CHAPITRE DOUZIÈME
« Et ces aspirations, ces pensées, ce ne sont pas seulement une chose intime, personnelle à notre race, mais c’est un besoin universel; c’est la réalisation des paroles des prophètes; que dis-je? des paroles de Dieu. C’est la preuve de sa présence éternelle parmi nous, c'est la sanction dont je parlais.
U Si, peu à peu, les vengeances personnelles ont disparu; si le préjugé barbare et stupide du duel n’est bientôt plus qu’un souvenir; si, en un mot, il n’est plus permis de se faire justice à soi-méme, mais plutôt de s’en remettre 'a des juges généralement acceptés et désintéressés dans le litige, n’est-il pas naturel, nécessaire, et bien autrement important, de voir bientôt un autre tribunal, un tribunal suprême, saisi des grands démêlés publics, des plaintes entre nations et nations, jugeant en dernier ressort, et dont la parole fasse foi? Et cette parole, c'est la parole de Dieu , prononcée par ses ûls ainés (les Hébreux) , et devant laquelle s’inclinent avec respect tous les puînés, c’ est-h-dire l’uuiversalité des hommes, nos frères, nos amis, nos disciples'.
» Encore un mot, cher Monsieur... Nous approchons du jour anniversaire de la sortie d’Égypte des Israélites nos pères. C’est la soirée du 20 avril que , par toute la terre, un peuple disséminé depuis bientôt deux mille ans, le même jour, A LA MÊME HEURE, SOUDAIN, se lève commeuii seul homme. Il saisit la coupe de bénédiction placée devant lui, et, d’une voix fortement accentuée, il redit par trois fois le magnifique toast que voici : l’année prochaine dans Jérusalem I Direzvous encore que le rétablissement de la nation juive n’est ni réalisable ni acceptable*? — LévyBing. »
Ce langage est-il assez énergique, assez clair? — Eh bien, h son tour, le président de l’œuvre de Jérusalem,
■■ ‘ Je suis le peuple-Pape! parole étonnante d'Israël, et qui le place au point de vue le plus ultramontain : 11 vous faut un juge suprême, et par conséquent infaillible, ô nations de la terre I Eh bien, me voici, je dois être, je serai cet arbitre, ce juge. Reconnaissez dans un congrès judaïque , reconnaissez en moi non-seulement le peuple-roi , mais le