SCÈNE VI
ISA.\C , seul. La marche continue crescendo.
Allons , c’en est fait ! jamais je n’aur^s osé espérer ce triomphe. Oh ! que les partisans du novateur doivent être consternés ! c’est ce qui m’enchante, moi. Car que cèt homme soit luis à mort , il ne m’importe point. Mais Pierre j André , Jean, Josepli d’Arimathie , qui chantaient si haut ses miracles , les voilà confondus... ce sera à notre tour à rire et à nous moquer j à leur demander : Que dites-vous de ceci T- que pensez-vous de cela ? Nous n’avions qu’à ouvrir les yeux pour êti-e convaincus, à ce qu’ils prétendaient. . . Eh bien ! qu’à leur tour ils ouvrent lés leurs. Et quand on pense que cet audacieux s’attaquait au Sacerdoce... que Caïphe... qui me veut du bien... qui me protège était l’objet de ses amères censures ! Ah ! pour ce
crime-là , c’est un supplice trop doux que la croix. ( Regardant à une fenêtre à droite.) Le voici... Son air de grandeur, et d’autorité a disparu. {Adressant ses paroles dehors.) Eh bien ! fils de * Dieu , dis donc a ton père qu’il te délivre. ( A lui-même. ) Mais il s’approche.!, il veut, je crois, «e reposer sur le banc de ma {Xirte... on pourrait penser que je compatis à sa peine... ce se-j, rait une insulte à Caïphe. Non , non. ( Parlant encore dehors. )
Loin d’ici ! ce banc n’a été mis là ni pour toi , ni pour les tiens ; marche , marche.
(Une fenêtre, à gauche, s’ouvre violemment:
elle donne p-assage à un rayon lumineux, sur le()uel glisse l’archange Michel, les ailes déployées , cl tenant une e'pée flamboyante à la main. )