeune ouvrière contrefaite a réuni divers objets dans un paquet...

— Oui... sans doute, dit Françoise, c'est la Mayeux... une excellente et digne créature...

— Je m'en doutais bien, madame ; voici ce qui est arrivé : voyant que vous ne rentriez pas, je me décide à faire une course dans le voisinage... je descends... j'arrive rue Saint-Merri ... Ah! madame...

— Eh bien? dit Dagobert, qu'y a-t-il?

— J'aperçois un rassemblement... je m'informe... on me dit qu'un sergent de ville venait d'arrêter une jeune fille comme voleuse, parce qu'on l'avait surprise emportant un paquet composé de différents objets qui ne paraissaient pas devoir lui appartenir. Je m'approche... que vois-je?... La jeune ouvrière qu'un instant auparavant je venais de rencontrer ici...

— Ah! la pauvre enfant! s'écria Françoise en pâlissant et en joignant les mains avec effroi, quel malheur!

— Explique-toi donc! dit Dagobert à sa femme; quel était ce paquet?

— Eh bien, mon ami, il faut te l'avouer : me trouvant un peu à court... j'avais prié cette pauvre Mayeux de porter tout de suite an mont-de-piété différents objets dont nous n'avions pas besoin...

— Et on a cru qu'elle les avait volés! s'écria Dagobert; elle... la plus honnête fille du monde; c'est affreux... Mais, madame, vous auriez dû intervenir... dire que vous la connaissiez.

— C'est ce que j'ai tâché de faire, monsieur; malheureusement je n'ai pas été écoutée... La foule augmentait à chaque instant : la garde est arrivée, et on l'a emmenée.

— Elle est capable d'en mourir, sensible et timide comme elle est ! s'écria Françoise.

— Ah! mon Dieu!... cette bonne Mayeux... elle est si douce et si prévenante... dit Blanche en tournant vers sa sœur des yeux humides de larmes.

— Ne pouvant rien pour elle, reprit M™° Grivois, je me suis hâtée d'accourir ici pour vous faire part de cette erreur... qui, du reste, peut se réparer... 11 s'agit seulement d'aller le plus tôt possible réclamer cette jeune fille.

A ces mots, Dagobert prit vivement son chapeau, et s'adressant à M""" Grivois d'un ton brusque :

— Mordieu ! madame, vous auriez dû commencer par nous dire cela... Où est cette pauvre enfant? le savez-vous?

— Je l'ignore, monsieur; mais il reste encore dans la rue tant de monde, tant d'agitation, que si vous avez la complaisance de descendre tout de suite vous informer. . . vous pourrez savoir. . .

— Que diable parlez-vous de complaisance, madame!... mais c'est mon devoir. Pauvre enfant!... dit Dagobert, arrêtée comme une voleuse... c'est horrible... Je vais aller chez le commissaire de police du quartier ou au corps de garde, et il faudra bien que je la trouve, qu'on me la rende et que je la ramène ici.

Ce disant, Dagobert sortit précipitamment.

Françoise, rassurée sur le sort de la Mayeux, remercia le Seigneur d'avoir, grâce à celte circonstance, éloigné son mari, dont la présence en ce moment était pour elle un si terrible embarras.

]\lnie Qi-ivois avait déposé Monsieur dans le fiacre avant de remonter, car les moments étaient précieux; lançant un regard significatif à Françoise en lui remettant la lettre de l'abbé Dubois, elle lui dit en appuyant sur chaque mot avec intention :

— Vous verrez dans cette lettre, madame, quel était le but de ma visite

que je n'ai pu encore vous expliquer, et dont je me félicite, du reste, puisqu'il me met en rapport avec ces deux charmantes demoiselles.

Rose et Blanche se regardèrent toutes surprises.

Françoise prit la lettre en tremblant , il fallut les pressantes et surtout les menaçantes injonctions de son confesseur pour vaincre les derniers scrupules de la pauvre femme, car elle frémissait en songeant au terrible courroux de Dagobert ; seulement, dans sa candeur, elle ne savait comment s'y prendre pour annoncer aux jeunes filles qu'elles devaient suivre cette dame.

M""" Grivois devina son embarras, lui fit signe de se rassurer, et dit à Rose pendant que Françoise lisait la lettre de son confesseur :

— Combien votre parente va être heureuse de vous voir, ma chère demoiselle !

— Notre parente, madame? dit Rose de plus en plus étonnée.

— 3Iais certainement ; elle a su votre arrivée ici ; mais comme elle est encore souffrante d'une assez longue maladie, elle n'a pu venir elle-même aujourd'hui et m'a chargée de venir vo:is prendre pour vous conduire auprès d'elle... Malheureusement, ajouta M"^ Grivois remarquant un mouvement des deux sœurs, ainsi qu'elle le dit dans sa lettre à M""' Françoise, vous ne pourrez la voir que bien peu de temps... et dans une heure vous serez de retour ici; mais demain ou après, elle sera en état de sortir et de venir s'entendre avec madame et son mari, afin de vous emmener chez elle... car elle serait désolée que vous fussiez à charge à des personnes qui ont été si bonnes pour vous.

Ces derniers mots de M™^ Grivois firent une excellente impression sur les deux sœurs ; ils dissipèrent leur crainte d'être désormais l'occasion d'une gêne cruelle pour la famille de Dagobert. S'il s'était agi de quitter tout à fait la maison de la rue Brise-Miche sans l'assentiment de leur ami, elles auraient sans doute hésité; mais M""^ Grivois parlait seulement d'une visite d'une heure. Elles ne conçurent donc aucun soupçon, et Rose dit à Françoise :

— Nous pouvons aller voir notre parente sans attendre le retour de Dagobert pour l'en prévenir, n'est-ce pas, madame ?

— Sans doute, dit Françoise d'une voix faible, puisque vous serez de retour tout à l'heure.

— Maintenant... madame... je prierai ces chères demoiselles de vouloir bien m'accompagner le plus tôt possible... car je voudrais les ramener ici avant midi

— Nous sommes prêtes, madame, dit Rose.

— Eh bien! mesdemoiselles, embrassez votre seconde mère, et venez, dit M""" Grivois, qui contenait à peine son inquiétude, tremblant que Dagobert n'arrivât d'un moment à l'autre.

Rose et Blanche embrassèrent Françoise, qui, serrant entre ses bras les

deux charmantes et innocentes créatures qu'elle IhTait, eut peine à retenir ses larmes, quoiqu'elle eût la conviction profonde d'agir pour leur salut.

— Allons, mesdemoiselles, dit M""' Grivois d'un ton affable, dépêchonsnous ; pardonnez mon impatience, mais c'est au nom de votre parente que je vous parle.

Les deux sœurs, après avoir tendrement embrassé la femme de Dagobert, quittèrent la chambre, et, se tenant par la main, descendirent l'escalier derrière M"^ Grivois, suivies à leur insu par Rabat-Joie, qui marchait discrètement sur leurs pas, car en l'absence de Dagobert, l'intelligent animal ne les quittait jamais. Pour plus de précaution, sans doute, la femme de confiance de M"^ de Saint-Dizier avait ordonné à son fiacre d'aller l'attendre à peu de distance de la rue Brise-Miche, sur la petite place du Cloître. En quelques secondes, les orphelines et leur conductrice atteignirent la voiture.

— Ah! bourgeoise, dit le cocher en ouvrant la portière, sans vous commander, vous avez un gredîn de chien qui n'est pas carénant tous les jours ; depuis que vous l'avez mis dans ma voiture, il crie comme un brûlé, et il a l'air de vouloir tout dévorer!

En effet. Monsieur, qui détestait la solitude, poussait des gémissements déplorables.

— Taisez-vous, Monsieur, me voici, dit M^"" Grivois; puis s'adressant aux deux sœurs :

— Donnez-vous la peine de monter, mesdemoiselles. Rose et Blanche montèrent.

T^jiâe Grivois, avant d'entrer dans la voiture, donnait tout bas au cocher l'adresse du couvent de Sainte-Marie, en ajoutant d'autres instructions, lorsque tout à coup le carlin, qui avait déjà grogné d'un air hargneux lorsque les deux sœurs avaient pris place dans la voiture, se mit à japper avec furie...

La cause de cette colère était simple : Rabat-Joie, jusqu'alors inaperçu, venait de s'élancer d'un bond dans le fiacre. Le carlin, exaspéré de cette audace, oubliant sa prudence habituelle, emporté par la colère et par la méchanceté, sauta au museau de Rabat-Joie, et le mordit si cruellement, que de son côté le brave chien de Sibérie, exaspéré par la douleur, se jeta sur Monsieur, le prit à la gorge, et en deux coups de sa gueule puissante l'étrangla net... ainsi qu'il apparut à un gémissement étouffé du carlin déjà à demi suffoqué par l'embonpoint. Tout ceci s'était passé en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, car c'est à peine si Rose et Blanche, effrayées, avaient eu le temps de s'écrier par deux fois :

— Ici, Rabat-Joie!

— Ah! grand Dieu! dit M"" Grivois en se retournant au bruit, encore ce

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monstre de chien... il va blesser Monsieur... Mesdemoiselles, renvoyez-le... faites-le descendre... il est impossible de l'emmener...

Ignorant à quel point Rabat-Joie était criminel, car Monsieur gisait inanimé sous une banquette, les jeunes filles, sentant d'ailleurs qu'il n'était pas convenable de se faire accompagner de ce chien, lui dirent, en le poussant légèrement du pied, et d'un ton fâché :

— Descendez, Rabat-Joie, allez-vous-en...

Le fidèle animal hésita d'abord à obéir. Triste et suppliant, il regardait les orphelines d'un air de doux reproche, comme pour les blâmer de renvoyer leur seul défenseur. Mais à un nouvel ordre sévèrement donné par Blanche, Rabat- Joie descendit, la queue basse, du fiacre, sentant peut-être d'ailleurs qu'il s'était montré quelque peu ca'^sant à l'endroit de Monsieur.

M""* Grivois, très empressée de quitter le quartier, monta précipitamment dans la voiture; le cocher referma la portière, grimpa sur son siège; le fiacre partit rapidement; pendant que M""' Grivois baissait prudemment les stores, de peur d'une rencontre avec Dagobert. Ces indispensables précautions prises, elle put songer à Monsieur, qu'elle aimait tendrement, de celte affection profonde, exagérée, que les gens d'un méchant naturel ont quelquefois pour les animaux, car on dirait qu'ils épanchent et concentrent sur eux toute l'afl'ection qu'ils devraient avoir pour autrui ; en un mot, M""^ Grivois s'était passionnément attachée à ce chien hargneux, lâche et méchant, peut-être à cause d'une secrète affinité pour ses défauts ; cet attachement durait depuis six ans et semblait augmenter à mesure que l'âge de Monsieur avançait.

Nous insistons sur une chose en apparence puérile, parce que souvent les plus petites causes ont des effets désastreux, parce qu'enfin nous désirons faire comprendre au lecteur quels devaient être le désespoir, la fureur, l'exaspération de cette femme en apprenant la mort de son chien; désespoir, fureur, exaspération dont les orphelines pouvaient ressentir les effets cruels.

Le fiacre roulait rapidement depuis quelques secondes, lorsque M"" Grivois, qui s'était placée sur le devant de la voiture, appela Monsieur.

Monsieur avait d'excellentes raisons pour ne pas répondre.

— Eh bieni vilain boudeur... dit gracieusement M""" Grivois, vous me battez froid?... Ce n'est pas ma faute si ce grand vilain chien est entré dans la voiture, n'est-ce pas, mesdemoiselles?... Voyons... venez ici baiser votre maîtresse tout de suite et faisons la paix... mauvaise tête.

Même silence obstiné de la part de Monsieur,

Rose et Blanche commencèrent de se regarder avec inquiétude; elles connaissaient les manières un peu brutales de Rabat-Joie, mais elles étaient loin pourtant de se douter de la chose.

M""" Grivois, plus surprise qu'inquiète de la persistance du carlin à

— Viens, mon garçon, vien3 ici, mon bon chien... (P. 447.)

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