CHAPITRE APPENDICE
b«jiux fleurons de l’Église calholiqae aux premiers siècles de son histoire , elle est tombée aujourd’hui sous la domination musulmane. Que dis-je? le démon lui-méme a chez elle drs autels, et son culte ignominieux n’est point voilé sous la pompe et la décadence du langage ». Il a vaincu! Dieu de l’antique cabale, il triomphe dans ce premier centre de son empire, resté, redevenu pour l’Orient et fort au delà de l'Orient, l’un des grands, centres du culte cabalistique!
x Le lecteur étonné nous pardonnera d’entrer (à ce propos) dans quelques détails sur les Yézidis, plus connus en Europe sous le nom de Scha-
manites ou de Semanites Aucun auteur n’a décrit minutieusement les
ma-urs de ces peuplades infortunées C’est dans le diocèse d’Akra que se
trouve le centre du culte de ces sectaires, et c’est aussi là que réside leur patriarche et leur cheik suprême. » P. 3i-Sà.
X Au point de vue politique, les Yézidis sont gouvernés par un émir suprême de leur secte, qui réside à Schiekan, au nord-est de Mo^oiil (Ninive)... Sun pouvoir est absolu en tout, et il peut user comme il veut de toutes les femmes de ses sujets. Son épouse légitime est toujours choisie néanmoins parmi les princesses filles des autres émirs. Au moyen d’émirs subalternes, il transmet ses ordres à tous les Scliamanites répandus dans le Kourdistan, la Médie, la Mésopotamie et les monts Sindjar. »
X II est probable même que, jmr (tes ramifications mystérieuses , ses ordres parviennent aux extrémités les plus reculées de l'Àsie et PEiT-êTsc ■ênE DE l’f.uhope. » P. 37.
Les Gnostiques et les Manichéens conservèrent pieusement les traditions de cette Maçonnerie primitive, c’est-à-dire sa cabale, dont une branche avait poussé de profondes racines ciuz les Druses, dans les montagnes du Liban; et lorsque les croisés de l’Europe inondèrent l’Asie, ils en infectèrent les ancêtres de nos francs-maçons ; les Templiers, les Rose-croix, les organes de l’occultisme occidental, les chefs et les chefslieux de notre cabale démoniaque.
Le cabalisme primitif fut ce que sont ces sectaires, car ils sont restés sabéisti'S; ils adorent le soleil, les astres, les esprits des astres, le mauvais principe, ou le principe, le prince du mal, que les Perses nommèrent Ahriman. Et cet Ahriman, x quel reil serait assez aveugle pour ne le point reconnaître sous les voiles transparents » de leurs doctrines, qui x se rattachent au manichéisme par des liens visibles encore », et dont s’était pénétré le gnosticisme. Il sullit d’une phrase unique pour que le doute à cet égard s'évanouisse; écoutons ;
Chez ces sectaires, x toutes les passions, même les plus honteuses, sont regardées comme sacrées, et vouloir en arrêter le cours, ce serait se rendre coupable envers celui qui en est l’auteur et l’exécuteur. Les mots pudeur et foi conjugalen'oni pas de sens dans leur langue et n’éveillent aucune idée dans leur esprit ' ».
Le prince du mal, cependant, » le diable, n’est pour eux après tout qu’un ange déchu... Dieu, disent-ils, est infiniment bon, incapable de faire du mal aux hommes. Le diable, au contraire, est infiniment méchant, et,
’ Ibid,, Armée dominic, ,\t, 138, mai 1861 ; La Chaldée. p. 6i. — Ne croit-on pas lire, en lisant ces lignes, un des Pères de l’Eglise, saint Epipbane, Adversue bœreses , sur les caïniies, les opliites, les nicolaltes, etc, ?
dans sa malice, il ne se plaît qa’à les torturer. II est donc de toute prudence, si l’on veut £tre heureux ici-bas, d’abandonner le culte de Dieu, qui ne peut nuire... , et de se placer sous la protection de i’étre qui seul peut exempter les hommes des maux de cette vie, puisque seul il a le pouvoir de les leur infliger ». (/6,, p. 137, lettre du R. P. Rose.)
•• Satan, qu’ils adorent sous le nom de roi souverain ou puissant, Mélekel-Kout, n’est donc pour eux que le principe du mal, vaincu parle principe du bien^ Dieu doit régner tranquille et heureux pendant mille ans, c’est-4dire pendant une période indéfinie d'années. » Mais « la guerre, rallumant ses feux, fournira au diable i'occasion de vaincre ou de faire la paix; et, dans les deux hypothèses, ses adorateurs y trouveront leur profit ». (P. 32.)
« Ils ont, chaque année, trois jours de jeûne au moins, et une nuitqu’ils consacrent au roi des aMmes. Hommes, femmes, enfants, vieillards, se réunissent autour d’un trou dont nul n'a mesuré la profondeur (mundus); il se prolonge dans leur pensée jusque dans les enfers. Quand minuitarrive, ils saisissent des torches enflammées et exécutent des danses infernales autour de la grotte ténébreuse, dans laquelle ils jettent des moutons vivants, des morceaux de bois allumés, des vêtements, des armes, des pièces de monnaie , le tout pour en faire hommage au roi des damnés. Puis, la multitude en 'délire entre dans un noir souteirain, et là s’accomplissent d’abominables orgies », un véritable sabbat magique.
Ainsi le veut leur cabale , formée de leurs dogmes traditionnels. Ainsi donc , pour les Yézidis ou .Schamanites du Koiirdistan et des pays dans lesquels la liberté n’éprouve aucune entrave, vous les voyez alors recourir «aux pratiques théurgiques les plus extraordinaires, et tout ce que la magie et la sorcellerie ont de plus étrange, de plus effrayant, et, disons le mot, déplus diabolique, constitue en quelque, sorte le fond, l’essence même de lenr culte » et de leur doctrine ! (Ibid- , p. 44-45.)
Or, nous ne di.»ons pas de cette doctrine : elle est la cabale sabéiste pore et primordiale ; elle est la cabale caïnique transmise par les descendants de Cham dans sa pureté primitive; car rien ne se conserve invariable et pur dans le domaine de l’erreur, condamnée à ne prendre ses développements que dans l’atmosphère des variations. Mais nous disons que cette cabale conserve et propage dans leur partie essentielle les doctrines et le culte du catholicisme démoniaque, dont la Chaldée, gouvernée dès l’origine par des souverains issus de Cham , fut le théâtre constant et le berceau. (Bible, Genèse, X, 6, 7, 8, 10, II; xi,25. — Josué, xxiv, 3-14, etc., etc.)
Écoutons ; « Tous les cheiks parcourent chaque année les districts confiés à leurs soins pour encourager et instruire leurs fidèles.... Mais l’écriture est pour les Schamanites un objet d'abomination... » L’écriture livrée aux mains du public serait trop compromettante pour une telle doctrine, qui, dès lors, se réfugie dans la cabale, c’est-à-dire dans la tradition. » Leurs croyances, leurs rites, leurs coutumes, leurs usages, se transmettent (donc) uniquement par la tradition orale. Une seule famille a le privilège de savoir lire; mais jusqu’ici on ignore dans quel livre elle exerce cette prérogative * . »
' P. 38-41. Il en était de même dam l’occultilme religieux det Drnidex, dont l'origine etl également chananéo-clialdaïque.