‹ Le juifChapitre 295 sur 312 · CHAPITRE APPENDICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE APPENDICE

Enfln , Iw sectaires de cet occultisme qui, sous notre ciel, se reflète ou se prolonge dans l’occultisme cabalistique des sociétés dont le nom principal est, pour le moment, celui de la haute maçonnerie, obéissent en areugles au mot d'ordre d’un grand maître. Les Yézidis sont, en effet, « soumis au cheik ou vénérable, leur chef spirituel, qui remplit les fonctions de patriarche et de pontife de la secte. Il réside dans le village d’Assoian et a sons sa dépendance des cheiks particuliers qui reçoivent, transmettent et

exécutent ses ordres Le cheik général exerce , même politiquement ,

une très-grande influence. C’est loi, en effet, qui gouverne en quelque sorte tous les Schamanites. Il fait les lois, définit ce qui est bien, ce qui est

mal, ce qui est permis, ce qui ne l’est pas Une couleur, un fruit qu’il

aura prohibés, deviennent aussitôt illicites, et tellement illicites qu’on ne saurait en faire usage sans tomber sous le coup d'une espèce d’excommunication. Telle est même l'Iiorreur qu’inspire ce qui est ainsi prohibé, que, pour exprimer une impossibilité, il suffit au peuple de la comparer k l’usage de l’objet tombé sous le coup de cette interdiction suprême*. >

Ce despotisme absolu du grand maître de la cabale clialdéenne était celui du prince des Assissins, dans le Liban , où les Druses conservent les doctrines et les moeurs de la cabale , ce que nous exposons ailleurs. Il est celui du grand maître secret de la haute maçonnerie, c’est-k-dire de la maçonnerie cabalistique que gouvernent les Juifs. « nus pères dans la science », dit Eliphas Lévi. (Histoire de la Magie, p. !45; Paris, 1860.)

Le mépris et la haine qui poursuivaient, jusque dans le monde idolâtre, les évocateurs et les adorateurs des esprits du mal , et qui poursuivirent le juif cabaliste dans le monde chrétien malgré les brillants succès qu’il y obtint, poursuivent aiijourd’liiii ces mêmes sectaires. Il existe donc • entre les Yézidis et les musulmans une haine implacable. La loi permettait, il n'y a pas longtemps encore, aux musulmans de les tuer partout où ils les rencontraient Aussi les consuls européens , ne sachant comment arrêter

l’effusion du sang , demandèrent k la Porte le droit de nationalité pour les Yézidis, et ils obtinrent pour eux la même protection que pour les autres peuples de l’empire ottoman. Mais, si les massacres sont devenus moins fréquents, la liaine qui sépare les deux peuples n'a rien perdu de sa rage et de sa fureur... Ils sont, k juste titre, plus odieux et plus persécutés que ne l’ont jamais été les chrétiens sous la domiuation turque. >• (P. 35, 43, 44, iù.)

Que si le chiffre de cette population cabaliste se trouve ainsi limité dans le Kourdistan et dans la Mésopotamie , observons que la secte se répand ailleurs et au loin. 11 se dit même « qu’ils ont des temples dans une des plus grandes capitales du nord de TEarope, et il n’est pas improbable que la population schamanite répandue dans ces diverses contrées atteigne le chiffre de plusieurs millions. » (Ibid., p. 45.)

Maintenant, si tels sont ces fanatiques de la cité du mal, ces inféodés héréditaires de la cabale primordiale, si telle est l’aveugle obéissance qu’ils prêtent k leurs grands maîtres, k leur cheik , k leur émir, répétons ce que nous avons dit tout k l'heure k propos de ce dernier :

• Il est probable que, par des ramifications mystérieuses, ses ordres parviennent aux extrémités les plus reculées de l’Asie, et peut-être mime

* P. 38. Ceit là le Tabou des île» de la mer du Sud, eic.

LES JOIFS.

de l’Europe », où la cabale, qui produisit les Gnostiques, ces frères des Yézidis, est reconnue comme « la mère des sciences occultes »; où elle « effaça presque à elle seule tontes les autres sociétés secrètes »; où toutes les associations maçonniques avouent lui devoir n leurs secrets et leurs symboles » ; et où les Juifs, « qui ont été les dépositaires les plus fidèles de ses secrets, ont été, en magie, les grands maîtres ». (Foir plus haut ces citations appuyées.)

Arrive, éclate un beau soir une de ces grandes, une de ces formidables crises qui ébranlent la terre, et que, de longue date, les sociétés de l’occultisme préparent à la société chrétienne, et peut-être alors verra-t-on subitement apparaître et se produire au grand jour, dans le monde entier, toutes les milices, toutes les sectes fraternelles et inconnues de la cabale. L’ignorance, l’insouciance où nous aurons vécu de leur sourde existence, de leurs affinités, de leurs ramifications immenses, ne les empêchera nullement de se reconnaître , de se donner, sous la bannière quelconque d’une alliance universelle, le baiser de paix. Elles se rangeront avec empressement sous un même chef. Plus d’une voix de la haute maçonnerie, c’est-à-dire de la maçonnerie cabalistique, nous rappellera peut-être alors un peu brutalement que la cabale, enfin victorieuse sur toute la ligne, est, selon le mot de son apôtre actuel, « la science des sciences cl la religion des religions! » (Éliphas Lévi, Dog. et rit., p. 244, t. Il, 1854.)

Et c’est alors, nous diront ces adeptes, que l’arbre de la science du bien et du mal aura porté ses plus beaux fruits I

Toutes ces choses paraîtront d’autant moins étranges au lecteur, étonné peut-être au premier abord , qu’il vomira bien les relire après avoir embrassé par une première lecture l’ensemble des documents et des pensées qui sont le corps et l’âme de notre ouvrage.

Page 1