‹ Le juifChapitre 78 sur 312 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

savoir quel est son prochain! Mais le Juif a-t-il un prochain? Qui sait? Nous nous poserons donç en ces termes cette singulière question ;

Est-il un homme, en ce monde, qui puisse se lever et nous dire : Moi, je suis sans prochain! je n’en ai pas; et, le droit, le devoir de n’en point avoir, je le puise dans ma loi religieuse! — Oui, si la loi terrible qui tient et gouverne la conscience des Gis de Jacob doit être prise au sérieux , il existe, cet homme ; mais il est unique au monde , et c’est le Juif! Expliquons-nous : c’est l’homme de la pure orthodoxie talmudique -, c’est-k-dire un être qui n’est créé" que pour luimême. Hormis son semblable , hormis son frère de race et de foi, toute créature humaine lui est donc étrangère , perd à $es yeux son espèce, cesse d’être homme, et, devenant brute, tombe dans son estime au-dessous de sa propre femelle, celle que nous venons de le voir assimiler k la viande de boucherie qu’il a payée deniers comptants'.

Dans l’esprit de la famille judaïque, qu’est-ce donc que le reste des hommes? — Réponse. On lit dans le Talmud : « Descendants d’ Abraham, le Seigneur vous a désignés par la bouche d’Ézéchiel; vous êtes mon troupeau,... c’est-k-dire vous êtes des hommes, tandis que les autres peuples du monde ne sont pas des hommes, ce sont des bêtes*. Robba-Bar-Abuha trouva, par exemple, le prophète Élie dans un cimetière de Goyim, — c’est-k-dire de non-Juifs, — et lui dit : Comment vous trouvez-vous dans un cimetière? — Mais Élie de lui répondre : Et vous , n’avez-vous point appris la loi des puriGcations? car elle porte celte décision ; Les tombeaux des Goyim ne souillent point , puisque le Seigneur a dit k Israël : Vous êtes les brebis de mon pâturage , vous avez la

‘ Que si nous usons de ce terme, femelle, c’est que, lecture faite de nos pages sur la femme dans le judaïsme, ce serait insulter à l’orthodoxie du talmudisant que de lui donner pour légale la Juive, cette esclave, celle créature avilie que rapproche de sa personne un de ces faux mariages dont le fantôme s’évanouit devant une fantaisie de divorce; aussi n’oserions-nous, sans son agrément, nous permettre de l’appeler sa compagne, ou sa femme.

* Bartolocci, part. III, p. 655.

qualité d’hommes, tandis que les nations du monde n’ont que la qualité de brute »

Rabbi-Schila tombe sur un homme qui se permet des assiduités avec une femme non Juive, et le flagelle. Cet homme porte plainte devant l’autorité, mais le flagellant répond ; Ce misérable vient de s’oublier « avec une ànesse*. »

Est-ce que celle qui n’est point issue du sang d’Abraham est une femme? Est-ce qu’elle n’est point une brute? Or, comment traiter celui qui , s’oubliant avec elle , descend par cela même jusqu’à la bête?

Le célèbre Rabbi-Menahhem insiste, dans « plusieurs endroits de ses ouvrages, sur ce principe, que la qualité d’homme n’appartient qu’aux Juifs; » et l’infaillible Maïmonides établit, dans son Traité de l'homicide, que, lorsqu’un Israélite tue même un prosélyte-ljabitant, le tribunal juif « ne peut le condamner » . La loi du meurtrier frappe en effet « celui qui s’élève contre son p-ochain; mais celuici n’est pas notre prochain. Il est donc superflu de dire qu’on ne peut condamner un Israélite pour avoir tué un non- Juif* » (Goï).

Un Noachide, — c’est-à-dire un simple individu vivant d’après les préceptes du juste Noé , mais étranger à la race d’Abraham, — s’il tue un autre Noachide et qu’il se fasse prosélyte judaïque avant cet acte, « n’est passible d’aucune peine; mais a-t-il tué un Israélite, et ne s’est-il fait prosélyte qu’après cela, qu’il soit mis à mort*. » A plus forte raison, s’il est chrétien, doit-il en être ainsi, car « il est ordonné aux Juifs de ne voir dans les chrétiens que des

' Talmud, traité Baba-Metsigna, fol. H4 recto, édit. Amsterdam, 1645. — Id., Prompta Biblioth. de L. Ferrari, t. 111, ord. iv, tract. 8. Laurent, Affaires de Syrie, t. II, p. 395; Paris, 1846.

® Taliiiud, traité Barakouth, fol. 88, recto. Laurent, ib., t. II, p.373.

^ Laurent, t. II, chap. n, art. 11, p. 374-5. — Lire id., Kohrbacher, Histoire universelle de l'Eglise, t. XV, p. 483, etc.; Paris, 1851.

* Talmud, Sanhédrin, fol. 71 verso. Laurent, t. II, p. 375. — Lire ibid., l’Eglise et la Synagogue, p. 26 à 50, etc.; Paris, 1859.

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