SCENE NEUVIEME
Le pourvoi devait être jugé en février.
Un matin son journal lui apprend que la cause est appointée au... huit! Le chiffre maudit revient encore! Pourquoi cette persistance du hasard? Pourquoi le pressentiment angoisseur quil'étreint?
Il n'ose pas, le jour fixé, approcher du Palais. Il n'ose pas s'enquérir du résultat. Une répulsion instinctive l'écarté de ce drame judiciaire qui s'achève, mais qui n'est qu'un acte dans son drame personnel.
Il apprend le dénouement, le soir, comme il était sur le chemin de sa maison. Un ami lui dit, l'arrêtant au passage : — Eh bien, voilà votre homme définitivement condamné. Le pourvoi a été rejeté. Cela doit vous faire plaisir?
Le Juré reçoit le coup comme un malade à qui, sans qu'il s'en fût douté jusque-là, on révèle qu'il est perdu. Il regarde son interlocuteur d'un air hébété; et, sans pouvoir exhaler une parole de son gosier subitement contracté, il reprend sa marche, trébuchant.
La lutte va recommencer !
La lutte contre qui?... contre quoi?...