‹ Le Kantisme et ses erreurs [microform]Chapitre 2 sur 25 · V : : ••• /:2-: *• •* • j.*? JkXntisme et ses erreurs · texte numérisé non relu

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•!: A tîêïïWô, Sa transformation rationaliste du •ChfîSÛaiiisme, et nous avons reconnu là facilement les traces de la philosophie de Kant. C'est de Kant que vient cette exaltation de Texpérience et du monde sensible; de Kant, cette liberté qu'on élève à la dignité de principe du savoir ; de Kant, cette orientation de la spéculation moderne ; de Kant, cette moderne rehgion de la morale; de Kant, cette proscription des pratiques de la foi chrétienne ; de Kant enfin, cette déformation du christianisme positif ; bref, tout rédifice moderne s'élève sur la base de la Critique de la Raison pure de Kant.

Mais ici se pose la seconde question, la plus importante : quelle est la valeur de cette base? peut-elle réellement servir de support à une conception durable de

la vie?

En mettant en question la solidité de ce fondement, et, par suite, du chef d'œu-

vre même si admiré du grand penseur, nous n'ignorons pas que, aux yeux des savants modernes, nous commettons le crime d'hérésie. La solidité et l'autorité de la Critique de la Raison pure ont la valeur d'un dogme inviolable. Une nouvelle branche de la science, la « Philologie de Kant », s'est môme donné la tâche d'établir par les procédés critiques le sens littéral de la nouvelle « Ecriture Sainte. »

Nous n'en exprimerons pas moins sans hésiter notre conviction scientifique : la Critique de la Raison pure est dans toutes ses parties fausse et sans fondement.

Nous voulons dans les pages suivantes prouver cette assertion, en soumettant au jugement de nos lecteurs tous les points principaux de la Critique de la Raison pure.

Jusqu'ici l'entière inteUigence de la

philosophie de Kant était réservée à un nombre relativement restreint de penseurs ; cela venait surtout de ce que Kant était atteint d'une faiblesse commune à beaucoup de grands esprits :

il craignait d'être compris facilement.

Il y eut un temps, où la difficulté d'être compris passait pour la marque nécessaire d une science profonde. Kant se plut à choisir des termes étrangers et même bien lourds pour exprimer les idées fondamentales de son système.

Et cela, surtout en détournant les mots de leur sens jusqu'alors courant, d'une façon qui ne s'explique que par Tignorance, et en leur imposant une signification nouvelle. Comme si la confusion ne suffisait pas, il mit le comble au mal en ne demeurant pas fidèle lui-même au sens usuel des expressions les plus employées. Aussi le Kantisme authentique

est-il un des articles les plus discutés sur le marché de la science, et un journal a pu dire avec raison : « La vieille plai- (( santerie sur un auditeur qui avait com- (( pris le philosophe, mais l'avait mal « compris, s'applique infiniment mieux (( au philosophe de Kœnigsberg qu'à « Hegel. Lange, dans la deuxième édition <i de son Histoire du Matérialisme, dé- (( clare que, dans la première, il avait (c mal compris Kant. Dans son ouvrage (( Des limites de la philosophie ( Berlin, « 1875 ), G. Tobias, qui revient à Kant « bannières déployées, divise les Kantiens « en pseudo-Kantiens et en Kantiens au- (( thentiques : naturellement, c'est lui « qui est, en attendant, le principal re- « présentant de cette seconde classe » (1). Ils se comptent par douzaines ceux qui

(1) G. Grun, Gazette d'Augsburg, 1875, no 168 (supplément).

d LE KANTISME ET SES ERREURS

sont dans le même cas que Tobias. Et cela est certainement une fatalité pour un homme qui est invoqué comme le père de la science moderne.

N'ayant à nous occuper que des points capitaux et les moins contestés du Kantisme, nous échapperons heureusement aux disputes des philosophes de profession. Nous ne nous occupons pas de la c( philologie de Kant », nous ne nous demandons pas tout ce qu'on peut y lire ou entirer; nous le prenons tel qu'il se présente, tel qu'il a agi sur le monde, tel que l'ont connu et compris les hommes de science. Nous espérons ainsi atteindre notre but qui est de faire, dans la mesure de nos forces, que le grand penseur allemand sorte de son obscurité inquiétante, et parle pour être compris non seulement d'une étroite caste de modernes aruspices, mais encore de la masse des lecteurs.

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