CHAPITRE ONZIÈME
Les Juifs , de qui nous tenons cet admirable document où se lit k la fois i'histoirc du passé, du présent et de l'avenir, cette page où se peint en traits si frappants de vérité le judaïsant orthodoxe en pays chrétien , les Juifs ne nous l’ont livrée que pour la signaler k la violente réprobation de l’Europe ' ; k tel point, lorsqu’il s’agit des graves intérêts qui les concernent, ces hommes entreprenants comptent aujourd’hui sur l’épaisse ignorance et l’aveugle parlialitéde notre public! C’est pourquoi nous apprenons d’eux-mêmes leur dernier effort et leur plus cher espoir k l’endroit de ce glorieux manifeste, de cette suprême et généreuse tentative des hommes d’État de la Roumanie. Écoutons :
« Le comte de Bismark a fait parvenir la réponse suivante au conseil de la communauté Israélite de Berlin, qui lui avait adressé une pétition relativement au projet de loi de proscription contre leurs coreligionnaires en Roumanie. — Berlin , 18 avril 1868 : « Le roi m’a chargé de répondre k la pétition du 6 de ce mois, du conseil de la communauté juive,... pour empêcher la mise en vigueur (Cune loi soumise k la représentation roumaine concernant la position des Israélites,... que la communication du projet de loi en question avait été présentée contre la volonté du prince Charles; qu’il n’était pas probable qu’il fût adopté; et que, s’il l’était, il ne serait pas sanctionné par le gouvernement du prince, etc. Comte de Bismark* ».
‘ Archives Israélites, X, p. 462 à 467-472; 1868.
* Univers israélite, IX, p. 429; 1868. Même démarche des Juifs en France; Archives israélites, IX, p. 427-28; 1868.
Note impohtante. L’Europe a pesé dans la balance de la politique moldo-valaque ; elle s’est montrée favorable aux Juifs... Archives israélites, n° II, p. 54; 1869. Le Juif l’emporte; le ministère Bratiano <i été renversé, la Chambre dissoute, les nouveaux préfets appartiennent au parti du progrès, etc. Ibid., Archives israélites, VI, p. 178; 1869. Le nouveau ministre de l’intérieur, M. Cogalniceano, est de ce même parti; voici pourtant la circulaire que la force des choses l’oblige d’adresser à ses préfets sur les Juifs {extrait littéral) :
U D’après les lois du pays, les Juifs ne possèdent pas le droit de domicile permanent dans les villages. En conséquence, ils ne sauraient être ni cabaretiers ni percepteurs d’accise dans les communes rurales, etc... » «... Jusqu’aujourd’hui , la plus grande partie des Juifs, et surtout
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LËS JUIFS.
Quoi que veuille le pays, l’Europe libérale saura donc contraindre ses gouvernements à user en faveur du Juif du droit d’intervention qu’elle a proscrit-, elle saura peser au besoin sur le prince qu’elle a placé sur le trône roumain , et, bon gré mal gré, le plier aux exigences d’une politique sur laquelle on sait quelle est l’influence judaïque ! Que s’il naît de ces désordres une tempête dont le souffle emporte le Juif,... nous le demanderons alors : Â qui la faute?
les émigrés de Gallide el de l'odolie, consliluenl dans notre pays non pas une communauté religieuse, mais bien une nationalité distincte, ayant sa langue, son costume el ses mœurs en propre; el une triste expérience nous a prouvé que, surtout les Juiis de Gallicic el de Podolie qui habitent les villages, sont un /léau pour les villageois roumains... Je ne puis tolérer l’abus, et, dans le plus bref délai, nous devons tous nous elTorcer de sauver le pays du mal qui le menace... »
Faites sentir « combien je suis résolu d'arrêter le mal dans les villages, de même que , par contre, je ferai tout moti possible auprès des Chambres pour augmenter les droits des Juifs éclairés, et surtout de ceux qui, par leur naissance, par leurs éludes faites dans nos écoles, obtiendront le droit d’être comptés parmi les fils de notre pays, sans distinction de religion. » Cogalniceano, n® 761, 15 janvier 1869.
En 1869, le ministre favorable aux Juifs, M. Cogalniceano, est réduit à reprocher au gouvernement français « de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Roumanie », à l’instigation de M. Crémieux. Lire Archives Israélites, XV, p. 466; 1869. Ce ministre de l’intérieur écrit à son collègue des affaires étrangères, en réponse à la note du 15 juin 1869 de M. le consul de France, une pièce du plus haut intérêt où nous copions ces phrases'!. « M. le marquis de la Valette connaît mieux que moi les mesures exceptionnelles que dut prendre Napoléon !'■■, dans l’intérêt de la France, contre les Juifs de l’Alsace et de la Lorraine... Votre Excellence n’ignore pas quels orages ont éclaté à la Chambre toutes les fois qu’un ministre a osé dire un mot dans la question israélite... Cela prouve une grande irritation de la part des populations roumaines, provenant de cruelles souffrances et d’une légitime inquiétude. Car c’est la voix de la nation qui se sent menacée dans sa nationalité et dans ses intérêts économiques... Pour le passé ni pour le présent, je le répète, les Israélites ne peuvent se plaindre de la Roumanie.
• Les représentants des puissances qui résident à Jassy ont reconnu eux-mêmes, j’en ai la conviction, ce terrible fléau, qui ronge l’ûme de la Moldavie Les puissances européennes, en leur qualité de puis-
sances chrétiennes, doivent aussi leur part de compassion aux chrétiens de la Moldavie... Je m’estimerais heureux si mes faibles paroles pouvaient effacer de la conscience des ministres français la fâcheuse impression qu’y ont produite lks rapports erronés de VAlliance israélite et de ses correspondances moldaves. » Ainsi parle officiellement le remplaçant du ministre Bratiano, M. Cogalniceano, le plus habile patron des Juifsl ! I