‹ Le juifChapitre 165 sur 312 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

grande assemblée dans les temps modernes. — Ce que le Juif doit à l'Eglise; curieux et admirable morceau. — Aisance du Juif, même dégagé des entraves du Talmud , à renier la parole de ses représentants. — Cette parole n’était pour lui qu’une ruse de guerre, il ne doit que haine à l’Eglise el à la papauté. — Actes des Papes et du clergé romain , défenseurs et protecteurs désintéressés du Juif; ils lui assurent pour son culte une liberté que tant de gouvernements refusent aujourd’hui même au catholique. — Le plus implacable ennemi du Juif nous peindra-t-il mieux qu’il ne le fait luimême de nos jours son horreur pour toute vérité qui le blesse, sa haine héréditaire pour le chrétien? — Le Juif qui se peint dans ses pages, telles que nous les citons, est-il un homme que la civilisation

Eiiisse avouer? — Exceptions. — Notes. — Le Ghetto d’Avignon. — es ghetto (tre ghetti) ; celui de Rome.

Nous venons d’exposer sans mise en scène et sans étalage de phrases, c’est-k-dire en toute simplicité, quelle est, en l’an 1868, la tenue du Juif devant l’évidence historique : sa physionomie, sa contenance, sa parole devant les splendeurs de la vertu chrétienne-, prions maintenant le lecteur, devenu peut-être un peu moins naïf, un peu moins libéral à l’endroit du Juif, de nous déclarer dans quelle mesure approximative de temps il juge que l’esprit de gratitude naturel aux peuples civilisés doive finir par échauffer et ranimer le cœur de cet homme. Mais afin de faciliter le coup d'œil de l’observateur, concentrons ses regards vers le mur du Ghetto romain, et rappelons d’abord un fait :

Après avoir offert aux Juifs le conseil que lui inspirait sa haute intelligence, de se faire non plus les aveugles destructeurs, mais les conservateurs du pouvoir papal, M. Mirés, continuant a plaider la cause de la reconnaissance et de la prudence, conjurait la banque juda'ique de mettre un frein k ses fougueuses convoitises, et de refuser aux spoliateurs du clergé de l’Italie le secours de son industrie financière et de sa puissance Respectez-vous; respectez votre na-

tion; ne salissez point vos mains de cet or....

De cet or? Eh quoi! Nous? nous? répliquait avec emportement le judaïsme, salir nos mains en les portant sur l’or du sacerdoce chrétien, sur l’or de l’Église? Ainsi, « d’après ee champion inattendu de la sécurité d’Israël,... tout /sroélite serait tenu de rester étranger k loute opération finan-

cière concernant un gouvernement que Rome papale traite en ennemi..... " M. Mirés défendre.... contre les banquiers israélites les iiltérêls déS Juifs, « leur rappeler l’injuste et séculaire réprobation dont nous avons été victimes, pour les engager à n’y pas donner prise de nouveau! Il y a lii quelque chose de bouffon..... La reconnaissance, dit M. Mirés, nous enchaîne aux Papes, à Pie IX, qui a supprimé le GheUo. C’est la ce qu’on ne craint pas dé dire après le scandale de l’affaire Mortara ’!.... »

De la reconnaissance? oh! oh! ceux qui tiennent ce langage oublient « que les bienfaits ont été contre-balancés par les persécutions; ils parlent du Ghetto, mais le Ghetto n’existe-t-il pas encore a Rome*?...

Se livrant à sa verve sarcastique contre l’Israélite qui Ose arrêter la main de ses compatriotes devant l’or de l’Kglise que lui tend la Révolution, et iiroclamera haute voix la dette de reconnaissance d’Israël envers les Souverains Pontifes, la JReyue jurf(iï(/ue jette devant elle ce cri d’alarme et d’horreur : L’entendez-vous? « Un Israélite plaide la cause de nos plus nwrtels ennemis! » Ah! CB que veut M. Mires, « appartenant h la communauté juive, c’est le maintien' perpétuel du Ghetto de Rome, la tyrannie épouvantable exercée sur nos pauvres frères , leurs souffrances indicibles, leur humiliation, leur martyre. Voilh ce qu’une plume Israélite osé défendre à la Ihce d’Israël et du monde civilisé! Ahl M. Mirés, si on vous traitait ’a Paris comme les nôtres sont traités sous la domination des prêtres romains!... si, au lieu d’une maison splendide, on vous donnait polir habitation un réduit misérable et délétère, sans soleil et sans air, sur les bords infects et maudits du Tibre,... si on faisait de vos enfants des cadavres vivants , voués dès leur naisSauce au malheur et à la dégradation, vous chanteriez peut-être moins la gloire des persécuteurs de vos frères ’ . •

* Archives israélites, XI, p. 489, ("juin 1867.

* Archives israélites. II, p. 54, 15 janvier 1867.

* Univers\israélite , IV, p. 149-150; 1866. Ce chant à la gloire des

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