‹ Le juré; monodrame en cinq actes. FrontChapitre 53 sur 90 · ACTE TROISIÈxME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈxME

ne marche plus que dans les zones où porte l'éclat du gaz. Il se surprend à courir quand il traverse quelque carrefour enténébré. Dans les glaces, à l'improviste, il voit, non son image, mais celle du Condamné, s'cfifaçant vite pourtant, s'irradiant, et sans bruit rentrant dans le cadre avec des déformations ondulantes.

Couché, il n'éteint plus sa bougie. Il a entendu des pas dans le mur. Il a senti sur son visage haleter ime bête invisible. Devant ses yeux, béants sur le noir, il a vu s'agiter le lacis d'images changeantes et monstrueuses. La vieille Catherine, une nuit, vient souffler la flamme palpitante, croyant à un oubli. Il se réveille et dans une agitation violente, lui ordonne de la rallumer. Elle le fait, étonnée de sa colère et de son effroi.

Il se retourne involontairement à des inflexions, à des accents qui dans les conversations des premiers venus, lui semblent la voix du Condamné.

Ce n'est plus la puérilité du nombre huit. Non : une résonnance générale de l'atmosphère, parfois se précipitant en appels alarmants de ce timbre exécré.

Et il le voit dans sa cellule, tondu, rasé,

misérable, pitoyable, redoutable,... sous Tuniforme gris des reclus.

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