‹ Le juifChapitre 276 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE

mal(ris«. — Cette magie sidérale est celle des matliématiciens de Rome,

c’est-.'i-dire des CliaMécns, ou astrologues, qui, après avoir été les oracles

du monde payen, furent presque & toutes les épuques des oracles dans le

monde chrétien.

La cabale maudite ou pharisaïque , celle que nous conservèrent les docteurs du Talmud, enfanta le culte des astres, ces splendides navires que de puissants génies préposés au gouvernement des choses de ce monde dirigent et pilotent dans les océans sans rives de l’espace*. La cabale judaïque est donc le code ou la clef du sabéisme , cette idolâtrie primitive qui se donnait pour dieux les génies déchus de l'armée sidérale*.

Longtemps avant de recevoir son nom , elle fut , comme l’enfant dans le sein maternel , en voie de formation et douée de l’ètre ; puis elle eut un corps, sans être nommée, et reçut des noms qui changèrent. C’est pourquoi, ne cherchant que le fond et l'unité des choses, nous lui donnons souvent dans nus chapitres le nom de cabale par anticipation, avant la date où elle le porta.

Les Juifs, dont elle a précédé l’existence , l'accueillent dès qu’ils se livrent à des dieux étrangers , à l’adoration des dieux astres, c’est-à-dire fort antérieurement à l’époque où leurs princes affichent en faveur des divinités de la Chaldéc, de l’Égypte et des pays voisins, le scandale d’un culte public’.

La cabale pénètre alors et infecte les traditions patriarcales, réduites à chercher un dernier asile au pied de la chaire de Mo'ise, dont la vertu repousse l’erreur. Elle s’infiltre dans leurs livres doctrinaires ; elle s’installe dans leur médecine, elle s’insinue dans leur science sociale, mais en subissant des modifications successives, et finit par s’enraciner dans leurs mœurs. Ainsi le Juif, sous l’œil de qui naît le Christ, devient-il, malgré ce foyer de lumière , et selon la remarque des pères de la magie et des Pères de l’Eglise, le prince de l’hérésie, que le spiritisme magique imprègne de ses venins’, le missionnaire du mal, le grand maître de l’occultisme antichrétien. Car « la cabale, nous dit V oracle des

' Croyance des plus grands philosophes du monde idolâtre, et de la théologie catholique, quant aux astres.

’ Saba, Tzaba, d’où sabéisme, signifie l’armée céleste, et c’est dans ce sens surtout que le Seigneur est le Dieu des armées. Les dogmes cabalistiques sont les principes de la science du mage, ou de la magie.

* IV Rois, cbap. xxiii, etc.

’ Epiphan., Adv. hœres., p. 55, édit, in-fol., 1622; — td., Iræn., Àdv. Valent., p. 43, 62, 137, édit. 1560, etc.

toeiétis tecrèles, est la mère des sciences occultes ; et les Gnosticiens, — ces hérétiques qui poussèrent jusqu’à l’abomination les erreurs de l’intelligence et la perversion des mœurs, — sont nés des Cabalistes*. »

Si donc la première et la plus antique tradition religieuse du monde, connue sous le nom hébraïque de cabale, est d’ordre divin^, la seconde, celle qui doit la suivre point à point sur une ligne parallèle, est démoniaque \ C’est, en efTet, parle titre de dogme de la haute magie que le pseudonyme Eliphas salue, en flél \ fy y chissant le genou devant elle, cette seconde cabale , qui , sous i Templie^, « menaça le monde entier d’ur.e immense

! révohition, » et qui , brisée devant la tiare par le sceptre qu’elle 1 ,, s’apprêtait à saisir, se réfugie dans les doctrines et les rites « si

Jl4 peu connus encore de la maçonnerie ancienne et moderne*. » Aussi 1 ^ est-il dit que « la cabale, cultivée par les Juifs avec une ar-

“ ■ /.vdeur sans pareille, effaçait presque’à elle seule toutes les autres

t 9' ftlÀAè sociétés secrètes®. » Peut-être eût-il été plus juste de dire qu’elle / II. i — les renfermait presque toutes dans son sein fécond.

■Xt. ^ tl/v' Aujourd’hui même, malgré les principes de division et de variations qui caractérisent l’erreur, les doctrines secrètes et unitaires de la magie cabalistique, qui pénètrent et dominent les hauts conseils des sociétés occultes , préparent une violente unification des peuples; et cette immense révolution s’apprête à réaliser l’une des plus célèbres prophéties des Ecritures sacrées.

Quoi qu’il en soit, la cabale, fort antérieure au peuple Juif, est l’âme et la forme judaïque de la sorte de magie que ce peuple s’appropria : forme savante, parce que telle fut la religion des Juifs, dont elle se fit une contrefaçon philosophique; tandis que la magie vulgaire s’étant presque partout confondue avec le grossier empirisme de la sorcellerie, on se refusait généralement, malgré son orgueil et ses prétentions, à lui attribuer une valeur

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' Ragon, l’auteur le plus accrédité chez les francs-maçons; ilaçonnerie occulte, p. 78; Paris, i853.

’ répondant à axoSoxiq, ou à acceptio, enseignement reçu verba-

lement. Dracli, Harm., t. I, p. xi; 1844.

® Dracli., ibid., t. II, p. xviii. — Le rationaliste Hœfer, Histoire de la chimie, t. 1", p. 247; — Matter, Hist. du gnosticisme, t. III, p. 184; —Eliphas Lévi, Hist. de la magie, p. 23; Paris, 1840.

‘ Eliphas, Ibid., p. 23, 222, 256, 273, 399, 407.

® ilém. sur la cabale, par de la Nausc, dans les JHéni. de V.icadémie des inscriptions.

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