‹ Le juifChapitre 274 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE. E · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE. E

de la loi nouvelle celle qui la précéda : c’est que cette première avait un enseignement secret auquel le commun du peuple restait étranger, < mais qui devait être ouvertement prêché lors de la venue du Messie ». Les cabalistes de l’antique Synagogue, en répétant les traditions relatives 3 tel et tel point du dogme chrétien, « l’enveloppaient par calcul dans un langage obscur, se servant de locutions inconnues au vulgaire et même au commun des docteurs; les adeptes seuls avaient la clef de ces énigmes ». Moïse, ce symbole vivant, voilait sa face afin de ménager la vue si faible des Juifs, tandis qu’il plut au Christ de ne se faire voir qu’à visage découvert. Car il est du caractère de la lui nouvelle que le dernier des fidèles soit initié dès l’enfance aux plus sublimes vérités de la religion; et l’enfant qui reçoit d’une bouche chrétienne l’enseignement de son catéchisme ne saurait envier au plus profond philosophe la révélation du moindre mystère'.

Telle est la cabale, dont, au quinzième siècle. Pic et le savant Juif Paul Ricci « ont les premiers révélé l’existence au monde chrétien. Il ne faut donc pas s’étonner si l’étude de cette science a amené un grand nombre de Juifs à embrasser le Christianisme. En elfet, à moins de faire violence au texte des morceaux précieux qui nous restent de la Cabale ancienne , il faut convenir que le dogme chrétien y est aussi nettement professé que dans les Pères de l’Église; et les rabbins s’en sont si bien aperçus qu’ils ont pris des mesures pour éloigner les Juifs de la lecture de la Cabale *. »

Vers les derniers temps de Jérusalem, et lorsque la Judée subit les affreux ravages de l'idoIAtrie, le culte fut misérablement envahi par le pbarisaïsme, dont la plantureuse végétation menaçait la Synagogue presque tout entière. L’attention des docteurs se porta dès lors sur la théologie talmudique, qui existait à l’état d’enseignement oral et réglait le côté pratique et matériel des prescriptions religieuses, tandis que la théologie mystique et spéculative tomba dans le discrédit , par la raison que sa tendance chrétienne était d’une évidence palpable. Ce mouvement s’accentua surtout lors de la crise suscitée par l’opposition des pharisiens à la doctrine que prêchèrent le Sauveur et les apôtres. .Mais

' Dracli, //annonie, t. II, p. xxv.

2 Ibid., t. Il, p. XXXII, etc., y lire une nomenclature de certains savants illustres du judaïsme convertis au cliristianisine par celte étude.

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déjà, tournant au changement de saveur, cette tradition talmudique était devenue ce que le ïalmud appelle le vinaigre fils du vin-, et, dénaturée dans sa partie essentielle, elle recevait le mélange impur des rêveries fantastiques des rabbins, de leurs vaines subtilités, de leurs contes absurdes, grotesques, inimaginables! Un peu plus tard, après la dispersion des Juifs, les Rabbins reprirent du goût pour les spéculations de la métaphysique; et, revenant à leur cabale mystique , ils y introduisirent un amalgame de philosophie grecque et orientale dont les systèmes hurlaient en se heurtant à ta révélation mosaïque. Telle est la cabale moderne. Les Rabbins y ont admis, presque sans les comprendre, des formules dont l’équivoque se prête au matérialisme grec et au panthéisme indien*, ou, disons mieux, aux sacrilèges vanités de la magie des peuples sabéistes, livrés aux doctrines idolâtriques des descendants de Gham. C’était d’ailleurs au milieu de ces peuples qu’avant Abraham, et pendant la captivité de Babylone, avaient vécu leurs pères , habitués à mêler sans cesse le culte du Dieu saint aux cultes des dieux démons’.

Si donc, à ne consulter que ses docteurs, la seconde cabale est d’origine judaïque et relativement moderne, elle remonte aux temps les plus anciens par les traditions magiques et les superstitions auxquelles elle se relie, et que les Juifs, en se les appropriant pour les combiner avec leurs traditions, ont marquées de leur sceau.

' Orach, Uarm., t. II, jusiju’à xxvii.

> DU genlium dæmonia. Ps. xcv, 5. — Josné, xxiv, v. 2-14, etc., etc.

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