‹ Le juré; monodrame en cinq actes. FrontChapitre 42 sur 90 · SCÈNE HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE HUITIÈME

Ce fut la pierre arrachée ouvrant la brèche.

Le doute sur la culpabilité, cancer imperceptible, maintenant gagne, rongeur, gagne sans cesse, s'infiltrant, le tourmentant, impitoyable. Un déplacement lent, mais continu, de tous les éléments du procès s'opère en lui, malgré sa résistance désespérée. Une végétation touffue >i sort de dessous la surface que seule il avait vue durant les débats et la submerge. Ce qui lui paraissait principal devient secondaire. Tel fait qu'il tenait pour un argument irréfutable, se métamorphose, dans sa conscience malade, en une insignifiance.

Il perçoit désormais le sens de ces plaidoiries émouvantes qu'il avait taxées de jeux d'éloquence et de déclamation. Il se souvient de ces appels à la logique judiciaire qui revenaient dans la défense: «Il n'y a pas de preuves. Il n'y a que des préventions. Les préventions sont le crime des honnêtes gens. Dans le doute, il faut acquitter. » Et aussi de cette phrase, aujour-

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