SCÈNE VII
ISAAC , sei/l.
Réunis, réunis dans l’éternité, disent-ils, l’éternité!
et leur esprit ne paraît point écrasé de cette joie et ne paraît point admetti'e de doute! serait-il donc vrai?.... Oh !
si celte conviction , si cet espoir consolant pouvait entrer dans mon cœur. ( Il regarde la croix.) S’il ne fallait que m’humilier... que fléchir le genou devant cette croix, instrument d’un infâme supplice qui est devenu pour eux un symbole sacré!... Une autre vie où je retrouverais ma mère, ma
feimne où je veirais éternellement le bonheur de cette
enfant , ma fille... qüe j’ai rencontrée miraculeusement ! ( avec douleur) et dont il faudra que je me sépare bientôt... Mais comment croire à cela ? qui sait?... Enfin il me faut bien croire à mon malheur!... je suis seul ici... personne ne me voit... pourquoi ne tenterais-je pas? ( Il se tourne et fait un pas vers la croîjr.. Signe mystérieux et redoutable... s’il se peut que celui qui a subi ton ignominie., fût, comme il le disant lui-méme , l’envoyé, le Messie, le Fils du Dieu de Moïse et d’Aaron... reçois ici... l’hommaige.i,. du respect... que je te voue... et deviens enfin...
(Il va pour fléchir les geiioax. Grand bruit.)